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Faits divers – Justice

Une ancienne gérante de taxi en Lorraine marche jusqu’à Paris pour réclamer justice

lundi 7 mai 2018 à 17:12 Par Mohand Chibani, France Bleu Sud Lorraine

Isabelle Berbé gérait une société de taxis à Neuves-Maisons en Meurthe-et-Moselle, mais son entreprise a été liquidée en 2013. Elle a été expulsé de chez elle avec ses trois enfants, ses biens ont été confisqués, et le liquidateur lui réclame encore de l’argent. Elle veut se battre.

Isabelle Berbé va parcourir 300 kms jusqu'à Paris
Isabelle Berbé va parcourir 300 kms jusqu'à Paris © Radio France - Mohand Chibani

Nancy, France

Vêtue d’une tenue légère, sac à dos et battons de marche dans les mains, le pas d’Isabelle Berbé le long de la nationale 4 est assuré et rapide. Elle souhaite parcourir les 300 kilomètres qui la séparent de Paris en dix jours, à raison de 30 kms par jour. Durant tout son périple, cette maman de trois enfants compte rallier tous ceux qu’elle croisera à sa cause car c’est une question de dignité, explique-t-elle.

Isabelle Berbé cogérait une société de taxis à Neuves-Maisons, en Lorraine, tout en étant salariée de celle-ci. En 2013, suite à des difficultés financières, l’entreprise est liquidée par le tribunal de commerce de Nancy et c’est à partir de ce moment que les ennuis commencent. De cette procédure, elle n’était pas au courant mais c’est vers elle que le liquidateur s’oriente pour récupérer les dettes. La cinquantenaire n’en a pas les moyens, elle est expulsée de chez elle, sans sous. Ses enfants sont choqués, l’un d’eux tentera même de se suicider quelques semaines plus tard.

On m’a baptisé "la Cosette"

Cinq ans plus tard, Isabelle Berbé ne réussit toujours pas à se dépatouiller de cette situation, la procédure se poursuit. Aujourd’hui, elle cumule deux emplois : "l’un le matin pour payer mes avocats et le deuxième les après-midi pour payer mon loyer et ma nourriture", mais elle ne compte pas en rester là «Je suis une victime, je ne suis pas coupable, mais personne ne veut m’entendre. A la brigade des finances de Nancy, on m’a baptisé, la Cosette, et à la préfecture, je suis le diable. Il faut que ça s’arrête. Il faudrait que le mandataire judiciaire qui me harcèle soit convoqué pour qu’il s’explique. Et je ne suis la seule dans ce cas, c’est pourquoi je veux porter la voix de tous les dirigeants d’entreprise qui se retrouvent du jour au lendemain dans le pétrin à cause d’un manque de contrôle des mandataires judiciaires »

"Le mot clé tapé sur Google pour nous trouver, c'est suicide

Isabelle Berbé est en effet soutenue dans son combat par l’association Aide-Entreprise, basée en Alsace. Sa présidente, Brigitte Vitale, connait parfaitement le cas de l’ex-gérante des Taxis de Lorraine. « Le cas d’Isabelle Berbé n’est pas un cas isolé. Nous recevons 900 mails par mois en provenance de dirigeants d’entreprise en détresse. _Le mot clé qui est tapé sur Google pour nous trouver c’est SUICIDE_. Notre association peut mettre des rustines sur ce type de situations mais elle n’a pas de baguette magique et ne peut pas résoudre en réalité de ces procédures »

Chaque année, en France, les tribunaux de commerce prononcent 60 000 liquidations judiciaires.