Faits divers – Justice

Dordogne : à Sarlat, la mairie se mobilise contre l'interdiction du brûlage de végétaux dans les jardins

Par Caroline Pomès, France Bleu Périgord dimanche 18 décembre 2016 à 11:31

René se moque de l'interdiction, il pollue moins que des aller retour à la déchetterie
René se moque de l'interdiction, il pollue moins que des aller retour à la déchetterie © Radio France - Caroline Pomès

La communauté de commune de Sarlat a voté à l'unanimité une motion pour l'aménagement de l'interdiction des particuliers de brûler des végétaux, qui date de 2011. Plusieurs communes les ont déjà rejoint dans la bataille

La Dordogne est un département rural. C'est impossible d'interdire aux habitants des campagnes de brûler les branches d'arbres, les feuilles et tous leurs déchets verts, selon l'adjoint à la proximité de la mairie de Sarlat, Franck Duval. C'est lui qui est à l'origine de la motion votée à l'unanimité par la communauté de commune contre l'interdiction de brûler des déchets verts chez soi.

Franck Duval demande à la préfecture de Dordogne d'aménager cette interdiction, qui date d'une circulaire de 2011. Il demande une autorisation de brûler du 16 octobre au 14 février, période à laquelle les habitants nettoient leur propriété.

"C'est normal que ce soit interdit en ville mais en pleine campagne, c'est une coutume ancestrâle et certaines personnes n'ont pas les moyens d'aller à la déchetterie" - Franck Duval, adjoint à la proximité à la mairie de Sarlat.

50 kg de déchets = 18 000 km en voiture

Au-delà de l'odeur de la fumée qui dérange, le brûlage est pourtant très polluant. 50 kilos de déchets verts brûlés représentent plus de 18 000 km parcourus avec une voiture essence. Autre exemple, brûler des végétaux à l'air libre produit 900 fois plus de particules fines qu'un aller-retour à la déchetterie située à 10 kilomètres.

Une pollution massive dont les habitants n'ont pas forcément conscience. René continue de brûler les branches qu'il élague chaque hiver. "Je ne m'arrêterai pas, je n'ai pas de remorques pour aller à la déchetterie", râle ce postier à la retraite de 88 ans. C'est effectivement un des problèmes, toutes les personnes ne sont pas équipées pour aller à la déchetterie où habitent trop loin. Elles risquent tout de même une amende de 450 euros.

"Si j'allais à la déchetterie, je devrais faire 20 allers-retours et je polluerais plus qu'en brûlant au fond de mon jardin."- René

Pour ceux qui se sont résignés et qui vont à la déchetterie, un autre problème se pose, celui de la place dans les bacs. Michel, qui habite à deux kilomètres de la déchetterie de Sarlat a du plusieurs fois faire demi-tour. Les bacs étaient déjà remplis. Le premier week-end de décembre, c'est plus de 15 tonnes de déchets verts qui ont été ramassés sur la commune.

Reportage à Sarlat où René se moque de l'interdiction de brûler les végétaux