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Faits divers – Justice

Dissolution officielle de l'ETA qui avait fait du Limousin l'une de ses bases arrières

jeudi 3 mai 2018 à 16:54 Par Jérôme Ostermann, France Bleu Limousin

C'est désormais officiel. Le groupe séparatiste basque ETA a annoncé sa dissolution ce jeudi. Un groupe qui avait fait du Limousin une véritable base arrière. Nous y revenons avec Alain Marsaud, ancien député de la Haute-Vienne et ancien juge anti-terroriste.

C'est la fin officielle ce jeudi de l'organisation séparatiste basque ETA
C'est la fin officielle ce jeudi de l'organisation séparatiste basque ETA © Maxppp - JAVIER ETXEZABARRETA

Limoges, France

Le groupe séparatiste basque ETA a officialisé sa dissolution ce jeudi. Un groupe qui avait fait du Limousin une véritable base arrière. Deux de ses membres avaient été condamnés à 15 ans de prison après avoir tiré sur des gendarmes entre Creuse et Corrèze en 2011. D'autres ont été arrêtés à Limoges, à Brive, ou encore sur le plateau de Millevache, surtout en Creuse. Certains étaient soupçonnés d'attentats de l'autre côté des Pyrénées. Il y a aussi eu des chefs ou encore un spécialiste des explosifs. L'ETA que connait bien Alain Marsaud, ancien député de la Haute Vienne et ancien juge anti-terroriste. Entretien.

France Bleu Limousin : Pourquoi l'ETA avait fait du Limousin l'une de ses bases arrières ?

Alain Marsaud : Il y avait une attirance pour le Limousin de la part de l'ETA parce que quand l'ETA a véritablement été pourchassé en France, suite aux accords franco-espagnols dans les années 90, il a cherché des endroits où il pouvait se réfugier en sécurité. Et le Limousin, peut-être pour sa tranquillité, a été considéré comme une zone tout a fait adéquate. C'est la raison pour laquelle un certain nombre d'etarras, les militaires de l'ETA, sont venus s'y réfugier, en particulier en Creuse. Il y a eu des échanges de coups de feu avec les gendarmes. Et à propos des armes, ils avaient une stratégie bien particulière. Quand l'un d'eux était touché et allait finir à l’hôpital, si il n'avait pas d'arme, ses collègues laissaient une arme sur lui. A cause de la détention d'arme prohibée, la justice française était obligée de lancer une procédure judiciaire, ce qui retardait l'extradition vers l'Espagne. Sinon, cela pouvait aller très vite. C'est ce qui est arrivé avec les etarras blessés en Creuse. 

Le Limousin comme base de repli non opérationnelle

D'ailleurs, vous avez une anecdote à ce sujet

Oui, un de ces etarras s'est retrouvé au CHU de Limoges. C'est uniquement lorsqu'on l'a déshabillé en vue de son opération pour extraire la balle qui l'avait touchée, que l'on a découvert sur lui, dans son pantalon, un pistolet automatique. Une affaire assez étonnante voire grotesque. 

Le Limousin servait à se cacher et à cacher des armes, c'est bien cela ?

Oui, c'était une base de repli non opérationnelle, un peu "repos du guerrier" avec hommes et femmes. Ils recherchaient la tranquillité. Quand ils ont choisi le Limousin comme zone de repos, c'était la fin des opérations menées depuis la France. L'ETA pouvait déjà être considéré comme un groupe ultra terroriste en fin de course.  Ils n’avaient pas encore pris la décision, à la fois de la dissolution et de la fin des opérations violentes, mais c'était véritablement le début de la fin. L'ETA, c'est un groupe qui a du assassiner entre 850 et 900 personnes, surtout en Espagne mais aussi en France. C'est un groupe qui avait beaucoup à se faire pardonner et qui s'est finalement rendu compte, après quelques décennies, de son incapacité à subsister. Et à partir du moment où la police française s'est aussi lancée dans leur traque, l'affaire était définitivement foutue pour eux.

L'ETA, c'est fini ! 

Leur surveillance a-t-elle mobilisée beaucoup de policiers ou gendarmes en Limousin ?

En Limousin, non. Nos services de renseignement n'étaient pas très actifs sur ce sujet là. On tombait sur l'ETA un peu par hasard. D'ailleurs, c'était souvent des gendarmes lors de contrôles plus ou moins inopinés qui tombaient sur ces gens là. Il n'y avait pas vraiment d'activité de recherche des etarras sur les départements de la Creuse, de la Haute-Vienne ou de la Corrèze. C'était le fait du hasard.

Ils annoncent leur dissolution. Vous y croyez ? 

Oui. Déjà à l'époque, j'ai eu l'occasion de discuter avec des gens de l'ETA, et dieu sait qu'ils étaient en général muets devant les magistrats ou les policiers, mais on se rendait bien compte que c'était un mouvement qui était en voie de disparition. Ils n'arrivaient plus à recruter, sauf parmi des jeunes un peu désespérés, mais cela ne faisait pas de très bons soldats. C'était un mouvement condamné à disparaître et je crois effectivement à sa dissolution. Je ne connais pas la tonalité exacte des accords qui existent entre le gouvernement espagnol et l'ETA mais je pense que tout cela a du être négocié pied à pied, avec beaucoup de précision. Je pense effectivement que l'ETA, c'est fini !