Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Distributeurs de billets attaqués à l’explosif : "s’il faut un bazooka pour récupérer quelques billets, ils le feront"

mercredi 30 mai 2018 à 19:17 Par Thierry Colin, France Bleu Alsace, France Bleu Besançon, France Bleu Bourgogne, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu Sud Lorraine

Un procès où l’on parle cagoules et grosses cylindrées à Nancy : une bande de malfaiteurs soupçonnés d’avoir attaqué huit distributeurs automatiques de billets à l’explosif avec des bonbonnes de gaz posées en pleine nuit. A l’audience, ce mercredi, Steven, Gustave, Daniel et Alphonse restent muets.

Huit prévenus accusés de braquages nocturnes de distributeurs de billets à l'explosif.
Huit prévenus accusés de braquages nocturnes de distributeurs de billets à l'explosif. © Radio France - Thierry Colin

Nancy, France

Sept hommes et une femme comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nancy pour huit attaques de distributeurs automatiques de billets (DAB) dans le Grand-Est. A l’audience, ce mercredi, le juge s’est lancé dans un monologue : les huit prévenus souhaitent tous « garder le silence ». 

Balises GPS et sonorisation des voitures

Pourtant, le dossier, instruit par la juridiction interrégionale spécialisée de Nancy semble fourni et minutieux. Les gendarmes ont posé une balise GPS aimantée sous l’un des véhicules des prévenus. Puis les enquêteurs ont sonorisé deux autres voitures pour enregistrer clairement des conversations entre Steven, Gustave, Daniel ou Alphonse, où chacun évoque les préparatifs des braquages à l’explosif. 

Berlines et bonbonnes d'oxygène

Avec toujours le même mode opératoire : voler une grosse cylindrée, exclusivement des BMW démarrées avec des circuits imprimés. Se rendre à quatre ou cinq sur les lieux entre 1 heure et 3 heures du matin. Un coup de peinture sur la caméra du distributeur, une cagoule. Puis trouer la façade du distributeur et y injecter le contenu de bonbonnes de gaz, notamment de l’oxygène. Un système de mise à feu et on se bouche les oreilles. L’explosion, parfois violente, permettait de récupérer les billets. L'une des agences bancaires a même pris feu après l'explosion.

Vosges, Alsace ou Bourgogne

Sur huit tentatives, deux ont réussi. Le butin s’élève à près de 100 000 euros. Ces vols ou tentatives ont été réitérés sur plus d'un an en 2014 et 2015 sur plusieurs départements du quart nord-est de la France : Haute-Marne, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Moselle, Vosges, Haut-Rhin, Saône-et-Loire, Haute-Saône, Doubs et Côte-d'Or.

"S’il faut un bazooka ou un char d’assaut, ils le feront"

Le risque zéro n’existe pas confie l’avocat d’une banque partie civile. Pour maitre Antoine Fittante,  les délinquants s’adaptent : «on constate une régression des vols à main armée classiques, fort heureusement ; et au contraire, on utilise des techniques comme celle-là pour faire exploser un distributeur automatique de billets. Et s’il faut un bazooka ou un char d’assaut pour récupérer quelques billets, ils le feront». 

75 infractions et huit prévenus muets

Pour maitre Karine Laprévotte, qui assure la défense de deux frères soupçonnés de vols en réunion, «on ne peut pas reprocher la totalité des attaques à l’explosif de distributeurs de billets sur la région à mes clients. Le dossier fait état de plus de 75 infractions en comptant les vols de voitures, cela fait des statistiques pour le Ministère de l’Intérieur, mais maintenant, on verra ce que la justice en pense».

Le procès, prévu pour durer trois jours, pourrait se terminer plus tôt car aucun des huit prévenus ne veut répondre aux questions des juges et de la procureure.