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Faits divers – Justice DOSSIER : Nordahl Lelandais

Disparition de Maëlys : "L'ADN est loin d'être une preuve infaillible"

mardi 5 septembre 2017 à 9:04 Par Nicolas Joly, France Bleu Isère et France Bleu

L'enquête concernant la disparition de la petite Maëlys, 9 ans, semble avancer après la découverte de traces ADN dans la voiture d'un suspect. Mais le professeur en sciences criminelles Cédric Ribeyre, invité de France Bleu Isère ce mardi matin, recommande la prudence.

Le professeur en sciences criminelles et droit pénal Cédric Ribeyre était l'invité de France Bleu Isère matin
Le professeur en sciences criminelles et droit pénal Cédric Ribeyre était l'invité de France Bleu Isère matin © Radio France - Nicolas Joly

Le Pont-de-Beauvoisin, France

"La trace ADN révèle la présence de Maëlys à proximité du véhicule, mais la question qui se pose est celle de la volatilité de cet ADN", explique le professeur en sciences criminelles et droit pénal Cédric Ribeyre. Après la découverte de l'ADN de Maëlys, portée disparue depuis le 26 août, dans la voiture d'un suspect placé en garde à vue, les spéculations vont bon train quant à la culpabilité de l'homme en question. "Dans l'esprit des citoyens, l'ADN est une preuve infaillible ", précise Cédric Ribeyre, "mais c'est loin d'être le cas".

"Pour les citoyens l'ADN est une preuve infaillible mais c'est loin d'être le cas" — Cédric Ribeyre, professeur en sciences criminelles

Cédric Ribeyre, professeur en sciences criminelles

L'éventualité du transfert d'ADN

Le principal questionnement repose sur le fait que l'ADN de Maëlys a été retrouvé sur un élément de commande du tableau de bord, alors que le suspect maintient que la fillette est uniquement montée à l'arrière de son véhicule. Si ce manque de concordance entre la version de l'homme et les découvertes des enquêteurs interroge, Cédric Ribeyre rappelle que les propriétés physiques de l'ADN imposent la prudence : "La question de la crédibilité scientifique de la trace ADN se pose, en raison d'un possible transfert d'ADN. On peut retrouver des traces ADN sur des éléments par simple contact, sans qu'il y ait eu de lutte." Pour le professeur de sciences criminelles de l'Université de Grenoble, tout repose sur la fiabilité des traces retrouvées et sur l'interprétation que les enquêteurs feront de celles-ci. "Ces 20 dernières années, nous nous sommes beaucoup concentrés sur l'aspect scientifique des recherches criminelles, mais il ne faut pas oublier la dimension purement légale de cette enquête", explique-t-il.

"On peut retrouver des traces ADN par simple contact, sans qu'il y ait de lutte" — Cédric Ribeyre, professeur en sciences criminelles

La forte implication des citoyens

Au-delà de la procédure judiciaire, Cédric Ribeyre observe une forte implication humaine autour de cette affaire. "Cette disparition suscite un émotion particulière, liée au fait qu'il s'agit d'une jeune fille. Tout le monde peut se sentir concerné", analyse-t-il. Cette implication fut particulièrement visible lors de la battue citoyenne, organisée le 2 septembre, à laquelle a participé plus d'un millier de personnes. "La nouveauté de cette affaire est la volonté des citoyens de s'associer aux recherches", remarque le professeur de sciences criminelles. Cette mobilisation, au-delà de l'aide qu'elle peut éventuellement apporter, a surtout une visée cathartique : "Il faut laisser les émotions collectives se manifester, même si leur utilité est contestable."

"Il faut laisser les émotions collectives se manifester, même si leur utilité est contestable" — Cédric Ribeyre, professeur en sciences criminelles

L'entrée du Pont-de-Beauvoisin (Isère) où un avis de recherche pour Maëlys est placardé sur le panneau - Maxppp
L'entrée du Pont-de-Beauvoisin (Isère) où un avis de recherche pour Maëlys est placardé sur le panneau © Maxppp -