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Dossier : L'affaire de pédophilie à l'école de Villefontaine

Affaire Farina : nouvelle plainte sur d'éventuels manquements de la justice et de l'Éducation nationale

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Par , France Bleu Isère

C'est Me Gerbi, avocat grenoblois, qui conseille la toute première victime de l'ancien directeur d'école, soupçonné de pédophilie, qui est à l'initiative de cette nouvelle plainte.

Me Hervé Gerbi, en compagnie de sa cliente Sarah, en mars 2019.
Me Hervé Gerbi, en compagnie de sa cliente Sarah, en mars 2019. © Radio France - Laurent Gallien

Me Hervé Gerbi défend Sarah, 23 ans aujourd'hui et toute première victime de Romain Farina. Romain Farina est ce directeur d'école, soupçonné d'avoir abusé sexuellement et violé certains de ses élèves. Des faits qui se sont étalés sur 14 ans et dans plusieurs écoles, quand il organisait des "ateliers du goût". 

L'affaire éclate en mars 2015 alors qu'il dirige l'école du Mas de la Raz à Villefontaine (Isère). Mais, l'instruction close en mars 2019 recense officiellement 45 petites victimes : des enfants de l'école de Villefontaine, mais aussi de Saint-Clair-de-La-Tour, des Avenières, en Isère, mais aussi de Venissieux, dans le Rhône. 

L'enquête avait permis de trouver quelque 11.000 vidéos et plus de 500.000 photos accablantes à son domicile. Il s'est suicidé un an après son arrestation, en avril 2016, dans sa cellule de la prison de Saint-Quentin-Fallavier, rendant toute condamnation impossible le concernant.

Mais ce dossier a éclaboussé l'Education nationale et la Justice. Car Romain Farina avait fait l'objet d'un signalement judiciaire en 2001. En 2008, il est condamné par le tribunal de Bourgoin-Jallieu pour recel de de diffusion d'images de mineurs à caractère pornographique. Condamnation qui n'a jamais été transmise au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes. Alors le directeur d'école continue d'exercer car l'Education nationale n'est pas au courant.

"L'enquête Farina est terminée, nous ouvrons l'enquête institutionnelle"

Ce mercredi, Me Gerbi vient de recevoir la décision de la chambre de l'instruction qu'il avait saisie, dans le cadre d'un supplément d'information dans le dossier Farina. Il demandait des investigations techniques complémentaires sur les supports informatiques de l'instituteur estimant que tout n'avait pas été exploité. Démarche qui s'accompagnait aussi d'une demande d'enquête sur -selon ces mots- "des erreurs" de la part de l'Education nationale et du parquet de Bourgoin-Jallieu. 

L'arrêt rendu ce jour ne suit pas ses demandes, mais pour l'avocat, si le volet "Farina" est clos, il va dès ce jeudi porter plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d’instruction de Valence pour qu'un juge soit saisi. "Ses prérogatives sont plus larges que celles de la chambre de l'instruction", précise l'avocat, qui a espoir que "toutes les investigations soient faites pour regarder les erreurs que nous dénonçons sur les suivis judiciaire et professionnel et que nous portons au crédit de l'institution judiciaire et de l'Education nationale."

L'avocat et sa cliente veulent que toute la lumière soit faite dans ce dossier

Et de poursuivre : "on ne peut pas laisser ce dossier en l'état. Il faut que nous comprenions comment un instituteur qui fait l'objet d'un signalement judiciaire en 2001, d'une condamnation en 2008 pour des faits de nature sexuel, comment ces faits n'ont pas été portés à la connaissance de l'Education nationale ou s'ils ont été portés à la connaissance de l'Education nationale, pourquoi rien n'a été fait pour stopper sa carrière. Et ainsi on aurait évité de nouvelles victimes."

Me Gerbi évoque aussi l'importance de cette démarche pour sa cliente, victime de viol en 2003-2004. Elle était alors âgée de 6 ans et était scolarisée en classe de CP à l'école Anatole-France de Vénissieux. "Lorsque vous apprenez que vous êtes la première victime d'un processus qui ne s'est pas arrêté alors qu'il aurait pu, à un moment, donné être arrêté par l'institution judiciaire, par l’institution Education nationale, mais que rien n'a été fait et que d'autres victimes après vous sont apparues, et bien, les répercussions psychologiques sont encore décuplées."

"Non seulement ma cliente subit encore le traumatisme du viol, mais à ce traumatisme initiale s'ajoute le traumatisme de l'absence de suivi judiciaire. On aurait pu; certainement, empêcher M. Farina de poursuivre. Il y a eu d'autres victimes après elle, et pour elle, c'est insupportable"; conclut Me Gerbi. Des plaintes du même style ont par ailleurs déjà été déposées par d'autres victimes.

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