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Double tentative de meurtre d'un couple de vignerons : l'accusé condamné à 20 ans de réclusion

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Champagne-Ardenne
Reims, France

La Cour d'assises de la Marne a condamné mercredi un homme à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir tenté de tuer un couple de vignerons en mai 2013 dans leur propriété de Faverolles-et-Coëmy. La préméditation n'a pas été retenue.

Malgré trois jours de procès, plusieurs zones d'ombre subsistent.
Malgré trois jours de procès, plusieurs zones d'ombre subsistent. © Radio France - Sophie Constanzer

"Il faut accepter de ne pas tout comprendre, mais l'intention de tuer est différente du mobile", a souligné mercredi l'avocat général au procès de Suphi Ayalp devant la Cour d'assises de la Marne à Reims. Car le procès n'aura de toute évidence, pas permis de se forger des certitudes sur le mobile. L'accusé, un franco-turc d'origine kurde était jugé depuis lundi pour double tentative d'assassinat sur un couple de vignerons le 29 mai 2013 à Faverolles-et-Coëmy dans la Marne. Pour l'avocat général Nicolas D'Hervé, qui avait requis 18 ans de réclusion criminelle, pas de doute : "l'arme utilisée, l'intensité des coups portés, l'attitude de guetteur, il y avait bien une intention de tuer".

"Je suis vraiment désolé pour ce que j'ai fait" -- l'accusé

Ce qu'a toujours nié l'accusé qui s'est excusé à la barre ce mercredi. "Je présente mes sincères excuses, je suis vraiment désolé pour ce que j'ai fait, j'espère qu'ils me pardonneront un jour", a souligné ce père de famille âgé de 39 ans dans le box. Si sa personnalité est restée "insaisissable" malgré trois jours de procès selon l'avocat général, l'accusé a donné sa version à la Cour. Il est venu chercher une arme chez ce couple de vignerons, avec lesquels il a travaillé en 2006 et 2007 au moment des vendanges. Une arme pour "se protéger" car ce sympathisant de la cause kurde ne se sentait plus en sécurité depuis la mort d'une amie, militante kurde, en janvier 2013 à Paris, soit près de 4 mois avant les faits. "

C'est délirant et tordu de vouloir se procurer une arme", a concédé l'accusé à la barre qui s'est perdu dans des phrases interminables pendant toute la durée de son audition. Avant de raconter comment il s'est "préparé". Ce matin du 29 mai 2013, le père de famille a patienté pendant plus de 4 heures sur la propriété du couple, avant de rentrer dans le local professionnel. Il s'est souvenu des vêtements sombres et de la cagoule qu'il a choisi, et du pied de biche "acheté au magasin Leroy Merlin" pour commettre le vol.

Un "crime" sans mobile ou un cambriolage qui a mal tourné ?

"Mais ce n'est pas un petit vol", rappelé Maître Gérard Chemla, avocat des parties civiles qui rajoute : "il s'est enfermé dans une explication que personne de rationnel ne peut comprendre". Pourquoi donc aller chercher une arme -une carabine- chez ce couple de vignerons en 2013 alors qu'il ne l'a plus vu depuis 2008 ? N'était-ce pas plus facile sur internet ou dans une armurerie ? "Je n'y ai pas pensé", répond l'accusé. L'accusé qui n'a pas donné d'explications sur les cordons de téléphone qui serraient le cou du vigneron, déjà agonisant dans une marre de sang.

Et pas d'explications non plus sur le jour choisi par l'accusé pour appeler le couple de vignerons "pour prendre des nouvelles" : le 29 mai 2014, un an jour pour jour après l'agression. L'accusé parle d'"une coïncidence" tandis que l'avocat général y voit la preuve d'un "certain machiavélisme". C'est ce coup de fil "anniversaire" qui aura permis aux enquêteurs de remonter la piste menant à l'accusé. Des zones d'ombre subsistent donc. "Ce qui fait qu'il passe à l'acte ce 29 mai 2013 est très difficile à comprendre...avec sa personnalité, pour commettre de tels faits, c'est que manifestement il a perdu pied à un moment ou à un autre", souligne l'un des avocats de l'accusé Maître Nicolas Brazy.

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