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Faits divers – Justice

Dordogne : Cinq ans de prison requis dans l'affaire du Windsor à Bergerac

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Par , France Bleu Périgord

Six personnes comparaissaient ce mardi 19 mars devant le tribunal correctionnel de Bergerac dans l'affaire dite du Windsor. En juin 2014, une restauratrice de Bergerac avait trouvé la mort après une bagarre, percutée par une voiture dans des conditions que le procès a permis d'éclaircir.

De nombreuses expertises mettent à mal la version des prévenus
De nombreuses expertises mettent à mal la version des prévenus © Radio France - Emmanuel Claverie

Le 1er juin 2014, à la sortie de la discothèque le Windsor à Saint-Laurent-des-Vignes, une femme de 30 ans avait perdu la vie après une bagarre survenue devant l'établissement. Laissée inconsciente sur la départementale 936, la route qui va de Bergerac à Bordeaux, cette restauratrice avait été percutée par une voiture. 

Violence gratuite

Sur les six prévenus, quatre se sont présentés à l'audience. Et notamment l'homme de 24 ans considéré comme l'auteur des coups et détenu dans le cadre d'une autre affaire. C'est lui qui, ce soir-là, alors qu'il avait beaucoup bu, importunait selon plusieurs témoignages des clients à la sortie de la discothèque. Le compagnon de la victime, qui avait les mains dans les poches,  aurait alors reçu un violent coup de poing le laissant groggy.  La restauratrice a alors poursuivi l'auteur des coups jusqu'à la départementale pour lui demander des comptes. C'est là qu'il l'aurait soit frappée, soit fait tomber en lui attrapant la jambe. Toujours est-il que la victime est restée allongée et inconsciente sur cette route très fréquentée sans que personne du groupe ne s'en inquiète.

Amnésie collective

Seul le chauffeur de la voiture qui a percuté la restauratrice se souvient parfaitement des faits. La Golf que conduisait le jeune intérimaire de  28 ans disposait de feux de croisement réglés trop bas. Il n'a donc pu éviter à temps la victime allongée au milieu de la route. Juste avant, il a croisé le groupe de cinq personnes qui prenaient la fuite en courant. "J'ai  d'abord cru qu'ils faisaient du jogging" a-t-il expliqué à la barre. "A aucun moment ils n'ont fait de gestes pour indiquer qu'il y avait quelqu'un allongé sur la route" s'étonne-t-il. Après le choc, le jeune homme a prévenu les secours, et lui est resté sur place pendant que les autres s'enfuyaient.

Les autres protagonistes, eux, ont préféré jouer la carte de l'amnésie, imputant les trous de mémoire, à l'alcool consommé en grande quantité, à la nuit, au stress ou à la peur. "Je n'ai pas vu la personne allongée sur le sol", affirme l'une des deux femmes poursuivies pour non-assistance à personne en danger. La vidéosurveillance la montre pourtant s'arrêter quelques instants devant la restauratrice inconsciente précise la présidente. L'un des membres du groupe l'aurait même enjambée pour prendre la fuite. Et quand la présidente demande au leader de la petite bande s'il s'estime, cinq ans après, responsable de ce qui est arrivé cette nui -là, il répond "oui et non".

Une injure à ce que l’on peut éprouver quand on est un être humain doté de compassion." - Maître Dominique Assier, avocat des parties civiles"

Une attitude qui fait sortir de ses gonds maître Dominique Assier, avocat des parties civiles. "C'est une audience insupportable, abjecte, une injure à ce que l’on peut éprouver quand on est un être humain doté de compassion" s'emporte-t-il. Est-ce qu'à un moment donné nous avons entendu ces personnes se remettre en question, regretter la disparition d'un être humain? s'interroge le bâtonnier.

La peine maximale requise contre le principal prévenu

Une attitude des prévenus qui choque également la procureure de la république. Odile de Fritsch, n'hésite pas à qualifier de mépris, d'arrogance, le comportement du leader de la bande qui montre "peu de considération pour la vie d'autrui. Rien ne compte à part lui-même", ajoute-t-elle avant de dresser la longue liste de sa douzaine de condamnations, pour vols, recel conduite sans permis, refus d'obtempérer, ou encore violences aggravées. Elle requiert donc à son encontre 5 ans de prison ferme avec mandat de dépôt, ainsi que 5 ans d'interdiction de séjour en Dordogne ou dans le canton de Bergerac, "afin qu'il ne croise pas un jour le fils de la victime, âgé de deux ans et demi au moment des faits". Un an de prison pour un complice absent à l'audience et pour les deux femmes qui n'ont pas porté secours. Un an de sursis simple pour le conducteur, sans casier judiciaire, et enfin six mois de prison avec sursis pour l'homme qui avait prêté au conducteur une voiture trafiquée et non-conforme ainsi que la confiscation du véhicule. Le jugement sera rendu le 9 avril à 13h30.