Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Disparue du Tarn : "La comparaison avec l'affaire Daval est insupportable" selon l'avocat du mari

-
Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Delphine Jubillar, 33 ans, a disparu de son domicile de Cagnac-les-Mines (Tarn) il y a deux semaines. Le mystère reste entier, ce qui alimente les rumeurs sur internet et dans la commune. Avec inévitablement, la référence à l'affaire Jonathann Daval, référence pour l'heure injustifiée en l'état.

Photo de Delphine Jubillar diffusée sur Internet par la gendarmerie tarnaise lors de l'appel à témoin à partir du 18 décembre.
Photo de Delphine Jubillar diffusée sur Internet par la gendarmerie tarnaise lors de l'appel à témoin à partir du 18 décembre. - Gendarmerie du Tarn

Sur les réseaux sociaux, dans les rues de Cagnac-les-Mines, à la sortie de l'école juste avant les vacances, même la défense de Cédric Jubillar n'occulte pas le problème : qQu'on le veuille ou non, déplacée voire clairement diffamatoire, la comparaison de l'affaire Jubillar dans le Tarn avec celle de Jonathann Daval récemment condamné pour le meurtre de sa femme Alexia est devenue inévitable bien que difficilement supportable pour le principal intéressé et ses proches.

Aucun élément concret n'accable pour le moment le mari

Un "parallèle hasardeux, odieux, une rumeur de caniveau merdique" commente pour France Bleu l’avocat de Cédric Jubillar qui sait bien qu'il va falloir composer avec cette autre affaire ultra médiatisée, qui n'a pour l'instant en commun que la disparition d'une jeune femme et un mari dépourvu d'explications. Une "chronologie délicate" plaide t-il, une comparaison malvenue à ce procès d'il y a quelques semaines, fin novembre, encore dans toutes les têtes. "L'aurait-on faite, cette comparaison, si Jonathann Daval avait été jugé l'année prochaine ?", questionne Me Jean-Baptiste Alary qui s'en tient à la volonté de la famille Jubillar de ne pas communiquer davantage. 

L'avocat suggère dès lors qu’on compare plutôt la disparition de Delphine Jubillar avec l’affaire Viguier à Toulouse. En février 2000, Suzie Viguier, 38 ans disparaissait mystérieusement de son domicile, quartier le Terrasse. Elle n'a jamais été retrouvée. Coupable idéal, son mari Jacques a été par deux fois acquitté, faute de preuve.

"Il n'y a aucune réflexion de la part de gens pensant tout savoir sur tout alors que l'enquête n'en est qu'à son balbutiement. Les deux affaires n'ont rien à voir, c'est insupportable." - Me Jean-Baptiste Alary

Le mari de la disparue quitte le domicile, bonnet sur la tête et mains dans les poches après le passage de l'identification criminelle.
Le mari de la disparue quitte le domicile, bonnet sur la tête et mains dans les poches après le passage de l'identification criminelle. © Radio France - Pascale Danyel

Pour l’instant, en ce qui concerne la disparition de Delphine Jubillar dans le Tarn et en attendant les résultats des expertises de la perquisition et des objets trouvés lors de la battue, il faut bien rappeler qu’il n’existe aucun élément tangible accablant le mari. L’enquête est passée au bout de sept jours entre les mains du pôle d’instruction de Toulouse qui a ouvert une information judiciaire pour enlèvement et séquestration, mais il s’agit là d’une formalité liée à des questions de délai, de procédure. 

L'artisan-peintre en bâtiment n'a fait l'objet d'aucune garde-à-vue pour l'heure. S'il a été entendu au tout début de l'affaire par les gendarmes, il se tient prêt désormais à répondre à des questions plus précises. Il sera sans doute prochainement convoqué par un juge d'instruction, ou par les gendarmes sur commission rogatoire.

Enfin, si Cédric Jubillar a fait appel à un avocat, là encore, rien d'étonnant si on imagine qu’il se constitue partie civile, à terme. Son entourage a sollicité Jean-Baptiste Alary, bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau d'Albi, via une connaissance commune. La famille Jubillar a choisi un avocat reconnu dans le Tarn et en Haute-Garonne qui a défendu victimes et bourreaux dans des affaires d’homicides et infanticides retentissantes. En septembre dernier, l'affaire Alicia à Beauzelle près de Toulouse, cette adolescente violée et tuée, où il était partie civile. Ou encore en 2015, la défense d'un père condamné pour avoir secoué et tué son bébé de quatre mois à Castres. La disparition de cette jeune maman, au retentissement médiatique national, n'a en tous cas pas manqué d'attirer les nombreux cabinets d'avocats qui ont démarché le mari pour lui proposer leurs services.

Cédric Jubillar, très discret depuis le début

Cédric Jubillar, 33 ans, se fait en tous cas extrêmement discret depuis le début de cette affaire et après avoir donné l'alerte, le 16 décembre au matin. Sa maison ayant été perquisitionnée et placée sous scellé le 24 décembre, le père de famille a trouvé refuge chez sa mère à Carmaux, avec ses deux enfants. Les deux chiens, laissés jusque là dans le pavillon familial, ont été placés à la SPA du Garric ce lundi 28 décembre. 

Le mari de Delphine était bien là, à Cagnac-les-Mines lors de la battue le mercredi 23 décembre, mais il ne s’est pas mis en avant, loin de là. Bonnet ou capuche sur la tête, il n’a jamais fait de déclaration publique, sinon pour remercier du bout des lèvres les nombreux participants.

Sonné, accablé, devine-t-on. L'entrepreneur est marié depuis sept ans et demi avec Delphine, ils s’étaient fiancés en 2011. Et si le couple est assez discret, la famille était très souvent vue au complet dans les rues de la commune racontent de nombreux Cagnacois. Tous ensemble, les deux parents avec Louis, six ans, la petite Elyah dans la poussette, et les chiens. 

Très impliqués dans la vie de l’école du village aussi, où leur fils est maintenant en CP. Delphine et Cédric faisaient partie de l’association de parents d’élèves (APE) il y a deux ans, un mandat d'une année durant laquelle le papa a impressionné par son investissement, en tous cas à cette époque. "Il était à toutes les manifestations, il avait tenu un stand au marché de Noël. Je lui avais même dit de freiner pour ne pas en faire trop", se souvient un papa de deux enfants, encore membre de l'APE et voisin de lotissement des Jubillar. 

"C'est dégueulasse ces rumeurs sur lui, tout ça parce qu'il a eu des difficultés dans sa vie", renchérit une ancienne cadre du bureau de l'APE de Cagnac. "C'est grâce à lui qu’on a trouvé des fonds pour le loto cette année-là". Cédric Jubillar, raconte t-elle, avait alors arpenté sans relâche les rues d’Albi pour chercher des commerçants partenaires, avec Louis dans les bras. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess