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Faits divers – Justice

Drac du Grand Est : il obligeait des candidates à l'embauche à uriner devant lui

L'ancien directeur adjoint des affaires culturelles dans le Grand Est vient d'être mis en examen à Paris et placé sous contrôle judiciaire. Il est soupçonné d'avoir humilié 200 femmes lors d'entretiens d'embauche en les forçant à uriner devant lui. Il prenait en photo ses victimes.

Image d'illustration
Image d'illustration © Maxppp - Michael Esdourrubailh

Grand Est, France

L'affaire éclate en Moselle le 15 juin 2018. Le directeur adjoint aux affaires culturelles reçoit une sous-préfète du département dans un bureau. Et il est surpris par un témoin en train de photographier les jambes de la haut fonctionnaire. Le parquet de Metz est saisi et constate que l'homme a déjà fait de très nombreuses victimes. Une attitude très "particulière", selon Christian Mercuri, le procureur de Metz.

Au moins 200 victimes ?

Le directeur adjoint de la Drac qui était auparavant au ministère de la Culture, aurait fait 200 victimes entre 2009 et 2018 selon Libération qui sort une enquête ce vendredi avec de nombreux témoignages après des révélations du Canard Enchaîné. Lors d'entretiens d'embauches, l'ancien sous-directeur des politiques de ressources humaines parvenait à faire ingérer des diurétiques à haute dose aux candidates. Elles perdaient le contrôle, étaient isolées et étaient obligées d'uriner devant lui. Détail sordide, le haut fonctionnaire photographiait ses victimes. Un fichier excel intitulé "expériences" aurait été retrouvé dans son ordinateur. 

"J'aurais voulu qu'on m'arrête avant"

Le 10 octobre 2018, l'homme qui a été auparavant haut fonctionnaire à l'égalité entre les femmes et les hommes a été révoqué de la Drac "dans l'intérêt du service" précise le journal officiel. Il reconnait selon Libération "dix ou vingt" femmes intoxiquées : "J’aurais voulu qu’on m’arrête avant. C’était compulsif, mais il n’y avait pas chez moi une volonté d’empoisonner ces femmes. Je ne pensais pas que le diurétique pouvait causer des problèmes médicaux" dit-il à Libération. 

Information judiciaire ouverte le 24 octobre

Il est mis en examen pour "administration de substances nuisibles", "agression sexuelle par personne abusant de l'autorité conférée par sa fonction", "atteinte à l'intimité de la vie privée par fixation d'image", "violence par une personne chargée de mission de service public" et "infractions à la législation sur les médicaments". Une information judiciaire a été ouverte le 24 octobre 2019 par le parquet de Paris.  

Dans le Grand Est, la CGT dit avoir "_alerté les autorité_s" en 2018 pour signaler les agissements du suspect. "Ce qui nous intéresse, c'est surtout que les femmes qui ont été agressées soient accompagnées", confie un syndicaliste de la Drac. Selon ce dernier, le ministère de la Culture a justement mis en place une cellule d'écoute psychologique pour les victimes.

L'ancien cadre du ministère de la Culture est désormais "coach professionnel" en ressources humaines en région parisienne selon son site internet. 

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