Faits divers – Justice

Dix ans de prison pour avoir tenté d'assassiner son amante

Par Suzanne Shojaei, France Bleu Roussillon et France Bleu mercredi 25 janvier 2017 à 20:30

L'accusée, condamnée à dix ans de prison ferme, peut encore faire appel.
L'accusée, condamnée à dix ans de prison ferme, peut encore faire appel. © Radio France - Suzanne Shojaei

Une habitante de Vernet-les-Bains a été condamnée mercredi soir à dix ans de prison ferme pour avoir tenté d'assassiner son amante en 2014.

"Culpabilité, oui." Le verdict est prononcé pour Marie-José, 55 ans. Dix ans de prison pour cette habitante de Vernet-les-Bains, dans les Pyrénées-Orientales, qui était jugée depuis lundi pour avoir tenté d'assassiner Sylvie, son amante. L'avocate générale avait requis huit ans de prison.

Durant les trois jours de procès, il a fallu faire un bond en arrière, revenir en 2014. À l'époque, c'est l'apogée de la relation amoureuse qu'entretiennent les deux femmes. Marie-José est bipolaire, elle vit quelque temps chez Sylvie, famille d'accueil à l'époque. Une relation intime s'installe peu à peu, alors que Sylvie vit avec son mari et ses deux enfants.

Dix coups de couteau

Cette relation met le désordre dans la famille de Sylvie, qui préfère calmer le jeu avec Marie-José. Cette dernière ne le supporte pas et passe à l'acte une nuit d'avril 2014. Les deux femmes sont voisines, alors vers 4 heures du matin elle demande à Sylvie de lui apporter un médicament.

Lorsque Sylvie arrive, Marie-José ferme la porte à clé, lui pose quelques questions puis tente deux fois de l'étrangler, lui assène dix coups de couteau, avant de lui fracasser le crâne contre le sol. Le mari de Sylvie, alerté par les cris, arrive à temps. Sylvie s'en sort blessée, mais vivante.

La personnalité de Marie-José, c'est le plus compliqué à décrire. Celle qui a toujours eu "une vie de prisonnière", selon ses avocats, est considérée comme instable, voire manipulatrice. Elle entretient une relation fusionnelle avec sa mère. À son décès, Marie-José tombe en grande dépression, ce qui ne fait qu'aggraver sa maladie. "C'est une part sombre de sa personne, remarque l'avocate générale. Entrer dans les familles, s'incruster et finir par prendre toute la place."

"Une personne pas comme vous et moi" - les avocats de la défense

"C'est un enfant!, s'exclament les avocats de la défense. Elle a une intelligence faible. Le chaos émotionnel qu'elle vivait à cette période, lorsque Sylvie tentait de prendre ses distances, était ingérable pour elle." La cour a reconnu une "altération du discernement" au moment des faits, autrement dit, un acte de folie.

Pour les avocats de la défense, l'histoire de Marie-José est celle d'une personne "pas normale. Une personne pas comme vous et moi. Il faut le comprendre."

Dix ans de prison, "c'est ce que j'attendais", reconnait Sylvie dans un soupir de soulagement. "J'espère qu'elle ne va pas récidiver plus tard parce que quand même, j'ai failli mourir. Enfin, je vais pouvoir souffler!"

"Maintenant je vais tourner la page" - Sylvie, la victime

L'accusée a dix jours pour faire appel.