Faits divers – Justice

Drame de la salle Poirel à Nancy: enfin un procès !

Par Roxane Delaby, France Bleu Sud Lorraine vendredi 29 janvier 2016 à 20:07

Lla salle Poirel à Nancy
Lla salle Poirel à Nancy © Maxppp - Maxppp

Les faits remontent au 9 décembre 2007, Raymonde Furlan, une retraitée nancéienne de 66 ans, meurt écrasée par la chute d'une porte de la salle Poirel à Nancy. Neuf ans après, le procès à eu lieu ce vendredi à Nancy.

Le drame s'est déroulé le 9 décembre 2007, ce jour là Raymonde et Angelo Furlan visitent une exposition dans la galerie Poirel à Nancy. A la sortie le couple éprouve des difficultés à ouvrir la très grande porte de l'établissement qui finit par tomber sur Raymonde, provoquant la mort quasi immédiate de la retraitée. Neuf ans plus tard, après une procédure exceptionnellement longue,  quatre prévenus comparaissent ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Nancy pour homicide involontaire.    

Sur le banc des accusés l'entreprise Moret et son gérant Daniel Moret. C'est lui qui est intervenu sur la porte incriminée lors des travaux de réfection de la salle Poirel qui ont eu lieu entre 1997 et 1998.  A ses côtés l'entreprise Pertuy, qui était en charge du chantier, l'architecte Vincent Brossy. Mais aussi la commune de Nancy, car une quinzaine de jours avant l’accident, un technicien de ses services avait dû effectuer une réparation de fortune sur la porte suite à un premier incident. Il avait ensuite signalé, à sa hiérarchie qu’il était « urgent » de vérifier toutes les portes de la salle… Mais rien n’a été fait.  

Angelo et Fabio Furlan, le mari et le fils de Raymonde sont dans la salle. Après 9 ans d'une attente interminable ils espèrent pouvoir enfin faire leur deuil.  Ils ne demandent pas de sanctions lourdes, ni de dédommagement financier mais souhaitent simplement que les responsabilités de chacun soit établies.  

Ça dure depuis trop longtemps ... On a souhaité être présent pour pouvoir s'exprimer et mettre des visages sur les coupables. On n'avait jamais vu personne, c'est important. On voit que certains ont des remords, notamment monsieur Moret qui est très marqué par cette affaire. Ça fait du bien de l'entendre."

Il y pense toutes les semaines, pour Daniel Moret il y a eu un avant et un après l'accident. C'est lui qui a fabriqué et installé  la porte  qui a causée le drame. Aujourd'hui il affirme être  beaucoup plus vigilent dans son travail et assume sa part de responsabilité.  Mais pour son avocat, maître Dubois il ne doit pas porter seul toute la culpabilité.   

J'attends que le menuisier (Mr Moret) ne soit pas le lampiste et que chacun prenne ses responsabilités. En tout cas mon client prend les siennes." 

Définir le degrés de responsabilité de chacun, c'est tout l'enjeu de ce procès. Maître Behr, qui défend les intérêts de la ville de Nancy, évoque un cumul d'erreurs de la part de tous les prévenus. Si la ville en assume une part,  selon lui elle  n'a commis que des erreurs secondaires . 

Les causes primaires : c'est évidemment le défaut de montage de cette porte qui de toute façon se serait effondrée à un moment ou à un autre. Il y a de nombreux facteurs qui ont concouru à cet accident, parmi eux les erreurs d'appréciations qui ont été commises par des agents de la ville." 

Le parquet a requis des amendes de 50 000 euros pour la ville de Nancy et  pour l'entreprise Pertuy, 25 000 euros pour la société Moret et 5000 euros pour la personne de Daniel Moret ainsi que pour l'architecte Vincent Brossy. En plus des amendes  la ville de Nancy et l'entreprise Pertuy devront à leurs frais publier le  jugement dans la presse. Le jugement sera rendu  le 4 mars prochain.