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Santé – Sciences

Déni de grossesse : "le cerveau commande tout" (Dr. Israël Nisand)

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Par , France Bleu Isère

Une grossesse n'est pas toujours synonyme de ventre rond et de nausées.Le docteur Israël Nisand, chef du service de gynécologie-obstétrique du CHU de Strasbourg, invité de France Bleu Isère ce mardi matin, revient sur ce phénomène que l'on appelle le "déni de grossesse".

Le déni de grossesse est une affection courante quoique peu connue. D'après le Dr. Israël Nisand, elle touche une femme sur 500.
Le déni de grossesse est une affection courante quoique peu connue. D'après le Dr. Israël Nisand, elle touche une femme sur 500. © Maxppp - Frédéric Cirou

Grenoble, France

Ce lundi s'ouvrait à Grenoble le procès de Laetitia Fabaron, soupçonnée d'avoir étranglé et congelé son bébé, juste après avoir accouché de celui-ci dans sa salle de bains, en mai 2012. N'ayant pas eu conscience de sa grossesse, la jeune femme aurait été paniquée par l'arrivée de cet enfant non-désiré, un phénomène connu sous le nom de "déni de grossesse". D'après le docteur Israël Nisand, chef du service de gynécologie-obstétrique au CHU de Strasbourg, "le déni de grossesse est peu connu, pourtant il est courant. Il concerne une femme sur 500 environ."

Un phénomène à la fois physique et psychique

Selon le docteur Nisand, le déni de grossesse est la traduction physique de l'absence de "grossesse psychique". "La grossesse psychique c'est quelque chose que tout le monde rencontre, c'est le fait d'intégrer l'enfant dans la famille de façon biographique", explique-t-il, "Le cerveau commande tout dans notre corps. Et quand il n'y a pas de grossesse dans la tête il n'y a pas de grossesse du tout." Ainsi, une femme en déni de grossesse peut tout à fait ne pas observer le moindre changement dans sa silhouette et ne faire l'expérience d'aucun des symptômes qui accompagnent une grossesse habituelle, et ce malgré la présence de l'enfant. "Il touche le plus souvent des femmes qui ont une vie extrêmement lourde et des difficultés dans leur vie sexuelle ou affective", précise le docteur Nisand.

Les risques pour l'enfant

Le déni de grossesse a un impact psychologie extrêmement lourd pour la mère, mais il met également en danger la vie de l'enfant à naître. D'après le docteur Israël Nisand, "Lorsque le déni recouvre l'accouchement, il conduit à la mort de l'enfant dans 25% des cas. [...] A cause de l'aspect psychique, la femme en déni peut commettre des actes irréparables." Mais il peut également avoir un impact à long terme sur la vie de l'enfant, lorsque celui-ci naît après un déni de grossesse de la part de sa mère. "Il y a une association qui regroupe des enfants issus de déni, avec des gens de 40 ans qui souffrent encore d'avoir été un passager clandestin dans le ventre de leur mère", explique le docteur Nisand.

Le Dr Nisand témoignera au procès de Laetitia Fabaron

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