Faits divers – Justice

Écoutes : appels suspects de Nicolas Sarkozy au patron du contre-espionnage

Par Marina Cabiten, France Bleu jeudi 3 avril 2014 à 12:56

Nicolas Sarkozy et l'ancien leader lybien Mouammar Khadafi, à Paris en 2007
Nicolas Sarkozy et l'ancien leader lybien Mouammar Khadafi, à Paris en 2007 © MaxPPP

Nouvelles révélations dans l'affaire des écoutes judiciaires visant Nicolas Sarkozy. Selon le journal Le Monde jeudi, l'ancien président aurait appelé le patron du contre-espionnage français pour se renseigner sur l'enquête au sujet d'un éventuel financement lybien de sa campagne présidentielle de 2007.

L'affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy par la justice prend jeudi encore un peu plus d'ampleur, avec les révélations du journal Le Monde. Le quotidien affirme que Patrick Calvar, patron de la DCRI (c'est-à-dire du contre-espionnage), a reçu des appels de l'ancien président. Nicolas Sarkozy aurait cherché à savoir où en était l'enquête sur un éventuel financement de sa campagne présidentielle de 2007 par la Lybie de Mouammar Kadhafi.

Un témoin très spécial

Patrick Calvar a été selon Le Monde interrogé comme témoin, vendredi 28 mars, par les juges d'instruction en charge de l'affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy. Le patron du contre-espionnage aurait à cette occasion confirmé aux juges que l'ancien chef d'État lui a téléphoné deux fois, en juin 2013 et janvier 2014. Motif de cet appel selon Mr. Calvar : vérifier si la DCRI enquêtait sur les soupçons de financements occultes de sa première campagne présidentielle.

Nicolas Sarkozy inquiet

Toujours selon Le Monde, l'ancien président se serait montré inquiet au cours d'une de ces conversations captées par les enquêteurs. Sa préoccupation : une éventuelle audition de Moftah Missouri, ancien interprète de Mouammar Kadhafi. Patrick Calvar aurait également confirmé avoir été appelé par Michel Gaudin, ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, sur le même sujet de conversation. Patrick Calvar aurait dit aux juges qu'il n'avait rien révélé aux deux hommes. Interrogé par les magistrats sur l'existence d'une telle enquête, le patron du contre-espionnage leur aurait opposé le "secret défense".

Un réseau d'informateurs ?

Ces nouvelles révélations apportent un volet supplémentaire à l'affaire des écoutes judiciaires de Nicolas Sarkozy. Des écoutes qui impliquaient déjà un haut magistrat de la Cour de cassation, et qui ont déclenché l'ouverture d'une information judiciaire pour "trafic d'influence" et "violation du secret de l'instruction", en marge de l'affaire Bettencourt. Aujourd'hui, les juges d'instruction s'orientent vers un véritable réseau d'informateurs dont Nicolas Sarkozy disposerait dans l'appareil d'État. Pour illustrer ce point, Le Monde rapporte une conversation entre Michel Gaudin et Nicolas Sarkozy suite à leurs coups de fil infructueux à Patrick Calvar. Une conversation dans laquelle l'ancien directeur de cabinet rassure l'ancien président, "en évoquant d'autres sources potentielles d'information".

Lors de sa première réaction depuis le début de cette enquête pour "trafic d'influence" qui le vise, Nicolas Sarkozy avait comparé ces écoutes aux activités de la Stasi, provoquant de vives critiques à gauche.

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