Faits divers – Justice DOSSIER : La disparition de Maëlys

Disparition de Maëlys : ce deuxième téléphone que le suspect a omis de signaler aux enquêteurs

Par Virginie Salanson, France Bleu Besançon, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu jeudi 14 septembre 2017 à 16:37 Mis à jour le jeudi 14 septembre 2017 à 16:25

La salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin, où Maëlys a disparu le dimanche 27 août.
La salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin, où Maëlys a disparu le dimanche 27 août. © Radio France - Véronique Pueyo

Alors que les recherches se poursuivent sur le terrain pour retrouver la trace de Maëlys, disparue le 27 août dernier, à Pont-de-Beauvoisin, en Isère, les enquêteurs ont mis au jour une nouvelle incohérence dans les déclarations du suspect principal.

C'est une nouvelle incohérence que les enquêteurs viennent de mettre au jour. Incohérence dans les déclarations du suspect. Celui-ci, soupçonné d'être lié à la disparition de Maëlys le 27 août dernier, n'a pas un, mais deux téléphones portables révèle Le Dauphiné Libéré ce jeudi matin. Le premier téléphone, identifié dès le début de l'enquête, avait été partiellement éteint dans la nuit de samedi à dimanche, au moment même où les parents de Maëlys se sont rendus compte qu'ils ne retrouvaient plus leur petite fille, âgée de neuf ans. Pendant le mariage, le suspect aurait d'ailleurs montré à Maëlys des photos de chiens sur ce premier téléphone officiel (il est passionné par le dressage canin). Au point que les parents de la fillette qualifieront, devant les juges, son comportement de bizarre et suspect.

Les enquêteurs ont donc découvert que cet homme avait un deuxième téléphone, dont il a omis d'en parler lors de sa première garde à vue. Ce téléphone là est resté allumé la nuit de la disparition de Maëlys. Il aurait "borné" à différents endroits à plusieurs kilomètres de la salle alors que le suspect a affirmé être à la salle des fêtes. Cette découverte tendrait à prouver que le suspect se serait déplacé cette nuit là, bien plus que ce qu'il a déclaré aux enquêteurs. D'après l'avocat du suspect, son client a expliqué s’être absenté pour aller chercher de la drogue et l'oubli de le déclarer car ce téléphone serait "en cours de résiliation".

De plus en plus d'incohérences

Rappelons qu'un téléphone portable "borne" quand il émet un signal et que celui-ci est capté par une ou plusieurs antennes relais. Lorsqu'on recoupe ces différents signaux -on appelle ça la "triangulation"-, on peut tenter de déterminer la position du-dit téléphone à un moment précis... et donc glaner des indices sur celle de son propriétaire.

Cette nouvelle révélation fait peser des soupçons un peu plus lourds encore sur cet homme de 34 ans. Elle s'ajoute en effet à une longue liste de détails troublants : des bras égratignés ce week-end là "car il avait jardiné des framboisiers", un short taché de vin, enlevé chez lui, mais jeté dans une poubelle en dehors car impossible à nettoyer, une voiture lavée de fond en comble le lendemain du mariage, et notamment avec un détergent puissant au point de brouiller l'odorat des chiens policiers. Et surtout, des traces ADN de la fillette retrouvées sur le tableau de bord de cette même voiture.

Ne s'interdire aucune hypothèse, pas même qu'elle soit vivante

Mercredi, les parents de Maëlys ont été entendus par les juges d'instruction grenoblois. Ils ont redit leur conviction que l'explication sur ce qui s'est passé cette nuit là repose "entre les mains d'un seul homme".

Parallèlement, les recherches sur le terrain se poursuivent ce jeudi et jusqu'à la fin de la semaine. De leur côté, les enquêteurs continuent de vérifier chaque signalement reçu suite à l'appel à témoin. En plus des techniques habituelles d’enquête, ils ont fait appel à un psychologue du service central de renseignement criminel de la gendarmerie, à Pontoise. Celui-ci tente de mieux cerner la personnalité de l'ancien militaire, dont la vie tournait autour des chiens.

Pour l'instant, rien n'accrédite la thèse de tendances pédophiles. Dix-huit jours après la disparition de Maëlys, les enquêteurs ne s'interdisent aucune hypothèse : pas même celle que Maëlys soit toujours vivante.

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