Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Drogue à Grenoble : "les réponses ne sont pas que policières et judiciaires" pour le procureur de la République

jeudi 27 juillet 2017 à 16:02 Par Julien Morin, France Bleu Isère

Grenoble "gangrenée par le trafic de drogue". La sortie du procureur de la République de Grenoble cette semaine fait parler. Lui estime que ses propos ne sont en rien choquant, que c'est une réalité depuis plusieurs années. Il invite les politiques à se saisir de la question du trafic.

Jean-Yves Coquillat, le procureur de la République de Grenoble
Jean-Yves Coquillat, le procureur de la République de Grenoble © Maxppp -

Grenoble, France

Interrogé en début de semaine par Le Dauphiné Libéré sur les récentes fusillades à Grenoble et dans son agglomération, le procureur de la République Jean-Yves Coquillat répondait que "le trafic de drogue (...) n'épargne aucun quartier", que c'est une "réalité quotidienne" des habitants. Plus fort encore, il ajoutait que la "ville est gangrenée" par ce trafic, et que "ce n'est pas une nouveauté". Auparavant en poste à Lyon, Mâcon, Mulhouse, Besançon ou Clermont-Ferrand, Jean-Yves Coquillat précise qu'il n'a "jamais vu une ville de cette taille aussi pourrie par le trafic de drogue". Des propos relayés depuis plusieurs jours par de nombreux médias. Invité à réagir sur l'ampleur prise par ses propos, il précise que tout cela n'est "pas un coup d'éclat, ni un coup de gueule comme certains pourraient le penser. C'est une simple constatation, une réalité quotidienne et constante. C'est un problème qui dure depuis plusieurs années et qui durera probablement encore longtemps."

"Il y a des problèmes qui ne sont pas abordés dans ce pays, ou qu'on ne veut pas aborder" - Jean-Yves Coquillat, procureur de la République de Grenoble

La "généralisation des points de vente", des "règlements de compte entre gangs pour le contrôle de territoire", des situations auxquelles "les habitants de plusieurs quartiers de Grenoble sont excédés". Maintenant face à ce problème qui est connu de tous, difficile pour les services de police ou de la justice d'agir. "Quand on voit quelqu'un assis sur une chaise avec un talkie walkie dans la main dans ces quartiers on sait très bien que c'est un guetteur, précise Jean-Yves Coquillat. Pour autant il n'y a pas un texte dans le Code pénal qui dise 'il est interdit de s'asseoir dans la rue sur une chaise avec un talkie-walkie'". Même si l'apparence trompe rarement dans ces cas, elle ne fait pas force de preuve tangible pour procéder à une interpellation. Le problème est plus profond et dépasse le cadre de la police et de la justice analyse le procureur.

"Quant on a à faire à un problème sociétal et politique, c'est à la société de s'interroger" - Jean-Yves Coquillat, procureur de la République de Grenoble

Pas un coup de gueule, mais un ras-le-bol du procureur ? "Je ne suis pas le législateur, je me contente d'appliquer les lois de la République, dit Jean Yves Coquillat. Mais quand vous appliquez des lois depuis plus de 40 ans et que ça ne fonctionne pas vous êtes bien obligés de le constater." Quand aux solutions ? "C'est aux politiques d'y répondre. Ce n'est pas moi qui fait les lois, les députés le font très bien, en principe, et la société se doit d'avoir les débats que les problèmes suscitent. On peut également regarder ce qu'il se passe à l'étranger". Il ajoute : "ce qui me parait grave c'est de refuser de regarder la réalité et d'y apporter des réponses qui fonctionnent."