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Faits divers – Justice

Une djihadiste nordiste condamnée à perpétuité, des familles jugent la justice irakienne trop sévère

jeudi 19 avril 2018 à 5:07 Par Margot Delpierre, France Bleu Nord et France Bleu

Après une audience d'une demi-heure, la justice irakienne a condamné mardi à perpétuité une Nordiste de 28 ans pour appartenance au groupe Etat Islamique. Des familles des Hauts-de-France dénoncent une injustice et demandent que leurs proches, partis en Syrie, soient jugés en France.

Image de propagande du groupe Etat Islamique
Image de propagande du groupe Etat Islamique © Maxppp - Dabiq

Roubaix, France

Djamila, 28 ans et originaire de la métropole lilloise, a expliqué au tribunal avoir été dupée par son mari. Elle aurait découvert sa radicalisation lors d'un voyage touristique en Turquie. Mardi, elle était défendue par un avocat irakien commis d'office. Après une audience d'à peine une demi-heure, la Nordiste a été condamnée à la prison à perpétuité. 

Ses avocats français n'étaient même pas prévenus. L'un d'eux, Me William Bourdon, dénonce un procès expéditif :"C'est un procès qui s'est tenu au mépris de toutes les règles les plus élémentaires du procès équitable, c'est-à-dire un avocat commis d'office qui ne maîtrisait rien, qui n'avait aucune connaissance du dossier, qui n'a pas pu s'entretenir avec Djamila. Absence totale d'interprète, absence totale de compréhension de Djamila des charges qui pèsent sur elle."

La situation de Djamila inquiète d'autres familles nordistes, désespérées de voir leurs proches en Syrie. La grande sœur d'Amine Elbahi, un Roubaisien, a rejoint le groupe Etat islamique il y a bientôt quatre ans.. "Je milite, dit-il, pour qu'elle puisse se rendre dans des conditions dignes, mais il faut comprendre que _cette décision brutale va faire réfléchir à deux fois ceux qui pourraient peut-être se rendre_." 

Pour lui, le procès de Djamila est une véritable "injustice".

J'ai compris que les prochaines qui seraient jugées en Irak ou en Syrie feront face à la même brutalité de la justice irakienne - Amine Elbahi, dont la grande soeur est en Syrie

"L'Etat français doit absolument faire revenir ces jeunes femmes"

Dans le Pas-de-Calais, Lydie Maninchedda espère encore le retour de sa fille et de ses trois petits-enfants, trois garçons nés en Syrie : "J'aimerais bien qu'elle se rende mais quand on s'imagine qu'elle risque la perpétuité, on se pose des questions quand même".

Si on m'annonçait qu'elle était emprisonnée à perpétuité, je serais en colère et désespérée - Lydie Maninchedda, dont la fille est en Syrie

Pour Lydie, sa fille n'est pas coupable mais bien victime. Il s'agit selon elle d'une jeune femme manipulée et embrigadée à l'âge de 20 ans. "Elle est partie à une période où on ne parlait pas encore dans les médias de radicalisation, explique cette mère. Ce n'est pas normal. L'Etat français doit réagir et faire absolument revenir ces jeunes femmes pour les juger sur notre territoire".

Dans le cas de Djamila, ses avocats réfléchissent à faire appel pour obtenir un autre procès, mais la décision est délicate car le pays pratique la peine de mort.  Dimanche, Emmanuel Macron a affirmé que si cette sentence était prononcée, alors la France demandera à transformer la peine capitale en peine de prison.