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Faits divers – Justice

Double homicide à Mont-de-Marsan : le verdict attendu ce mercredi

mercredi 13 février 2019 à 10:59 Par Valérie Mosnier, France Bleu Gascogne

Dernier jour de procès ce mercredi pour Guillaume Dautremont. Cet homme de 42 ans comparait depuis mercredi dernier devant la cour d'Assises des Landes, à Mont-de-Marsan, pour avoir frappé à mort sa compagne, Elodie, et leur bébé de 18 mois, Méloé, en mars 2016.

Le verdict est attendu en fin de journée aux Assises des Landes
Le verdict est attendu en fin de journée aux Assises des Landes © Maxppp - Josselin CLAIR

Mont-de-Marsan, France

Dernier jour de procès ce mercredi pour Guillaume Dautremont. Cet homme de 42 ans comparait depuis mercredi dernier devant la cour d'Assises des Landes, à Mont-de-Marsan, pour avoir frappé à mort sa compagne, Elodie, et leur bébé de 18 mois, Méloé, en mars 2016. Il s'était ensuite réfugié chez sa meilleure amie, l'avait tabassée et laissée pour morte, avant de se rendre chez sa mère et de tenter de l'étrangler. 

Mardi, lors du cinquième jour de procès, une bonne partie de l'audience a été consacrée aux témoignages de la famille des victimes. La sœur et les frères d'Elodie ont été entendus, ainsi que sa maman et la grand-mère de Méloé, âgée de 57 ans.  Une femme très digne, qui a élevé seule ses cinq enfants et elle le dit sans fard : "Elodie était ma favorite". Une fille aimée, couvée, avec qui elle avait une relation fusionnelle, reconnait-elle. 

Elle l'aimait vraiment, alors je ne m'en suis pas mêlée plus que ça. J'aurais peut-être dû... la maman d'Elodie

Une relation sans nuage, jusqu'à ce qu'Elodie rencontre Guillaume Dautremont : "Ma fille m'avait prévenue, elle m'avait dit : tu ne l'aimeras pas". Devant la cour, sa voix tremble, elle retient parfois à grande peine ses larmes, mais fait preuve d'une franchise étonnante : "Je n'ai jamais pu le sentir", confie-t-elle en parlant de l'accusé. "Quand je l'ai rencontré, il avait une barbichette avec des perles, un percing au menton, des tatouages... C'était un loubard, _je ne voulais pas de lui pour ma fille. Je l'ai trouvé antipathique dès le départ. Mais Elodie était très amoureuse_", reconnait-elle, "alors j'ai fait des efforts, pour elle". Dès lors, elle ne voit plus sa fille que quand elle vient lui rendre visite, ne va jamais au domicile du couple. "Quand on se voyait lors des repas de famille, on s'ignorait..." Elle raconte la jalousie maladive dont il faisait preuve, explique qu'elle a conseillé à plusieurs reprises à sa fille de le quitter, _"mais elle l'aimait vraiment, alors je ne m'en suis pas mêlée plus que ça. j'aurais peut-être dû..."dit-elle en laissant sa phrase en suspend.  Car malgré son caractère très affirmé, c'est une maman rongée par la culpabilité qui s'exprime : "Mon plus grand regret, c'est de n'avoir rien vu venir."  Qu'attendez-vous de ce procès ? lui demande son avocat. "Comprendre pourquoi il a fait ça" répond-elle "mais je suis déçue, je n'ai eu aucune réponse..."_

Quel degré de responsabilité de l'accusé au moment des faits ?

Ce mardi, ont aussi eu lieu les premières plaidoiries des parties civiles, qui se poursuivent ce mercredi, ainsi que le réquisitoire de l'avocat général. A cœur des débats, cette question, à laquelle vont devoir répondre les jurés : quel était le degré de responsabilité de l'accusé au moment des faits ? 

Tout le procès a tourné autour de cette question cruciale : Guillaume Dautremont était-il fou, ou était-il parfaitement conscient de ses actes, au moment où il a massacré Elodie et Méloé ? Une certitude : l'abolition du discernement ne peut pas être retenue, sinon il n'aurait même pas été considéré comme apte à être jugé à l'issue de l'enquête. Mais tout va se jouer sur la question de l'altération du discernement au moment des faits et les conclusions des différents experts psychiatres vont dans le même sens : oui, il y a bien eu altération dû à un épisode psychotique, provoqué par la prise de drogue.  Il n'était donc plus lui-même au moment de sa frénésie meurtrière, et selon eux, ce n'est pas simulé. Quand il dit qu'il a vu sa fille et sa compagne se transformer en démons, avec des yeux noirs, et des visages déformés, il y croit. C'est même la seule chose dont il affirme se souvenir, par flashs. Le reste, il prétend l'avoir oublié. Et pourtant ce soir-là il alterne entre ces épisodes de délire, et ces moments de lucidité glaçante, pendant lesquels il prend le temps de se laver les mains, de se changer,il prend ses précautions pour ne pas marcher dans la mare de sang qui s'étend sur le palier, afin de ne pas se salir et de ne pas faire de marques partout. 

Tout l'enjeu des plaidoiries  et du réquisitoire en ce dernier jour de procès va donc tourner autour de cette question. Une folie évidente pour l'avocat de la défense. Une version qui ne tient pas selon les parties civiles et le parquet, pour qui Guillaume Dautremeont était bel et bien conscient de ce qu'il faisait et des effets des drogues qu'il prenait.