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Faits divers - Justice

Dordogne : une médecin condamnée à 3 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire

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Par , France Bleu Périgord

Le Tribunal de Bergerac reconnait coupable d'homicide involontaire une médecin de Lalinde. En 2012, la généraliste avait prescrit des anti-inflammatoires à un patient allergique à certains de ces médicaments. L'homme de 67 ans est mort un peu plus de 2 heures après la consultation.

Une affaire peu habituelle pour le tribunal de grande instance de Bergerac
Une affaire peu habituelle pour le tribunal de grande instance de Bergerac © Radio France - Emmanuel Claverie

Dordogne, France

Une médecin de Lalinde est reconnu coupable d'homicide involontaire ce mardi 19 novembre par le tribunal de Bergerac. En avril 2012, la généraliste avait prescrit des anti-inflammatoires à l'un de ses patients alors qu'il était allergique à certains de ces médicaments. L'homme de 67 ans, suivi par la médecin depuis 4 ans, est mort un peu plus de 2 heures après la consultation. 

Une affaire inhabituelle

À la barre, la généraliste de 61 ans se voit poser de nombreuses questions. Le tribunal cherche à savoir si la praticienne a fait preuve d'imprudence dans la prescription faite à son patient, venu la consulter pour des douleurs aux dos qu'il ne parvient pas à soigner depuis trois semaines. L'homme de 64 ans est atteint de plusieurs pathologies et est suivi par le médecin depuis 4 ans. 

Le 12 avril 2012, il sollicite un rendez-vous dans la journée pour ses douleurs dorsales de plus en plus importantes. Admis en consultation en fin de journée, il est accompagné par sa femme qui s'étonne du traitement proposé par la médecin : "il est allergique à l'aspirine" [un anti-inflammatoire, ndlr], précise-t-elle au docteur, qui "rassure aussitôt le couple quant à la prescription donnée", souligne leur avocat. 

De retour à son domicile en début de soirée, le patient débute son traitement. "Un peu plus de deux heures après avoir quitté le cabinet médical, il est pris d'une crise d'asthme aiguë, et demande à sa compagne de lire la notice du médicament, alors qu'il est en forte difficulté respiratoire", décrit l'avocat des victimes. Parmi les contre-indications inscrites sur la notice, est indiqué que le médicament ne doit pas être pris en cas d'allergie aux anti-inflammatoires, y compris l'aspirine. 

De plus en plus rouge, l'homme finit par perdre connaissance. Sa conjointe appelle alors le Samu et tente de le réanimer, en vain. "Il comprend tout de suite ce qu'il lui arrive", souligne le procureur de la République de Bergerac qui requiert alors 3 mois de prison avec sursis et 3 mois d'interdiction d'exercer la profession, "au regard de l'attitude de la prévenue", qui ne reconnait alors toujours pas son implication dans le décès du patient. 

Allergie contestée

Pour sa défense, la médecin explique ne pas avoir la preuve de l'allergie de son patient à l'aspirine. Elle reconnaît qu'il lui a notifié lors de sa première consultation en 2006 mais ne juge pas la pathologie avérée car non vérifiée, et "non argumentée par des exemples de la part du patient", explique-t-elle. "Son dossier médical comporte pourtant des lettres de vos confrères qui font état de cette allergie", lui lance alors le président, en référence notamment au courrier d'un pneumologue reçu 9 mois auparavant. 

Mais la défense de la généraliste n'a pas évolué depuis le début de l'affaire, il y a 7 ans. Elle souligne également qu'elle a, de toute façon, pris soin de ne pas prescrire d'aspirine, mais un autre type d'anti-inflammatoire, "qui ne comportait pas de risque" selon elle. Une défense mise à mal par les trois expertises réalisées par différents médecins : les spécialistes sont formels quant à "l'imprudence manifeste" et "les règles de sécurité élémentaires non respectées". 

Finalement, le tribunal ne retient pas toutes les réquisitions du procureur. Trois mois de prison avec sursis sont prononcés mais l'interdiction d'exercer est réduite à 1 mois. En fin d'audience, la généraliste a fait état de "la culpabilité [qu'elle a] ressenti dès que [sa] responsabilité a été mise en cause". Un discours à l'opposé de "l'absence de remise en question" dont elle a fait preuve jusque-là.

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