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Faits divers – Justice

Dissolution de l'ETA : retour sur deux faits marquants du terrorisme basque dans les Landes

mercredi 2 mai 2018 à 20:37 Par Leila Benjelloun, France Bleu Gascogne

A l'occasion de la dissolution de l'ETA, France Bleu Gascogne revient sur deux affaires liés au terrorisme basque qui ont marqué les Landais.

L'organisation séparatiste basque ETA annonce sa dissolution
L'organisation séparatiste basque ETA annonce sa dissolution © Maxppp - JULIEN DE ROSA

L'ETA annonce sa dissolution dans une lettre datée du 16 avril et publiée ce mercredi par le journal en ligne espagnol eldiario.es. L'organisation séparatiste basque écrit avoir dissous toutes ses structures. L'ETA a été fondée en 1959 pendant la lutte contre le franquisme.  Près de 60 ans après, on lui attribue 829 morts tandis qu'au moins 62 de ses militants ont été tués. Parmi les victimes de l'ETA : deux policiers espagnols tués à Capbreton en 2007 et un gendarme landais mort à Léon en 1983.

1er décembre 2007 : deux gardes civils espagnols abattus à Capbreton

Nous sommes le premier décembre 2007. Deux gardes civils espagnols sont attablés dans une cafétéria de Capbreton en face du supermarché Leclerc. Ils ne le savent pas mais trois membres de l'ETA, deux hommes et une femme, sont en train de prendre également leur petit-déjeuner. 

Les policiers espagnols sont arrivés la veille pour participer à une mission de renseignement. Alors qu'ils regagnent leur voiture garée sur le parking de la cafétéria, Raul Centeno et Fernando Trapero, sont abattus froidement d'une balle dans la tête. Aucun mot, aucun échange n'a lieu avec les terroristes. Le premier policier meurt sur le coup. Le second décédera deux jours plus tard à l'hôpital de Bayonne.

Le commando prend la fuite. Il abandonne sa voiture à Haut Mauco près de Mont-de-Marsan pour embarquer dans un autre véhicule. Sa conductrice sort d'un salon de coiffure. Elle est prise en otage par les terroristes pendant près de deux heures. La jeune femme sera finalement relâchée en pleine forêt girondine, entre Léognan et Saucats. 

Deux des trois membres du commando seront, eux, interpellés quatre jours plus tard en Lozère.

L'attentat provoque une vive émotion en Espagne. Une manifestation a lieu à Madrid. Des centaines de personnes réclament la démission du  chef du gouvernement espagnol de l'époque José Luis Zapatero.

Le procès du commando s'est déroulé en avril 2013 devant la Cour d'assises spéciale de Paris. La Justice a prononcé des peines de réclusion allant de 28 ans à la perpétuité pour l'homme considéré comme l'auteur des coups de feu. Un troisième accusé était soupçonné d'être le troisième membre du commando mais la Justice n'a pas pu le prouver. Il a été acquitté dans cette affaire et condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour participation à une entreprise terroriste.

7 août 1983 : un gendarme est tué à Léon par des membres d'Iparretarrak

La fusillade a lieu à la sortie du camping Lou Puntaou à Léon le 7 août 1983. Deux gendarmes sont à la recherche de quatre militants d'Iparretarrak, l'organisation séparatiste et clandestine du Pays Basque Nord. Les forces de l'ordre sont informées que des indépendantistes basques seraient réfugiés dans le camping. L'information s'avère exacte puisqu'une fusillade éclate à la sortie de l'établissement. 

L'un des militaires est mortellement touché. Les séparatistes basques prennent la fuite à bord de la voiture des gendarmes : une 4L. Parmi eux, il y a Philippe Bidart, le chef historique du mouvement Iparretarrak. Sa cavale durera près de cinq ans. Il sera finalement arrêté en 1988 à Boucau avec l'un de ses lieutenants.

Philippe Bidart a été condamné à 20 ans de réclusion pour le meurtre du gendarme landais. Il avait aussi été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de deux CRS à Saint-Etienne-de-Baïgorry en mars 1982.

Philippe Bidart a bénéficié d'une libération conditionnelle le 14 février 2007.