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Dossier : Kévin et Sofiane, tués pour un simple regard

VIDÉOS - Drame d'Échirolles : dix accusés condamnés de huit à vingt ans de prison

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Par , France Bleu Isère, France Bleu
Grenoble, France

Dix accusés ont été condamnés samedi à des peines de huit à vingt ans de prison par la cour d'assises des mineurs de l'Isère dans l'affaire du meurtre de Kévin et Sofiane, en septembre 2012 à Échirolles.

Le palais de justice de Grenoble, 11 décembre 2015
Le palais de justice de Grenoble, 11 décembre 2015 © Radio France - Denis Souilla

Dix accusés des douze accusés du procès des meurtres de Kévin Noubissi, 21 ans, et Sofiane Tadbirt, 22 ans, morts en septembre 2012, ont été condamnés samedi à des peines de huit à vingt ans de prison par la cour d'assises des mineurs de l'Isère à Grenoble. C’est dans une salle d'audience pleine à craquer que le verdict a été énoncé, dans un climat extrêmement tendu. Ilyes Tafer, accusé d’avoir porté des coups de couteau a été condamné a 20 ans de réclusion criminelle, ce qui correspond aux réquisitions du Parquet général. Les deux accusés mineurs au moment des faits ont été condamnés à douze ans. Les autres peines vont de huit a seize ans de prison. 

Deux acquittements, des insultes, un épilogue violent après six semaines de huis clos

Ce qui a surpris c’est l’un des deux acquittements prononcés : celui d’Ibrahim Camara, 24 ans. Le Parquet général avait requis à son encontre une peine de dix ans de prison. La décision de son acquittement a provoqué la colère dans la salle d’audience, dans le box également et en dehors, dans la salle des pas perdus où des affrontements ont éclaté. La cour a, semble-t-il, tenu compte du comportement d'Ibrahim Camara pendant l'instruction et le procès, il est un des rares à avoir témoigné avec détails.

"Assassin ! Balance! Tu étais là-bas toi aussi !"

Les insultes n'ont pas tardé ce samedi matin parmi les familles des accusés : "assassin", "balance", "tu étais là-bas toi aussi". Plusieurs personnes ont été expulsées de la salle dès l'énoncé des acquittements, l’audience a été suspendue quelques minutes après qu'une bagarre ait éclaté dans le box. Les gendarmes ont dû intervenir à coup de taser pour maîtriser les accusés tentant de sauter par dessus le box. Des insultes ont fusé à l'égard du président de la cour, Jean-Pierre Pradier, et envers l'acquitté Camara, cible de menaces.

Lorsque le président a repris l'énoncé du verdict, des accusés et certains de leurs proches ont de nouveau proféré des insultes. Les protestations se sont poursuivies dans la salle des pas perdus et devant le tribunal, où quatre personnes ont été interpellées. L'une d'entre elles a été placée en garde à vue pour outrage à magistrat. Les autres ont été laissées libres. "On a peut-être plus appris ce samedi en quelques minutes sur cette terrible soirée que pendant un mois et demi de procès", soupirait ce samedi un avocat. Plusieurs avocats ont déjà décidé de faire appel des peines prononcées par la cour d'assises des mineurs de l'Isère.

La peine la plus lourde, 20 ans, a été prononcée à l'encontre d'Ilyes Tafer, 21 ans, accusé d'avoir porté des coups de couteau alors qu'il n'avait reconnu que des coups de poing. Condamné en 2012 pour avoir poignardé un vigile de supermarché, il était sorti de prison treize jours avant la rixe du 28 septembre 2012.

Kevin avait été frappé de huit coups de couteau, dont un mortel au poumon. Sofiane avait été poignardé à 31 reprises, dont neuf fois dans le dos, et frappé au crâne avec un marteau. L'enquête n'était pas parvenue à déterminer avec certitude qui avait porté les coups mortels. Les armes du crime n'ont jamais été retrouvées et seuls deux accusés ont accepté d'enfreindre la loi du silence.

Mohamed Tadbirt, père de Sofiane : "on pensait sincèrement que justice serait rendue"

"La vérité n'a pas été dite. Espérons qu'elle sortira plus tard. Camara a parlé (...). Pour dire autant de choses, on ne peut être que présent. Il a été acquitté et ce n'est pas juste à l'égard de nos enfants qui ont été assassinés, dépecés, lynchés, massacrés", a commenté Mohamed Tadbirt, le père de Sofiane.

Steven Noubissi : "je suis déçu, on nous avait promis la justice"

"Je ne sais pas ce qu'il faut pour qu'un de ces accusés soit condamné à la perpétuité. Aujourd'hui, le message, c'est que vous pouvez tuer, froidement, avec préméditation", a déclaré Steven Noubissi, le frère de Kevin. Il estime avoir vu "lors des violences de ce matin une partie du vrai visage des accusés".

Ronald Gallo, avocat : "mon client sort digne et fier"

Ronald Gallo, avocat de Bérat Karaborklu, l'autre acquitté, a estimé que son client âgé de 22 ans "sort digne et fier" du procès, alors que 10 ans de prison avaient été requis à son encontre. "Lui ne s'est pas abaissé à dénoncer qui que ce soit, comme certains n'ont pas manqué de le faire. Il s'est contenté de dire ce qu'il avait fait, c'est à dire rien. Il a été acquitté de manière juste", a-t-il dit.

Bernard Ripert, avocat d'un accusé : "mon client a été condamné pour meurtre sans avoir porté de coups"

"La cour d'assises de l'Isère a très mal fait. Elle a été influencée, guidée, soumise à la pression de l'opinion publique, peut-être des pouvoirs politiques", a déploré Bernard Ripert, l'avocat des frères Camara. Ibrahim Camara a été acquitté mais son frère Youssef a écopé de 14 années de réclusion. Il a d'ailleurs exprimé son intention de faire immédiatement appel.

Francis Szpiner, avocat des familles des victimes : "on est passés à côté de la vérité"

Me Francis Szpiner, l'avocat des parties civiles, a regretté "que l'on soit passé à côté de la vérité". "Peut-être que les langues se délieront dans un procès en appel". Si tel est le cas, il pourrait bien un jour se tenir à Lyon.

Joëlle Vernay, avocat de deux frères accusés : "ce verdict ne satisfait personne"

 

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