Faits divers – Justice

Dordogne : dix chrétiens d'Irak sont arrivés en Périgord vert

Par Faouzi Tritah, France Bleu Périgord lundi 4 janvier 2016 à 23:21

Les habitants de Génis ont vite adopté la famille Irakienne
Les habitants de Génis ont vite adopté la famille Irakienne © Radio France - Faouzi Tritah

Dix chrétiens d'Irak sont arrivés dans le département de la Dordogne vendredi dernier. L'association Chrétiens d'Orient Périgord a réussi à leur obtenir un statut de réfugié de guerre pour qu'ils puissent résider en France. Une famille est à Génis et l'autre à Saint-Pierre de Chignac.

Il était minuit lorsque dix chrétiens d'orient d'Irak ont posé le pied sur le sol Périgourdin. L'association Chrétiens d'orient Périgord a pu leur obtenir un statut de réfugié à force de ténacité et avec l'aide d'un prêtre Dominicain sur place. Une famille de cinq personnes est à Génis et l'autre également de cinq personnes est à Saint-Pierre de Chignac. A Génis, Alaa, son épouse Marlène - qui est enceinte - et leurs quatre enfants - dont le plus âgé a sept ans - ont pris leurs quartiers dans une maison du centre - ville. Alaa le père de famille nous ouvre la porte de sa maison avec un grand sourire et il nous raconte : en juin 2014, quand les combattants de Daesh sont entrés dans sa ville de Karokoch, qu'ils ont détruit l'église et menacés les chrétiens, Aala a tout laissé derrière lui.  

"On se sent en sécurité ici"

Avec sa femme enceinte et ses quatre enfants il a fui vers un camp de réfugiés au Kurdistan Irakien où il s'est mis sous la protection de Peshmergas et des Yézidis . Tout n'était pas réglé pour autant. Dans ce camp, Alaa et sa famille dorment sous des tentes de fortune et des combattants de Daesh rôdent toujours. De l'autre côté du monde, l'association chrétien d'orient Périgord cherche à aider des réfugiés. Ce sera Alaa et sa famille grâce à un prêtre Dominicain. Du coup, la famille a pu obtenir le statut de réfugiés de guerre et s'installer à Genis dans le Périgord Vert. 

"L'Irak je l'ai dans mon cœur, mais l'Irak c'est fini, il n'y a plus d'Irak. Plus aucun endroit n'est sûr. Il y a des voleurs, des créatures.. Ici on est bien, on se sent en sécurité surtout quand on sait que l'on peut offrir à nos enfants un avenir".

— Alaa le père de famille Irakien

Alaa et sa famille ont fui les exactions des combattants de Daesh en Irak  - Radio France
Alaa et sa famille ont fui les exactions des combattants de Daesh en Irak © Radio France - Faouzi Tritah

 Un immense élan de générosité 

Des habitants de la commune mais aussi des alentours leur ont apporté des matelas, des jouets pour les enfants, des médicaments, un réfrigérateur, une machine à laver ... Le toit c'est Jean-Gabriel qui l'a mis à disposition.  "On se demande toujours ce que l'on peut faire quand on voit tout ça, ce que j'ai fait c'est pas grand-chose". Du matériel mais aussi de la chaleur humaine. Sylvette la plus proche voisine est passée les voir "comme des voisins" dit-elle. Le maire Bruno Chapuis leur a fait visiter le village, et beaucoup d'habitants les ont invités à manger des galettes! 

Alaa ne compte pas que sur la solidarité des habitants pour s'occuper de sa famille. Il a toujours sur lui un livre pour apprendre le Français et espère vite trouver du travail. En Irak il était employé municipal. Deux nouvelles familles d'Irakiens vont arriver à Château-l'évêque dans les prochaines semaines.