Faits divers – Justice

INFO FRANCE BLEU | Effraction de la permanence de Jean-Louis Gagnaire : 16 policiers blessés et débordés

Par France Bleu Saint-Étienne Loire, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu samedi 14 mai 2016 à 18:05

16 policiers blessés et débordés autour de la permanence de Jean-Louis Gagnaire
16 policiers blessés et débordés autour de la permanence de Jean-Louis Gagnaire © Maxppp - Maxppp

Jeudi dernier, quatre manifestants contre la Loi Travail ont pénétré dans la permanence du député Jean-Louis Gagnaire. Les policiers, en sous-effectif, ont été débordés par la situation. Bilan : 16 blessés.

Jeudi dernier, en marge de la manifestation contre la Loi Travail, quatre personnes cagoulées sont entrées par effraction dans la permanence du député socialiste Jean-Louis Gagnaire. La serrure de porte a été forcée. Ils ont déployé une banderole par la fenêtre. Les bureaux n'ont pas été dégradés.

Six policiers de la BAC se trouvaient dans la cour du bâtiment, ils les ont interpellés. Les policiers parlent d'un mouvement de foule dans le hall de l'immeuble qui a contraint les agents de la BAC à relâcher les individus.  Noëlle Deraime, la Directrice Départementale de la Sécurité Publique de la Loire explique que les policiers de la Bac ont été "molestés", l'un d'eux a reçu un coup de poing au visage. Ils ont entre 1 et 5 jours d'ITT ( Interruption Temporaire de Travail). Un policier de la BSR, la Brigade de Sécurité Routière, a reçu un pétard sur les jambes. Il a été brûlé au premier degré, au niveau des genoux. Au total, 16 policiers, soit la quasi totalité de l'effectif sur place, ont été blessés.

Pas assez nombreux

Les policiers n'étaient pas assez nombreux pour contenir ceux qui demandaient de relâcher les quatre manifestants. Ils les ont laissé partir après les avoir contrôlés. Selon le Préfet de la Loire Evence Richard,  à ce moment là les policiers n'ont pas utilisé "de gaz lacrymogènes" ou "de grenades" pour ne "pas attiser le mouvement de foule".

L'ensemble des effectifs départementaux disponibles étaient mobilisés ce jeudi 12 mai. À Saint-Étienne,  Thierry Braillard, le secrétaire d'État au sport était en visite ministérielle,  un concert était organisé place Jean-Jaurès pour le 40ème anniversaire de la finale de Glasgow et la manifestation contre la loi travail était aussi organisée en fin de journée.

Une quinzaine de policiers étaient déployés autour  de la permanence de Jean-Louis Gagnaire. Ce n'était pas assez pour Fabrice Galatioto le secrétaire départemental UNITE SGP police FO dans la Loire :

" Mes collègues devaient être entre 15 et 20 sur place, ce qui est déjà peu vue la foule présente. A savoir 300 à 400 manifestants. Au moment où ces quatre individus ont été interpellés,  il y a eu un mouvement de foule. Ces gens là s'en sont pris à mes collègues, en les frappant clairement. Le seul rempart qu'avaient mes collègues, c'est leur bouclier mais malgré ces boucliers, ils ont été nombreux à recevoir des coups, plus d'une quinzaine. Et quand je dis qu'ils n'ont pas pu se défendre correctement, c'est que nous, on aurait souhaité qu'ils puissent utiliser des moyens intermédiaires de défense: des grenades, des gaz lacrymogènes. Le maintien de l'ordre est une activité particulière dans la police, c'est soumis à des instructions précises et ils n'ont pas eu l'instruction de les utiliser. On est clairement en sous effectif. Lorsqu'il y a des manifestations, il faut absolument que l'on fasse renfort à des effectifs extérieurs donc souvent des CRS et sur ce cas précis et sur cette manifestation il n'y avait pas de CRS, il n'y avait que mes collègues de la section d'intervention, de la BAC, de la BSR. Ils se sont sentis complétement débordés face à cette foule et je pense que peut-être qu'à un moment il aurait fallu peut-être réorienter les effectifs qui étaient à d'autres endroits sur la circonscription sur cette manifestation pour venir en aide à mes collègues".

Fabrice Galatioto, Le secrétaire départemental UNITE SGP police FO dans la loire

Pour le Préfet de la Loire, les échauffourées entre manifestants et policiers auraient pu être  plus graves si les policiers avaient utilisé les gaz lacrymogènes sur les manifestants.

" L'ordre qui a été donné n'a pas été de ne pas utiliser un certain nombre de moyens, l'ordre qui a été donné était de relâcher les personnes interpellées de façon à faire retomber la pression et l'agitation. Il était à craindre qu'un  usage de moyens ne fasse qu'exciter la foule et n'entraîne plus de trouble et de désordre et des débordements encore plus graves. Saint-Étienne certes s'inscrit dans ces débordements qui ont été constatés mais avec des proportions moindres que ce qui a été constaté malheureusement dans d'autres grandes villes où les blessures occasionnées aux policiers ont été bien plus élevés et les dommages considérables."

Evence Richard, le préfet de la Loire

Jean-Louis Gagnaire, député socialiste de la Loire va porter plainte jeudi pour l'effraction de sa permanence parlementaire et se constituer partie civile.

Deux manifestations contre la loi travail sont prévues mardi 17 et jeudi 19 mai.