Faits divers – Justice

Dordogne : 1.000 euros d’amende avec sursis pour avoir déversé du purin devant la permanence d'une députée

Par Armêl Balogog, France Bleu Périgord et France Bleu vendredi 19 mai 2017 à 15:23

En février 2016, les agriculteurs avaient visé les quatre députés périgourdins et les deux sénateurs (Photo d'illustration)
En février 2016, les agriculteurs avaient visé les quatre députés périgourdins et les deux sénateurs (Photo d'illustration) © Maxppp - Maxppp

Le tribunal de police de Bergerac a rendu sa décision, vendredi 19 mai 2017, presque deux mois après le procès de six agriculteurs pour "dégradation de la voie publique". Deux ont été condamnés.

Seulement deux agriculteurs sur six ont été condamnés à des amendes de 1.000 euros avec sursis. Les quatre autres ont été relaxés par le tribunal de police de Bergerac. Ils avaient notamment déversé du purin et du foin devant la permanence de la députée Europe-Ecologie-Les-Verts du Bergeracois, Brigitte Allain, un an auparavant.

Du purin et des œufs pour la permanence de la députée

Les faits se sont produits en février 2016, lors d’une manifestation à l’appel du syndicat des Jeunes Agriculteurs de Dordogne, contre la chute des prix de vente de leurs produits et la hausse des charges.

Vers 21h30, la situation avait débordé. Une cinquantaine d’agriculteurs s’étaient retrouvé devant la permanence de Brigitte Allain. Deux tracteurs avaient déversé du purin, du foin et des pneus à l’extérieur. Des manifestants en colère avaient jeté des œufs sur la façade de l’établissement. Ils avaient aussi visé les permanences des trois autres députés et des deux sénateurs.

La députée écologiste de la deuxième circonscription périgourdine avait porté plainte, ainsi que le propriétaire du local, dénonçant des dégradations. Néanmoins, Brigitte Allain n'avait pas demandé d'indemnisation.

Deux amendes avec sursis

Les six agriculteurs, jugés fin mars 2017, ne comprenaient pas pourquoi ils étaient les seuls, sur la cinquantaine, à avoir été poursuivis. Ils craignaient "d’être jugés pour donner l’exemple et faire peur aux futurs manifestants", selon un témoignage recueilli à l’époque.

Ils faisaient valoir les 16.000 signatures d’une pétition de soutien publiée sur internet, en janvier 2017, par les Jeunes Agriculteurs et la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA). Leur avocat avait plaidé pour la relaxe, expliquant que les agriculteurs avaient fait cela car "ils ne [gagnaient] plus rien".

En mars, le procureur de la République avait requis des amendes de 1.000 euros avec sursis pour cinq d’entre eux et de 150 euros ferme pour le sixième. Finalement, seulement deux agriculteurs ont été condamnés à 1.000 euros d’amende avec sursis.