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Faits divers – Justice

Double homicide à Mont-de-Marsan : le fils de l'accusé présent au deuxième jour d'audience

vendredi 8 février 2019 à 11:16 Par Valérie Mosnier, France Bleu Gascogne

Deuxième jour du procès de Guillaume Dautremont devant les Assises des Landes, à Mont-de-Marsan. L'homme est accusé d'avoir frappé à mort sa compagne et leur fille de 18 mois en 2016. Ce jeudi, son ex, qui s'est portée partie civile au nom du fils qu'elle a eu avec l'accusé, est venue témoigner.

Le procès de Guillaume Dautremont doit durer jusqu'à mercredi prochain aux Assises des Landes
Le procès de Guillaume Dautremont doit durer jusqu'à mercredi prochain aux Assises des Landes © Radio France - Marion Dambielle-Arribagé

Mont-de-Marsan, France

Deuxième jour du procès de Guillaume Dautremont ce jeudi devant la cour d'Assises des Landes, à Mont-de-Marsan. L'homme de 42 ans est accusé d'avoir frappé à mort sa compagne, Elodie, et leur fille de 18 mois, Méloé, en mars 2016. Il avait ensuite roué de coups et laissée pour morte l'une de ses amies, chez qui il s'était réfugié, avant de finalement se rendre chez sa mère, et tenter de l'étrangler.  

Ce jeudi, il y a eu beaucoup d'émotion avec le témoignage de l'ex-compagne de l'accusé. Virginie est préparatrice en pharmacie, âgée de 39 ans. Elle a eu un fils avec Guillaume Dautremont et c'est en son nom qu'elle est partie civile dans le procès. Rémi, aujourd'hui âgé de 13 ans, était présent à l'audience ce jeudi

Si j'avais été avec papa ce jour là, il m'aurait tué aussi

Rémi aurait dû être chez son père le week-end du drame. Mais sa mère avait refusé de lui confier l'enfant. "Si j'avais été avec papa ce jour là, il m'aurait tué aussi", ces mots glaçants, ce sont ceux que Rémi a prononcé lorsqu'il a été entendu par les policiers peu de temps après le drame. Ce jeudi, la présidente du tribunal a lu sa déposition et dans la salle, Rémi, acquiesce en  hochant la tête. Mais devant la cour, c'est sa maman, Virginie, qui s'exprime pour lui. "Il était tellement content d'avoir une petite sœur". Elle rapporte ces paroles qu'il a prononcées, quelques temps après le drame. "Méloé était belle et gentille" avait-il dit "je suis sûre que ça aurait été une très belle femme. Mais, on ne le saura jamais." 

Rémi, a les yeux rivés sur sa mère, sans un regard vers son père. Les larmes coulent en silence sur ses joues. "Il aime son papa", poursuit Virginie, "mais il sait qu'il a fait une chose horrible et qu'il doit être puni. Jusqu'à hier soir, je ne pensais pas qu'il viendrait au procès, mais finalement il a tenu à être là." Dans le box , enfin, la façade se fissure. L'avocate des parties civiles pousse l'accusé dans ses retranchements : "ça vous fait quoi de voir Rémi dans la salle là aujourd'hui ? Vous croyez qu'il pense quoi de son père ?" L'homme craque. Pour une fois, ses yeux ne sont plus rivés au sol, ou dans le vague, il fixe son garçon dans la salle. Et pleure pour de bon : "Je te demande pardon Rémi." En face de lui, le petit garçon éclate aussi en sanglots.

Une relation tumultueuse

Virginie et Guillaume Dautremont sont restés ensemble une dizaine d'années. Ce jeudi, à la barre, l'ex-compagne de l'accusé a décrit une relation tumultueuse et une personnalité ambiguë. 

"On a passé 10 ans à s'engueuler", résume Virginie, la voix tremblante. Elle raconte des disputes très fréquentes, une jalousie omniprésente, un homme très possessif qui la coupe progressivement de ses amis, de sa famille.  Elle décrit un manipulateur, un menteur, "quelqu'un capable de retourner la situation, de vous faire croire que tout est votre faute, de vous faire culpabiliser" dit-elle. _"J'étais sous son emprise". De nombreuses fois, elle a voulu le quitter, mais jamais il ne l'a laissée faire, usant et abusant du chantage affectif, encore plus depuis la naissance de leurs fils. "Finalement, apprendre qu'il me trompait, et qu'il accepte qu'on se sépare, ça a été un soulagement"_, reconnait-elle. Malgré ça, elle l'affirme : il a toujours été un bon père pour Rémi. Elle raconte, avec un sourire, que c'est lui, qui lui a fait prononcé ses premiers mots, qui lui a fait faire ses premiers pas, combien il était fier de son enfant. 

Jusqu'à cette semaine de mars 2016 où son ex-compagnon lui apparaît excité, agité, il délire, affirme qu'il a des pouvoirs extralucides, qu'il peut voir l'âme des gens,que son fils a aussi un don de clairvoyance. Il lui montre des sachets de poudre blanche qui l'aide, dit-il à mieux voir et ressentir les choses. Pour la première fois, Virginie a peur pour son fils et même si c'est normalement sa semaine de garde à lui, elle refuse de lui rendre l'enfant elle prend rendez-vous avec un avocat pour lui enlever la garde de Rémi et refuse qu'ils se voient seul à seul. Nous sommes seulement deux jours avant le drame

Ce jeudi, des médecins légistes se sont également succédé à la barre. Des rapports accablants qui soulignent la violence des coups qui ont été portés à Elodie et Méloé. Ce vendredi, un témoignage s'annonce poignant : celui d'une survivante, Sabine, cette amie de l'accusé chez qui il s'est réfugié après ses crimes, qu'il a frappée et laissée pour morte ce soir là.