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Faits divers – Justice DOSSIER : Kévin et Sofiane, tués pour un simple regard

Drame d'Échirolles : une longue enquête jusqu'au procès

dimanche 1 novembre 2015 à 18:34 Par Denis Souilla, France Bleu Isère et France Bleu

Le procès des meurtriers présumés de Kevin et Sofiane s'ouvre ce lundi pour six semaines de débats devant la cour d'assises de Grenoble. Ces deux jeunes de 21 ans, victimes d'une vendetta, avaient été tués le 28 septembre 2012 à Échirolles. Douze accusés comparaissent après une longue enquête.

Le palais de justice de Grenoble
Le palais de justice de Grenoble © Radio France - Denis Souilla

Grenoble, France

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Le "mauvais regard", de l'humiliation et de l'expédition punitive. L'après-midi est ponctué de quatre bagarres successives. À l'origine, un "mauvais regard" et une jalousie amoureuse entre Wilfried Noubissi et Abou Cissé, le premier habitait le quartier des Granges à Échirolles, le second le quartier de la Villeneuve à Grenoble, tous deux avaient fréquenté la même jeune fille. À 17h30, une bagarre éclate entre les deux hommes, puis une heure plus tard à un arrêt de tramway, toujours à Échirolles, avec frères et amis. À 19h30, nouvel affrontement, Kevin Noubissi maîtrise le frère d'Abou Cissé qui présente des excuses. À 21 heures, une nouvelle bagarre éclate entre deux groupes : cinq Échirollois contre quinze Grenoblois armés. Kévin, poignardé à huit reprises, meurt dans le parc Maurice-Thorez, son ami Sofiane, blessé de trente-et-un coups de couteaux succombe le lendemain.

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L'émotion du lendemain. Des habitants du quartier des Granges à Échirolles et de la Villeneuve à Grenoble déposent spontanément des bouquets de fleurs dans le parc Maurice-Thorez à Échirolles. Jean-Yves Coquillat, procureur de Grenoble parle d'une "histoire tragique et stupide", celle de "frères et copains qui se mêlent d'une querelle entre deux mineurs". Renzo Sulli, maire d'Échirolles, s'insurge contre la "folie pure", la "barbarie" de certains.

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Le gouvernement au chevet des familles. François Hollande, élu depuis quelques mois, fait le déplacement avec Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, à Échirolles. Le président de la République passe trois quarts d'heure avec les familles Monkam-Noubissoi et Tadbirt. "J'ai exprimé au nom de la France toute entière ma solidarité avec les familles de Kévin et Sofiane (...) Je leur ai affirmé que au nom de la République tout est fait pour appréhender les auteurs de ces crimes odieux", déclare-t-il. Aurélie Monkam-Noubissi revient sur cette rencontre avec le chef de l'État : "je suis plutôt honorée que, dans ma misère et ma douleur, on vienne me dire ces mots", explique-t-elle. Manuel Valls, resté le 2 octobre à Grenoble, annonce des renforts de sécurité à Échirolles et Grenoble, les Granges et la Villeneuve sont classés en Zone de sécurité prioritaire (ZSP).

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La marche blanche. Un défilé contre la non-violence réunit au moins 10 000 personnes entre le lycée Marue-Curie et le parc Maurice-Thorez à Échirolles. En tête du cortège tout de blanc, les familles des victimes et amis portent des portraits de Kevin et Sofiane. Des ballons blancs, lâchers de colombes et discours viennent ponctués la marche. Le matin, un coup de filet dans le quartier grenoblois de la Villeneuve permet l'interpellation de neuf personnes, un suspect se présente également au commissariat de Grenoble. Dix personnes sont en garde à vue.

