Faits divers – Justice

Dordogne : le vigneron du Château Ladesvignes devant le tribunal de Bergerac

Par Morgane Schertzinger, France Bleu Périgord mardi 24 janvier 2017 à 21:27

Le vigneron du Château Ladesvignes comparaissait ce mardi devant le tribunal de Bergerac.
Le vigneron du Château Ladesvignes comparaissait ce mardi devant le tribunal de Bergerac. © Radio France - Morgane Schertzinger - France Bleu Périgord

Le vigneron du Château Ladesvignes, installé à Pomport dans le bergeracois, dans le Sud de la Dordogne, comparaissait ce mardi devant le tribunal de Bergerac pour fraude et tentative de fraude. Il aurait vendu du vin sous une mauvaise appellation.

Pendant près de deux heures ce mardi, le vigneron du Château Ladesvignes dans le bergeracois, était à la barre du tribunal de grande instance de Bergerac. Il lui est reproché d'avoir fraudé et tenté de frauder avec des appellations d'origine contrôlées (AOC).

Mélange de Bergerac rosé

Entre la fin 2013 et l'automne 2014, ce viticulteur de 59 ans qui produit du Monbazillac AOC, du Bergerac Rouge AOC, du Bergerac blanc sec et du Bergerac rosé entre autres sur son exploitation familiale, aurait conditionné certains vins sous de mauvaises appellations.

Il lui a, par exemple durant l'audience, été reproché d'avoir vinifié sous l'appellation Bergerac blanc, 80 hectolitres de mou de raisin de Sauvignon, une parcelle normalement affectée à l'appellation Monbazillac AOC.

Les contrôleurs de la répression des fraudes ont également relevé, lors de contrôles dans le chai avec des analyses, le mélange de 72 hectolitres de Bergerac rosé millésime 2013 avec du millésime 2012. En soit, le mélange de vins ne constitue pas une faute. Ce qui l'est en revanche c'est d'avoir étiqueté ces bouteilles avec l'inscription "millésime 2013."

"Erreurs informatiques"

A la barre, le vigneron plaide avec son avocat, sa bonne foi. "Je n'ai pas fraudé, je n'ai pas triché", chuchote-t-il à la présidente du tribunal. "Je reconnais avoir mal utilisé le logiciel de traçabilité." Le logiciel dont il parle devait lui permettre de suivre la vie de ses raisins, de la récolte à la vinification, en passant par la mise en cuve. "Je voulais être juste, j'étais coupable en fait parce que je l'utilisais mal depuis le début !"

Pour la Procureure de la République, rien n'a expliqué durant cette audience comment des vins issus de parcelles différentes et récoltés à des périodes différentes, ont pu baigner dans la même cuve, pas même une maladresse informatique. C'est pourquoi elle a requis 10 000 euros de peine d'amende au titre de la société Château Ladesvignes, ainsi que 3 000 euros ou bien une peine de prison avec sursis pour le vigneron.

Elle demande également que sa condamnation apparaisse dans deux journaux, au titre notamment d'information sur cette pratique frauduleuse. La défense, elle, demande la relaxe du viticulteur. Il faudra attendra encore un peu, le tribunal de Bergerac n'a prévu de rendre sa décision que le 21 février prochain.