Faits divers – Justice

Meurthe-et-Moselle : elles se mobilisent pour sauver la maison de Sarah

Par Roxane Delaby, France Bleu Sud Lorraine vendredi 19 août 2016 à 19:33

Les collègues de Sarah milite pour sauver la maison de Sarah de la démolition
Les collègues de Sarah milite pour sauver la maison de Sarah de la démolition © Radio France - Roxane Delaby

Elle portent des T-shirt jaunes, flanqués du slogan "touche pas à ma maison". Ce sont des aides soignantes qui se sont constituées en association pour venir en aide à leur collègue condamnée à démolir sa maison à Essey-lès-Nancy en Meurthe-et-Moselle.

L'affaire pourrait prêter à sourire si la situation n'était pas si grave pour Sarah Rebai. Cette habitante d'Essey-les-Nancy a été condamnée par la justice à démolir sa maison au motif que cette nouvelle bâtisse ferait perdre de l'ensoleillement à sa voisine.

Une situation inadmissible pour ses collègues qui ont créé en mai dernier une association sous le nom de "La maison de Sarah". Pour Frédérique Michaux, la présidente de cette association, ce n'était pas possible de laisser Sarah seule, même si cette veuve d'une quarantaine d'années, mère de deux enfants, ne leur a rien demandé.

J'ai connu l'histoire par le biais de la presse après la condamnation en appel. Sachant que Sarah vit seule, qu'elle n'a pas de famille, je ne pouvais pas rester sans rien faire. Je suis arrivée chez elle dès le lendemain et je lui ai dit qu'on serait avec elle."

L'objectif de cette association : récolter des fonds pour couvrir les frais de justice de Sarah et l'aider dans son combat judiciaire. Depuis 2012 et la première plainte de sa voisine, Sarah vit dans le stress. En 2014 la justice la condamne une première fois à démolir sa maison. Elle fait appel de cette décision, mais en août 2015, la cour d'appel confirme la décision du tribunal de grande instance de Nancy : Sarah a six mois pour entamer des travaux de démolition à ses frais et doit payer 50 euros d'indemnités à la plaignante par jour de retard. Une situation intenable pour Sarah et ses deux enfants :

Je suis vraiment très stressée. Je ne sais pas ce qu'il peut se passer maintenant. Est-ce qu'elle (la voisine) va gagner encore ? Démolir une maison c'est énorme, c'est la maison dans laquelle je vis avec mes enfants. Je ne lui en veux pas,  j'aimerais seulement qu'elle comprenne que humainement cette situation est très dure à vivre. Je fais souvent des cauchemars ... "

Une situation difficile moralement pour Sarah qui a aussi besoin d'un soutien financier. Pour récolter des fonds, l'association "La maison de Sarah" organise ce samedi un concours de pétanque dans les jardins de la mairie de Maxéville. L'inscription au tournoi est de 3 euros par personne. Il y aura aussi une tombola et de la restauration sur place.  L'association a déjà reçu des dons, notamment de la part d'un joueur de l'ASNL qui aurait versé une somme importante. Elle reçoit également le soutien des commerçants locaux et du club de volley de Nancy. L'intégralité des sommes récoltées serviront à payer les frais de justice.

Sarah Rebai est très touchée par cet élan de solidarité "Je ne sais pas comment les remercier... Ça m'aide beaucoup. C'est ce qui me fait vivre et avancer. J’espère que ça va donner quelque chose."

Ses collègues, elles en sont sûres, cette histoire aura une fin heureuse, elles se disent prêtent à s’enchaîner à la maison de Sarah pour empêcher sa démolition. Prochaine échéance judiciaire pour Sarah Rebai : le procès devant la cour de cassation de Paris qui devrait se tenir au mois de septembre prochain.