Faits divers – Justice

Drôme : une fausse alerte à la bombe examinée au tribunal

Par Nathalie Rodrigues, France Bleu Drôme-Ardèche vendredi 16 décembre 2016 à 20:40

Le Palais de Justice de Valence (Drôme)
Le Palais de Justice de Valence (Drôme) © Radio France - Stéphane Milhomme

Mi-décembre 2012, l'entreprise Haupt Pharma à Livron-sur-Drôme avait dû être évacuée, de gros moyens déployés autour de ce fabricant de médicaments. Il venait de recevoir un appel anonyme, une alerte à la bombe. Une salariée, soupçonnée d'en être l'auteur, comparaissait au tribunal ce vendredi.

Le 15 décembre 2012, un vigile de l'entreprise Haupt Pharma à Livron-sur-Drôme reçoit un appel en numéro masqué, une dizaine de secondes : "il y a une bombe dans l'usine, il y a une bombe dans l'usine". La procédure de sécurité se met en place, les salariés sont évacués, la nationale 7 coupée, un périmètre de sécurité mis en place, des démineurs arrivent par hélicoptère. Aucune bombe n'est retrouvée.

Une salariée, qui travaille depuis 17 ans dans l'entreprise, soupçonnée

Les enquêteurs identifient le téléphone d'une salariée comme étant celui avec lequel aurait été émis l'appel malveillant. Il s'agit d'une femme de 45 ans, salariée de Haupt Pharma depuis 17 ans. Elle comparaissait devant le tribunal correctionnel de Valence ce vendredi. Elle ne nie pas avoir appelé son entreprise ce matin là, mais explique avoir juste fait une fausse manipulation sur l'écran tactile de son portable, et avoir raccroché rapidement en réalisant son erreur, sans rien dire. Elle nie donc être l'auteur de l'alerte à la bombe.

"Il ne s'agit que d'un litige prud'homal" pour son avocat

Pour l'avocat de la salariée, le dossier ne tient pas. Le Parquet l'avait une première fois classé sans suite. Mais la salariée a été virée, Haupt Pharma condamné aux Prudhommes pour licenciement sans faute. L'entreprise ouvre une nouvelle procédure judiciaire pour essayer d'obtenir la condamnation de son ancienne salariée et avoir des arguments en appel aux Prudhommes. Voilà le fond de l'affaire pour Maître Flaud qui demande la relaxe de sa cliente.

Le parquet requiert 2000 euros d'amende, et l'entreprise, 10 000 euros de dédommagement. La décision sera rendue le 27 janvier.