Faits divers – Justice

Dominique Boh Petit : "Les unités de déradicalisation en prison, c'est une mauvaise idée"

Par Rachel Noel, France Bleu Lorraine Nord lundi 19 septembre 2016 à 10:41

Dominique Boh Petit, avocate à Metz et membre de l'OIP, l'observatoire international des prisons
Dominique Boh Petit, avocate à Metz et membre de l'OIP, l'observatoire international des prisons © Maxppp - PHOTOPQR/LEREPUBLICAINLORRAIN

Dominique Boh Petit anime lundi 19 septembre, un débat autour du film « La taularde ». Ce film décrit les conditions de vie en prison. L'avocate messine milite aussi à l’observatoire international qui dénonce depuis des années le problème de la radicalisation derrière les barreaux.

Dominique Boh Petit anime ce lundi 19 septembre, un débat autour du film La taularde. Ce film décrit les conditions de vie en prison. L'avocate milite aussi à l’observatoire international des prisons qui dénonce depuis des années le problème de la radicalisation en prison.

Les unités de radicalisation à l’intérieur des prisons, c’est une mauvaise idée"

A l’heure où l’on parle d’ouvrir un centre de déradicalisation à Nancy, Dominique Boh Petit, estime qu’il y a encore beaucoup de flou. L'avocate estime surtout que ce n’est pas à l’intérieur de la prison que ces centres doivent exister. "On ne sait pas trop comment ça va fonctionner et comment ça va être financé. Pour moi, ça doit se passer en dehors de la prison, hors du concept d’enfermement. Je pense que tout ce qui est unité dédiée, c’est déjà une mauvaise idée".

Me Boh-Petit critique les conditions de vie dans le quartier des femmes à Metz 

L’avocate qui fréquente régulièrement la maison d’arrêt de Metz Queuleu, dénonce aussi les conditions de vie dans les quartiers femmes. Elle a écrit un ouvrage paru en 2015 : "Quartier femme, écrou 10970".

Pour Dominique Boh Petit, le constat est simple : "Les femmes sont minoritaires en milieu carcéral et cette minorité aggrave leur détention. Elles sont doublement isolées. Isolées des autres et isolées des hommes".

Il n’y a que quatre établissements sur 180 qui accueillent des femmes en France. A la maison d’arrêt de Metz Queuleu, la cellule du quartier disciplinaire a d’ailleurs été détruite après le passage du contrôleur général des prisons, tellement les conditions de détention y étaient invivables.

Pour Dominique Boh Petit : "Il faudrait que les femmes puissent dormir et être alimentées. Il faudrait aussi qu’elles puissent accueillir leurs enfants. Il faudrait surtout qu’elles aient un accès aux soinq, car les problèmes de santé des femmes ne sont pas les problèmes des hommes".

Dominique Boh Petit anime lundi 19 septembre à 20h, un débat sur la vie des femmes en prison au cinéma le Palace de Metz

A REECOUTER : L'invité de la rédaction : Dominique Boh Petit, avocate à Metz et militante à l'observatoire international des prisons