Faits divers – Justice

Dordogne : dix ans de réclusion criminelle pour avoir frappé à mort sa compagne

Par France Bleu Périgord, France Bleu Gironde, France Bleu Périgord et France Bleu mercredi 14 décembre 2016 à 8:07

Le procès a duré deux jours.
Le procès a duré deux jours. © Radio France - Benjamin Fontaine

Les assises de la Dordogne ont condamné un Girondin de 45 ans à dix ans de réclusion criminelle ce mardi 13 décembre. Il était accusé d'avoir frappé à mort son épouse en décembre 2012 à Chancelade.

Dix ans de réclusion criminelle. Les jurés de la cour d'assises de la Dordogne sont allés au-delà du réquisitoire de l'avocat général Anne Claire Galois. Mardi en fin d'après-midi elle avait réclamé huit ans de prison pour ce Girondin de 45 ans accusé d'avoir frappé à mort sa compagne dans la nuit du 28 au 29 décembre 2012 à Chancelade au nord-ouest de Périgueux.

Lors de la première journée du procès lundi, l'homme raconte les brimades, les insultes, les gifles que la mère de ses deux fillettes lui infligeait jusqu'à ce soir de décembre où il avait fini par craquer, lui cognant la tête au sol pour la faire taire. Mais hier, les jurés ont pu découvrir une autre facette de ce conducteur de travaux d'une entreprise du bâtiment de Pessac. Une facette qui a un peu écorné son image de victime.

Un accusé "tyrannique" avec sa sœur

Le procès a commencé à basculer avec le témoignage de la sœur de l'accusé. Avocate au Portugal, elle a tout quitté pour s'occuper de son frère après le drame, et pour prendre en charge les deux enfants du couple. Elle s'est installée dans son appartement bordelais pour que les fillettes puissent rester chez elle. Mais très vite, son frère s'est comporté de façon "tyrannique" par rapport a la façon dont elle s'occupait des enfants. Une décision de justice a dû être prise pour l'éloigner. Il ne lui a pas donné un sou pour payer le loyer et l'avocate a dû faire des heures de ménages pour s'occuper de ses petites nièces alors qu'elle avait tout laissé derrière elle au Portugal. Une attitude pas très honorable qui l'a montré sous un nouveau jour. Un peu plus acteur et un peu moins victime.

Une "déception" pour l'avocat de l'accusé

Les témoignages des parents de sa compagne, tout en retenue, ont rendu un peu de dignité à cette femme qu'il a "bousillé". Les déclarations de la petite fille présente lors du drame qui trouvait maman "gentille" et papa "moyen" ont peut-être fait le reste. Deux enfants qui aujourd’hui n'ont plus leur mère. Et plus leur père non plus. L'homme comparaissait libre devant la cour. Il est reparti entre deux gendarmes. "Il y a un sentiment de déception car le verdict a dépassé les réquisitions. Nous allons examiner la suite que nous allons donner à cette affaire" a expliqué maître Daniel Lalanne, l'avocat de l'accusé. Mardi soir, il n'excluait pas de faire appel.