Faits divers – Justice

DSK visé par une nouvelle enquête judiciaire pour escroquerie

Par Julien Baldacchino, France Bleu vendredi 16 octobre 2015 à 8:51

Dominique Strauss-Kahn a dirigé LSK pendant un an, entre 2013 et 2014
Dominique Strauss-Kahn a dirigé LSK pendant un an, entre 2013 et 2014 © Maxppp

Le parquet de Paris a ouvert fin juillet une enquête préliminaire pour escroquerie et abus de biens sociaux, vous révèle ce vendredi le pôle investigation de Radio France. Cette enquête vise notamment Dominique Strauss-Kahn, en tant que président entre 2013 et 2014 du groupe financier LSK.

Après les affaires du Sofitel de New-York et du Carlton de Lille, c'est cette fois une affaire d'escroquerie qui impliquerait Dominique Strauss-Kahn. Selon les informations que vous révèlent ce vendredi France Bleu et le pôle investigation de Radio France, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris pour escroquerie, impliquant notamment DSK en tant que dirigeant, entre octobre 2013 et octobre 2014.

L'enquête concerne un groupe de placements luxembourgeois, LSK, dont Dominique Strauss-Kahn a été président entre octobre 2013 et octobre 2014, et qui a depuis fait faillite. Les investigations ont été lancées après la plainte d'un homme d'affaires français, Jean-François Ott, qui a perdu les 500.000 euros qu'il avait investis dans le groupe. Une deuxième plainte a ensuite été déposée par un banquier macédonien.

Une filiale qui rachète ses propres actions

Le groupe LSK, créé par l'homme d'affaires Thierry Leyne, affichait déjà une perte de 13 millions d'euros à l'été 2013, avant l'arrivée de DSK à la tête de l'entreprise. Ce groupe s'appuyait sur un important réseau de filiales, dont l'une, nommée Assya, qui gérait 500 portefeuilles à Luxembourg : les clients lui confiaient de l'argent en espérant que celle-ci investisse dans de bons placements pour faire fructifier cet investissement. Or Assya est soupçonnée d'avoir acheté ses propres actions – ce qui dépassait son mandat de gestion – pour faire gonfler sa valeur boursière. 

Le cabinet Ernst&Young a été le premier à tirer la sonnette d'alarme à l'automne 2013, abandonnant son mandat de commissaire aux comptes faute de pouvoir attester que les bilans qui lui étaient présentés faisaient état de la valeur réelle des filiales de LSK. Assya est ensuite soumise à deux contrôles de la Commission de surveillance du secteur bancaire luxembourgeois.

DSK est-il responsable ?

C'est une assignation en justice d'un assureur suisse, "La Bâloise Vie", qui révèle la supercherie : la compagnie demande à LSK le remboursement de deux millions d'euros qu'elle avait investis dans un fonds créé à l'initiative de DSK. Mais LSK ne peut pas rembourser : sa liquidation est prononcée le 17 novembre... et avec elle disparaissent cent millions d'euros qu'avaient investi 156 créanciers. Le 20 octobre 2014, DSK démissionne. Trois jours plus tard, Thierry Leyne se suicide. 

Les enquêteurs vont donc tenter de déterminer comment ces 100 millions d'euros ont été dilapidés. Et ils doivent également tenter de trouver le rôle joué par DSK dans cette affaire : était-il au courant des fraudes des filiales de LSK ? Selon son avocat, il est lui-même victime : sa signature aurait été imitée sur des procès-verbaux de conseils d'administration.

VIDEO | Le making-of de l'enquête