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Faits divers – Justice DOSSIER : Kévin et Sofiane, tués pour un simple regard

Drame d'Échirolles : trois accusés se vantent sur Facebook

mercredi 4 novembre 2015 à 9:13 - Mis à jour le mercredi 4 novembre 2015 à 13:20 Par Virginie Salanson et Denis Souilla, France Bleu Isère et France Bleu

Alors que le procès a été maintenu à huis clos ce mardi, devant la cour d'assises des mineurs de l'Isère, trois des douze accusés du double meurtre de Kévin et Sofiane ont revendiqué leur violence sur Facebook révèle mardi soir le site du Point.

© Maxppp

Grenoble, France

La cour a décidé de restreindre la publicité des débats autour du procès de douze meurtriers présumés de Kevin et Sofiane, lynchés à Échirolles en septembre 2012. Cela risquait, d'après le président, de troubler "l'ordre public". Pourtant, certains des accusés qui ont réclamé le huis clos  se sont auparavant largement exprimé sur les réseaux sociaux avant le procès, sur un profil Facebook public.  

Selon le site du Point, qui révèle l'affaire, trois des douze accusés ont publié de prison, des statuts et des photos sur le réseau social Facebook durant les mois qui ont précédé le procès. Sous les pseudonymes "Moh Kawasaki", "Mantale D'ascié" ou encore "El Chapo Courto", les accusés (dont deux sont frères) posent dans leurs cellules, les visages, identifiables, ne sont pas floutés. L'un fume un joint, l'autre prend la pose dans une piscine gonflable, enfin, un autre fait le "v" de la victoire.

Captures d'écran "Échirolles © DR" www.lepoint.fr - Aucun(e)
Captures d'écran "Échirolles © DR" www.lepoint.fr

_Capture d'écran "Échirolles © DR lepoint.fr _

"Des erreurs ont troublé mon passé, mais je ne regrette rien"

Dans un statut, l'un des meurtriers présumés écrit "des erreurs ont troublé mon passé, mais je ne regrette rien de tout ce que j'ai fait".  Ces statuts, ces photos sont restés en ligne pendant plusieurs mois affirment les familles de Kevin et Sofiane qui ont formellement identifié les accusés des meurtres de leurs fils. Alors que la cour a pris la décision ce lundi de maintenir le huis clos pour protéger les accusés mineurs au moment des faits (deux sur les douze) et "préserver la sérénité des débats", ces publications sonnent comme un affront direct aux familles des victimes. Ces comptes Facebook ont été désactivés à la veille du début du procès et ne sont désormais plus accessibles, mais ce rebondissement pèsera peut-être sur la suite des débats. 

La défense demande des éclaircissements devant la cour, mais plus tard

Ces photos sur Facebook n'ont pas été évoquées formellement dans les débats de ce mercredi, au troisième jour du procès des meurtriers présumés de Kevin et Sofiane. Interrogés sur ces photos parues sur le site de l’hebdomadaire Le Point, Me Joëlle Vernay (ces deux clients feraient partie des trois accusés concernés) a exprimé sa surprise. "Je n'en sais rien du tout,  je suis extrêmement choquée, j'ai pris la parole ce matin pour expliquer au président que le procès se passait dans la salle et ne se passait pas à l’extérieur. L'exploitation de ce qui est dit par médias interposés me choque profondément. J'attends qu'on interroge mes clients pour qu'ils répondent" a déclarée l'avocate grenobloise. Pour expliquer la diffusion de ces clichés, elle précise que cela pourrait très bien être le codétenu de son client qui aurait pu les poster avec les mots qui accompagnent les photos. L'avocate a pu parler avec ses clients ce mercredi sans qu'on sache exactement ce qui pu ressortir de cet entretien dans la geôle du palais de justice.

Me Joëlle Vernay : "ce n'est pas possible que ce soit eux"

Ces photos sur Facebook sont "une défiance" pour les parties civiles

Ces photos sur Facebook, dont on ne connaît pas aujourd'hui avec certitude qui en est l'auteur, quand elles ont été précisément diffusées, ou s'il ne s'agit d'un photo-montage, planent sur ce troisième jour du procès. Même si le sujet n'a pas été évoqué explicitement, les avocats des parties civiles pourraient verser ces éléments au dossier pour engager un débat plus circonstancié. Me Kayana Manivong, qui défend la famille de Sofiane, considère que ces photos "sont du moins une provocation et au pire une défiance vis à vis de la cour". Par ailleurs, l'avocat parisien relève une contradiction dans ces photos : "nous sommes très choqués par les comportements des accusés qui ont réclamé le huis clos alors qu'ils se sont étalés sur Facebook. On ne peut pas demander une chose et avoir son contraire. Nous demandions une audience publique pour éviter ces incidents. (...) Les familles sont très très choquées."

Me K. Manivong : "les accusés ont réclamé le huis clos et sont sur Facebook"