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Drancy : agression sexuelle et accusations de viol à la clinique du Bois d'Amour

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris, France Bleu

La CGT alerte sur plusieurs plaintes déposées ces dernières années par des aide-soignantes de la clinique du Bois d'Amour, à Drancy, en Seine-Saint-Denis. La dernière remonte au mois de juillet : une salariée affirme avoir été agressée sexuellement sur son lieu de travail.

Tribunal de Bobigny, image d'illustration
Tribunal de Bobigny, image d'illustration © Radio France - Hajera Mohammad

Que se passe-t-il à la clinique du Bois d'Amour de Drancy en Seine-Saint-Denis ? Selon les informations de France Bleu Paris, une aide-soignante a porté plainte le 15 juillet dernier pour "agression sexuelle, tentative d'étranglement et violences caractérisées"

Des plaintes pour agression sexuelle et viols

Les faits se sont déroulés en plein jour, "entre 12h et 13h" , "dans le sous-sol de la clinique", selon la CGT de Drancy qui a lancé l'alerte. D'après le syndicat, c'est un salarié d'une entreprise prestataire, spécialisée dans la restauration, qui aurait attaqué l'aide-soignante. Le parquet de Bobigny confirme qu'une enquête pour "agression sexuelle" a été ouverte et que le mis en cause sera convoqué devant le tribunal le 14 mai 2021. 

Un infirmier mis en cause

Le syndicat explique que ce n'est pas la première fois qu'une aide-soignante est agressée au sein de l'établissement. Le 9 avril 2019, l'une d'entre elle a porté plainte pour viol contre un infirmer diplômé d'État, alors référent de nuit dans la clinique. D'après le parquet de Bobigny, cet homme a été arrêté le jour même, mis en examen pour viol et placé en détention provisoire. Il a finalement été relâché et "placé sous contrôle judiciaire le 27 décembre 2019", en attendant la fin de l'instruction et un éventuel procès.

"Le silence est d'or dans la clinique"

Mais le plus troublant, d'après le syndicat, c'est ce que cet infirmier avait déjà été visé par une enquête en mai 2015. Une aide-soignante vacataire, l'avait également accusé de viol commis dans la clinique. Faute de preuves suffisantes, sa plainte a été classée sans suite.

Pour Henri Tamar, représentant de la CGT Drancy, la direction de la clinique "a voulu étouffer l'affaire", "on minimise les faits". D'après lui, plusieurs salariées se plaignent de ne pas avoir été soutenues par la hiérarchie

L'infirmier licencié en juin 2019

Contactée par France Bleu Paris, la directrice de l'établissement n'a pas répondu à nos appels. En revanche, le service communication du groupe Ramsay Santé dont dépend cette clinique nous a répondu. Il confirme que c'est le même infirmier qui était mis en cause en 2015. Comme la première plainte a été classée, "la présomption d'innocence s'est imposée d'autant que nous n'avions jamais eu de remontée d'information négative sur cette personne". L'homme a été élu, un mois et demi après, au comité d'entreprise.

Après la seconde plainte, en avril 2019, il a été mis à pied le jour même des faits et une procédure de licenciement a été engagée "mais dans la mesure où l'infirmier était protégé par son statut de membre du CE, la procédure a pris un peu de temps car il fallait obtenir l'autorisation de l'inspecteur du travail", précise le groupe. Son licenciement a été notifié le 18 juin 2019. Enfin, concernant l'agression sexuelle commise en juillet dernier, l'agresseur présumé a été licencié les jours qui ont suivi par son employeur.

Enquête interne en 2019

Enfin, dans sa réponse, le groupe rappelle qu'un audit a été réalisé en mai 2019 auprès d'une trentaine de salariés. D'après les conclusions retenues, "les conditions de travail au sein de la clinique ne représentent pas un risque grave pour la santé des personnels". Des recommandations sur "la communication, la formation ou la gestion des conflits" ont néanmoins étaient formulées et un "plan d'action" a été mis en oeuvre en ce sens par la clinique à partir de septembre 2019. 

Pourtant, c'est un tout autre son de cloche qui résonne à la CGT : _"Rien n'a été fait pour accompagner les employés, aucun travail de prévention sur les violences faites aux femmes dans l'entreprise"_, déplore Henri Tamar. Pour le syndicaliste, "il y a vraiment un problème dans cette clinique, ce n'est pas normal d'en arrive à une telle situation". La CGT Drancy a décidé elle aussi de "porter plainte en partie civile".

Droit de réponse de la clinique

Suite à la publication de notre article, la clinique du Bois d'Amour, a finalement demandé à France Bleu Paris, ce vendredi 4 septembre, un droit de réponse aux allégations portées par la CGT. L'établissement affirme que l'aide-soignante agressée en juillet dernier "a porté plainte sur les conseils de la direction" et que cette dernière a "accompagné cette jeune femme en l'aidant à porter plainte et en lui apportant un soutien psychologique nécessaire après une telle agression". "Contrairement à ce que colporte la CGT, cette jeune femme n'a pas été violentée et étranglée. Il s'agissait de gestes déplacés qui ont été immédiatement sanctionnés car inacceptables"

La clinique rappelle que l'infirmier mise en cause a été visé par une enquête en 2015 et qu'elle a abouti à un classement sans suite de la plainte déposée à l'époque. "Très apprécié du personnel de la clinique, il avait été élu au comité d'entreprise par ses collègues quelques mois plus tard et n'avait pas fait parler de lui depuis". Enfin, "un plan d'actions a été mis en oeuvre par la clinique à partir de septembre 2019 avec un suivi dans le temps". 

"Ce plan est toujours en cours. Certaines formations ont été retardées du fait de la situation épidémique nationale, mais elles sont bien prévues". Les conclusions de l'enquête menée en 2019 par un cabinet agrée par l'inspection du travail et le plan d'action "ont été partagés en plénière avec l'ensemble du personnels et leurs instances représentatives".

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