Faits divers – Justice

Disparues de la gare de Perpignan : la famille Chaïb porte plainte pour violation du secret de l'instruction

Par Elisabeth Badinier, France Bleu Roussillon jeudi 12 mars 2015 à 15:41

Mohamed Chaïb, le frère Mokhtaria Chaïb, avait 12 ans lorsque sa soeur a été tuée
Mohamed Chaïb, le frère Mokhtaria Chaïb, avait 12 ans lorsque sa soeur a été tuée © Marion Paquet / Radio France

La famille de Moktaria Chaïb, assassinée en 1997 à Perpignan, porte plainte contre X pour violation du secret de l'instruction après la publication dans Le Parisien Aujourd'hui en France du PV d'audition de Jacques Rançon et du témoignage d'une femme qui dit avoir été agressée par cet homme en 1998.

La famille de Mokhtaria Chaïb porte plainte pour violation du secret de l'instruction . Lundi le quotidien Le Parisien Aujourd'hui en France **** publiait le PV d'audition de Jacques Rançon, le meurtrier présumé de Mokhtaria Chaïb en 1997 près de la gare de Perpignan et le témoignage d'une femme qui affirme avoir été agressée par cet homme en 1998, six mois après le meurtre de la jeune femme. Elle aurait reconnu son agresseur dans la presse lors de son arrestation en octobre dernier.Maitre Nicolau, l'avocat du frère de Moktaria Chaib, Mohamed Chaïb et de toutes les familles des disparues de la gare de Perpignan, est en colère. Le témoignage de cette femme est un élement capital de l'enquête qui n'aurait jamais du sortir dans la presse.

"C'est inadmissible, ça peut porter atteinte aux investigations en cours."

"Le secret de l’instruction a été mis en place et prévu par la loi pour protéger les investigations qui sont en cours et pour protéger aussi ceux qui sont mis en examen. C'est un secret qui est absolu et qui s'impose à tous ceux qui contribuent à la manifestation de la vérité et à tous ceux qui ont accès au dossier. Il est choquant de voir paraitre dans les journaux des procès verbaux d'audition dans leur intégralité. Ce qui montre que des personnes qui ont participé à l'enquête ont remis à des journalistes ces procès verbaux.

"C'est inadmissible et ça peut porter atteinte aux investigations en cours. Je ne peux pas vous dire en quoi ça nuit à l'enquête car précisément, je trahirais moi même le secret de l'instruction. Mais si on prend le témoignage de cette jeune femme par exemple, ce sont des renseignements qui sont portés à la connaissance de la personne mise en examen qu'elle ne pouvait pas connaitre. Cela met les enquêteurs en difficulté, c'est regrettable. C'est pour ça que Mohamed Chaîb a porté plainte. "

"Il faut maintenir l'effet de surprise dans une enquête."

"Moi je sais ce qu'il y a derrière ce témoignage. Je sais comment il pouvait être utilisé avant d'être connu et comment il ne pourra plus être utilisé. Je ne peux en dire plus pour ne pas trahir l’enquête. Mais je suis particulièrement bien placé, car contrairement à la défense, j'ai accès à l'ensemble du dossier... puisque je suis partie civile dans la disparition de Mokhtaria Chaïb, mais aussi de Tatiana Andujar et Marie-Hélène Gonzalès. Et je sais donc qu'il est important que la personne mise en examen aujourd’hui ou celle qui sera mise en examen demain ne connaisse pas le contenu de ce dossier . Parce que quand des policiers veulent confondre quelqu'un, l'effet de surprise est intéressant."

"Aujourd'hui, l'affaire des disparues de la gare n'est pas résolue."

"Aujourd'hui, l'affaire des disparues de la gare de Perpignan n'est pas résolue, on a trouvé la solution à deux disparitions, mais il reste encore deux disparitions à élucider. Donc il est important qu' on ne divulgue pas certains éléments dont disposent la police et la justice, qui pourraient faciliter la défense d'une personne qui sera peut-être arrêtée dans trois jours ou qui ne sera pas arrêtée, justement parce qu'on a diffusé des renseignements qui lui permettent de préparer une défense efficace."

Rappelons que dans ce dossier, Jacques Rançon, qui avait avoué le meurtre de la jeune femme à l'automne dernier, est revenu la semaine dernière sur ses aveux**** affirmant avoir subi la pression des policiers pendant sa garde à vue

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