Faits divers – Justice DOSSIER : La disparition de Maëlys

Disparition de Maëlys : un mois après, une atmosphère toujours pesante à Pont-de-Beauvoisin

Par Alexandre Berthaud, France Bleu Besançon, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu dimanche 24 septembre 2017 à 16:51

La place centrale de la commune de Pont-de-Beauvoisin, côté Isère (la commune se situe aussi en Savoie).
La place centrale de la commune de Pont-de-Beauvoisin, côté Isère (la commune se situe aussi en Savoie). © Radio France - Alexandre Berthaud

Au Pont-de-Beauvoisin (Isère), tout près de la Savoie, où Maëlys a été vue pour la dernière fois il y a un mois, l'ombre de la disparition plane toujours sur les habitants. Préoccupés voire stressés, ils racontent un mois hors du commun entre compassion, inquiétude et surexposition médiatique.

Les sportifs connaissent cette blessure qu'on tente de dissimuler, mais dont on ne peut pas se cacher bien longtemps : les habitants du Pont-de-Beauvoisin (Isère) aussi. Leur blessure à eux c'est un membre manquant, une disparition, celle de Maëlys, neuf ans. Voilà un mois, dans la nuit du 26 au 27 août, que la petite s'est évaporée, lors d'un mariage organisé dans la salle polyvalente de cette commune de 3500 habitants.

La salle polyvalente où a eu lieu le mariage lors duquel a été enlevé Maëlys. - Radio France
La salle polyvalente où a eu lieu le mariage lors duquel a été enlevé Maëlys. © Radio France - Alexandre Berthaud

"On en parle tous les jours"

Un mois après les affiches de l'appel à témoins sur les vitrines des commerces, les affichettes de journaux annonçant les dernières avancées de l'enquête dans la presse sont autant de cicatrices de cette blessure psychologique toujours ouverte. "Évidemment on en parle tous les jours", disent de nombreux habitants, "on est tous parents ou grands-parents, tant qu'on ne l'aura pas retrouvée on en parlera".

C'est sur ce parking (celui de la salle polyvalente) en bord de route que les chiens de gendarmerie ont perdu la piste de la petite. - Radio France
C'est sur ce parking (celui de la salle polyvalente) en bord de route que les chiens de gendarmerie ont perdu la piste de la petite. © Radio France - Alexandre Berthaud

Le 27 août dernier, la disparition de Maëlys plaçait furieusement Le Pont-de-Beauvoisin au centre de l'attention médiatique, "alors qu'on se plaint souvent qu'il ne passe pas grand-chose ici", ironise une habitante. Après la lumière des caméras et la pression des micros, les Pontois et Pontoises suivent l'affaire dans la presse, à la radio. Malgré la mise en examen d'un suspect, l'enquête patine, et le besoin de savoir reste présent.

Les affichettes mettent en avant la presse avec les dernières nouvelles de l'enquête. - Radio France
Les affichettes mettent en avant la presse avec les dernières nouvelles de l'enquête. © Radio France - Alexandre Berthaud

Les cartes d'identité vérifiées à la sortie de l'école

Une inquiétude symbolisée par l'ambiance à la sortie de l'école au centre de la commune. "Beaucoup plus de parents viennent chercher eux-mêmes leur enfant, on voit moins de nounous, de grands frères et soeurs", raconte un jeune père. "Et quand quelqu'un d'inconnu de la maîtresse doit récupérer un enfant à la fin des cours, il faut prévenir l'école, et ils vérifient les cartes d'identité, c'est la première année que ça se passe comme ça".

"Les gens sont traumatisés"

Un mois après cette disparition, l'attention médiatique retombée, les habitants tentent de se taire, de masquer la blessure. À la boulangerie "on n'en parle pas", explique Valérie, derrière la caisse, "je pense que les gens sont un peu traumatisés". C'est la même chose du côté de chez Hervé, au bureau de tabac, où les clients ne font que passer.

Aujourd'hui les village semble avoir retrouvé sa tranquillité mais Maëlys reste dans tous les esprits. - Radio France
Aujourd'hui les village semble avoir retrouvé sa tranquillité mais Maëlys reste dans tous les esprits. © Radio France - Alexandre Berthaud

Mais "dès que les discussions dépassent la minute, on en parle", déclare une habitante. Dans les cafés, dans les bars, à la sortie de l'école, Maëlys occupe les esprits. À l'intérieur des habitations aussi. Cette voisine de la salle des fêtes avoue consulter internet "tous les jours". Elle a participé aux battues citoyennes, sa maison a été fouillée par les gendarmes, comme une quarantaine d'autres dans la commune.

"Tous les jours, je consulte internet"

Aujourd'hui, comme tout le monde, la Pontoise espère une réponse, et résume l'état d'esprit général : "si Maëlys pouvait être retrouvée vivante ce serait formidable, si elle est malheureusement morte, il faut quand même que les parents sachent". Pour que la commune évacue enfin ce stress et commence à refermer la blessure qu'elle a bien du mal à masquer.

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Le Pont-de-Beauvoisin en Isère - Radio France
Le Pont-de-Beauvoisin en Isère © Radio France