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Disparition de Malik Boutvillain : ses sœurs interdites de dépôt de plainte, après un appel malveillant

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Par , France Bleu Isère

Dalila et Karima Boutvillain sont en colère. Alors qu'elles ont reçu, le 22 février dernier, un appel affirmant que leur frère, Malik, disparu depuis 8 ans, était vivant, la police de Grenoble, chargée de l'enquête, a refusé de prendre leur plainte pour appel malveillant et séquestration.

Dalila et Karima Boutvillain, devant l'Hotel de Police de Grenoble
Dalila et Karima Boutvillain, devant l'Hotel de Police de Grenoble © Radio France - Véronique Pueyo

Samedi 22 février, Dalila Boutvillain reçoit un appel sur son portable, dont le numéro figure sur d'anciennes affiches de recherche, concernant la disparition de son frère Malik, en mai 2012 à Échirolles, alors qu'il était parti faire son footing, sans argent, sans papier d'identité, sans portable.

L'appel troublant d'une femme qui prétend être avec Malik

Une voix de femme dit : " Merci de me contacter au plus vite, parce que j'ai Malik avec moi, disparu depuis 2012." Aussitôt, Dalila rappelle la personne dont le numéro s'affiche sur son portable. Mais, celle-ci raccroche après l'avoir insultée.

Dalila et sa sœur Karima décident alors de se rendre à l'Hôtel de police de Grenoble pour signaler ce fait troublant à la police et déposer plainte. "Si cette personne est dérangée dans sa tête et dit n'importe quoi, il faut le vérifier. Mais si elle détient une information importante sur mon frère, il faut le vérifier encore plus ! La police a tout ce qu'il faut pour géolocaliser l'appel car il n'était pas masqué !" s'exclame Dalila.  Pourtant, quand elle arrive avec sa sœur Karima au commissariat, c'est la douche froide.

La police refuse de prendre la plainte des sœurs Boutvillain

"On n'a pas voulu prendre notre plainte, expliquant que pour cela il fallait un motif. Alors on a dit appel malveillant. On nous a dit, non, il en faut plusieurs. Alors on a dit, séquestration. A l'accueil, le policier a appelé à la PJ l'enquêteur qui s'occupe du dossier de Malik. Celui-ci a dit de faire seulement une main courante et qu'il nous tiendrait au courant. Mais comme on n'avait aucune information, on est revenu ce mardi, et c'est là qu'on nous a dit qu'on ne pouvait pas prendre notre plainte. Or, la loi prévoit que tout citoyen peut déposer plainte et que la police ou la gendarmerie ne peuvent refuser de l'enregistrer" s'indignent les deux sœurs.

Dalila et Karima sont écœurées : "Ce coup de fil mystérieux est arrivé deux jours avant l'anniversaire de Malik. Il aurait eu 40 ans, ce 24 février ! Cela ravive notre douleur. Et cela nous rappelle aussi que quand Malik avait disparu en 2012, la police avait déjà refusé de prendre notre plainte pour disparition inquiétante. On nous avait dit que Malik était majeur. C’est nous qui avons dû mener l'enquête pour essayer de le retrouver ! En vain..."

Malik Boutvillain aurait eu 40 ans le 24 février dernier

Mais après l'affaire Lelandais, la justice s'est intéressée à plusieurs disparitions non élucidées en Rhône Alpes. La cellule Ariane de la Gendarmerie a alors travaillé sur 900 dossiers pour n'en garder que 40, dont celui de Malik Boutvillain. D'après leurs recherches, Malik aurait peut-être pu croiser la route du "prédateur" Nordhal Lelandais, mis en examen pour les meurtres du Caporal Noyer et de la petite Maëlys.

L'enquête concernant la disparition de Malik a donc été rouverte par le parquet de Grenoble en 2018. Un appel à témoins avait été lancé en mai 2019. Pour l'instant, sans résultat. C'est pourquoi la famille du disparu ne comprend pourquoi, alors que, peut-être, avec ce coup de fil, il se passe enfin quelque chose dans le dossier, la police ne fait rien et refuse de prendre la plainte.

Nous sommes victimes et nous ne sommes pas considérées - Dalila

Maître Boulloud, l'avocat des Boutvillain, a écrit de son coté à la juge d'instruction en charge du dossier pour lui demander de faire les investigations nécessaires, suite à cet appel prétendant que Malik était vivant.

Dalila Boutvillain s'est confiée à France Bleu Isère

"Cela est terrible pour nous, car on pense qu'il est mort mais on ne sait pas comment et surtout où est son corps. Et là, il y a cet appel. On est perdu et personne ne nous tend la main." concluent Dalila et Karima.

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