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Les obsèques à la mosquée d'Échirolles. Après autopsie, Kevin et Sofiane sont rapidement inhumés. À 14 heures, la mosquée d'Échirolles est bondée, 1500 personnes sont présentes pour écouter les paroles de l'imam très ému : "dans notre société, la vie humaine n'a plus de valeur (...) faisons tous ensemble que les décès de Kevin et Sofiane soient la cause du changement, peut être que cela apaisera le chagrin de leur parents". Dans le même temps, après les gardes à vue de la veille, une information judiciaire est ouverte, neuf personnes sont mises en examen pour "assassinat" et placées en détention provisoire.

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Deux nouveaux suspects écroués. Deux militaires se rendent à la police, soupçonnés d'avoir donné des coups de couteau à Kevin et Sofiane. Très vite, ils sont présentés à un juge d'instruction qui les met en examen pour "assassinat" et les place en détention provisoire.

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Les louanges et les sourates. Une veillée œcuménique réunit les familles des victimes à la salle des fêtes d'Échirolles à 18 heures. Cette cérémonie très spirituelle est rythmée de gospel, louanges et sourates. Aurélie Monkam est protestante évangélique, son fils Kévin s'était convertit à l'Islam, Sofiane était musulman. La cérémonie se tient une semaine après la rixe du parc Maurice-Thorez.

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Nouvelles interpellations. Quelques mois plus tard, l'enquête rebondit avec une série de neuf interpellations, deux personnes sont rapidement mises en examen et écrouées. Après quelques jours, un homme se présente de lui-même à la police, il sera écroué le lendemain. Il est le troisième suspect dans l'enquête à se rendre se sachant recherché. Le 13 février, au total, treize personnes sont mises en examen pour "assassinat", douze sont écrouées.

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De nouveaux suspects. Quatre hommes sont interpellés, les enquêteurs pensent qu'ils pouvaient être présents au moment des faits. Après avoir été entendus, trois sont relâchés, un est écroué et mis en examen. Le 19 novembre, un autre homme est interpellé dans le quartier du Village olympique sur dénonciation, après les quatre précédentes arrestations de novembre.

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La reconstitution, tout un quartier bouclé. Elle va durer douze heures dès le 3 avril à 19 heures. Le quartier des Granges puis la Villeneuve de Grenoble sont quadrillés par 300 CRS, policiers et gendarmes. Les magistrats enquêteurs amènent les treize mis en examen sur les lieux des bagarres et du lynchage. Cette reconstitution ravive des mauvais souvenirs et l'émotion pour certains habitants des quartiers.

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"Homicide involontaire". Le 1er août, le Parquet demande le renvoi de treize personnes devant la cour d'assises de l'Isère non pas pour "assassinat" mais pour "homicide volontaire". Le nouveau chef d'accusation ne suggère plus la préméditation, circonstance aggravante, mais garde la volonté de tuer lors de la rixe du 28 septembre 2012. La question des responsabilités de chacun reste épineuse dans le dossier, face aux négations des prévenus. Qui était à Maurice-Thorez ? Quelles armes en main ? Jusqu'à la fin de la bagarre ? L'instruction s'achève le 28 août, treize personnes sont renvoyées devant les assises. Des avocats font appel.

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Douze prévenus mis en accusation. Après les appels de la défense, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Grenoble confirme le chef d'accusation d'"homicide volontaire" pour douze hommes. Un treizième bénéficie d'un non-lieu.

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L'éventualité du huis clos. La chambre criminelle de la cour de cassation rejettent les pourvois de certains prévenus. Le début du procès est confirmé pour le 2 novembre. Six semaines de débats sont prévues jusqu'au 11 décembre. Durant l'été 2015, la salle d'audience a été aménagée avec une partie vitrée permettant la comparution des douze accusés. Deux d'entre eux étant mineurs au moment des faits, c'est donc la cour d'assises des mineurs qui doit juger l'affaire. Les débats pourraient donc être menés à huis clos, totalement ou partiellement.

Grenoble et Échirolles, en Isère. - Radio France
Grenoble et Échirolles, en Isère. © Radio France - Denis Souilla