Faits divers – Justice

Educateur tué à Nantes : le procès débute ce jeudi, la mère qui a échappé à la mort témoigne

Par Pascale Boucherie, France Bleu Loire Océan et France Bleu mercredi 13 septembre 2017 à 18:00 Mis à jour le mercredi 13 septembre 2017 à 20:49

Géraldine Pallier a été poignardée à quatre reprises au niveau de la poitrine et du dos.
Géraldine Pallier a été poignardée à quatre reprises au niveau de la poitrine et du dos. © Radio France - Pascale Boucherie

19 mars 2015. Jacques, un éducateur chargé d'encadrer une visite entre un père et sa petite fille s'interpose dans une bagarre survenue entre le père et la mère. Il meurt poignardé en voulant protéger la mère. Celle-ci témoigne de sa reconnaissance à quelques heures de l'ouverture du procès.

C'est un drame qui a ému tout un quartier, l'Ile de Nantes, toute une profession celle des éducateurs. Et bien au-delà encore.

Les faits remontent au 19 mars 2015. Jacques, un éducateur chargé d'assurer une visite médiatisée entre un père et sa petite fille, Maya, dans les bureaux du Service Social de Protection de l'Enfance rue de la Tour d'Auvergne à Nantes, est mort poignardé en voulant protéger la mère. Aujourd'hui celle-ci témoigne de sa reconnaissance envers l'homme qui lui a sauvé la vie. Géraldine Pallier, 40 ans, sera présente au procès d'assises qui débute ce jeudi.

Ce jour-là Jacques a donné sa vie pour moi. Il s'est interposé. Moi je vois mes enfants grandir, mais ses enfants et sa femme ne voient plus Jacques. Je culpabilise beaucoup."

Agresseur ceinturé par deux clients d'un bar voisin

Après la bagarre avec l'éducateur dans le bâtiment de la Tour d'Auvergne le père a poursuivi la mère dans la rue. Géraldine Pallier a reçu quatre coups de couteau dans le haut du corps. Elle s'en est sortie miraculeusement, grâce à l'intervention de deux clients attablés en terrasse qui ont ceinturé l'agresseur.

Je me rappelle juste du premier coup de couteau, après c'est le trou noir. Quand j'ai rouvert les yeux j'étais par terre, je voyais mon sang qui coulait."

Le procès du père doit durer sept jours. Placé en détention depuis les faits, cet homme aujourd'hui âgé de 36 ans devra répondre d'assassinat, de tentative d'assassinat mais aussi de menaces de morts réitérées sur sa concubine et de violences volontaires avec arme car au moment des faits Géraldine était accompagnée par une amie, elle aussi partie civile dans ce dossier.