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Faits divers – Justice

Double homicide à Mont-de-Marsan : le témoignage d'une rescapée devant la cour d'assises

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Par , France Bleu Gascogne

Troisième jour du procès de Guillaume Dautremont devant les Assises des Landes, ce vendredi à Mont-de-Marsan. L'homme est accusé d'avoir frappé à mort sa compagne et leur fille de 18 mois en mars 2016. Il s'était ensuite réfugié chez sa meilleure amie, qu'il avait frappée et laissée pour morte.

Sabine, 50 ans, a survécu à la folie meurtrière de l'accusé
Sabine, 50 ans, a survécu à la folie meurtrière de l'accusé © Radio France - Marion Dambielle-Arribagé

Mont-de-Marsan, France

C'est une survivante qui témoigne ce vendredi matin devant la cour d'assises des Landes. Sabine, une coiffeuse de 50 ans, élégante en veste et jupe noires, était à l'époque des faits la meilleure amie de Guillaume Dautremont. Elle est revenue sur cette nuit de mars 2016, où l'accusé a déboulé chez elle en pleine nuit, alors qu'il venait de frapper à mort sa compagne, Elodie, et leur petite-fille de 18 mois, Méloé. Quand il frappe à sa porte vers 4h du matin, elle croit qu'il s'est encore disputé avec Elodie, sa compagne. Alors ils discutent, boivent un café. "Il finit par me dire, au détour de la conversation _"j'ai tué Elodie et Méloé"_", raconte-telle. "Je ne l'ai pas cru". Elle va se coucher à l'étage. Il s'installe sur le canapé. Ce n'est que plusieurs heures plus tard qu'il renouvelle son aveu. Cette fois, elle le prend au mot : "D'accord, alors si tu as fait ça, on va voir sur place, et si c'est vrai, je te préviens, j'appellerai la police".

75 jours d'ITT

Et c'est cette phrase qui fait office de déclencheur. Sabine croit voir de l'affolement dans ses yeux. Alors qu'elle est assise sur le canapé, il se jette sur elle, commence à la tripoter. Elle le repousse, alors il l'empoigne par les cheveux, la jette par terre, prend sa tête à pleines mains et la frappe contre le carrelage. Il la roue de coups de pieds, de coups poings. Elle perd connaissance.  Quand elle se réveille, il est toujours là, mais les coups ont cessé. Il la jette sur le canapé et s'enfuit.

Sabine est en état de choc. Dans un premier temps, elle fait comme si de rien n'était. N'appelle pas les secours, ni la police. Verrouille son appartement par peur qu'il revienne, envoie un message à son père, avec qui elle devait déjeuner, pour lui dire qu'elle est malade et quelle ne peut pas venir, et va se recoucher. "Je n'avais pas mal", se rappelle-t-elle."La seule chose qui m'inquiétait, c'est que mon oreille saignait beaucoup".

Pourtant Sabine est très gravement blessée. Pendant plusieurs jours, son pronostic vital sera engagé. Elle se verra prescrire 75 jours d'ITT (incapacité totale de travail) et restera hospitalisée plusieurs semaines. Si les policiers n'avaient pas débarqué à son domicile peu après, elle ne s'en serait probablement pas sortie.

Une femme meurtrie

C'est une femme profondément traumatisée qui témoigne. "Je le considérais comme un frère" dit-elle à la barre, en parlant de Guillaume Dautremont. Elle était sa confidente, sa meilleure amie. Pourtant cette nuit-là, il a bien failli la tuer, brisant à tout jamais la profonde amitié qui les liait. Depuis trois ans, Sabine ne vit plus, elle survit. Elle a quitté son emploi, a changé de région pour essayer de se reconstruire, ailleurs, là où personne ne la connait. "Je ne vis qu'au présent" souffle-t-elle. "Je fais comme si le passé n'existait pas, et l'avenir, n'en parlons pas".  Car Sabine est dévorée par la culpabilité. Celle de ne pas l'avoir cru, de ne pas l'avoir pris au sérieux quand il lui a dit pour la première fois cette nuit-là  :"J'ai tué Elodie et Méloé". "Peut-être que si j'avais réagi... " répète-t-elle à plusieurs reprises sans finir sa phrase. Et ça la ronge. "J'aurais toujours ça sur la conscience. Aujourd'hui, je ne me sens pas forcément victime, je me sens coupable", reconnait-elle. Une inversion des rôle insupportable, alors qu'elle a bien failli y rester cette nuit-là.

Devant la cour, elle ne l'appelle même plus par son prénom, le désigne comme "ce monsieur", "lui"... Mais n'hésite pas à l'affronter du regard, pointe à plusieurs reprises dans sa direction un doigt accusateur. Fidèle à son attitude depuis le début du procès, l'accusé, lui, ne réagit pas, et garde les yeux rivés au sol.

Le procès est suspendu pour le week-end. Il reprendra lundi matin. Le verdict est attendu mercredi.

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