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Faits divers - Justice

Elu clermontois jugé pour viol aux assises du Puy-de-Dôme : 2ème journée de procès avant les réquisitions

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne

Retour sur cette 2ème journée de procès de François Barrière ce mardi devant la cour d'assises de Riom. L'accusé âgé de 44 ans est jugé pour viols. Il encourt 15 ans de prison.

La salle d'audience à la Cour d'appel de Riom
La salle d'audience à la Cour d'appel de Riom © Radio France - Olivier Vidal

riom

En attendant les plaidoiries et les réquisitions, retour sur cette 2ème journée de procès.

A 9h, à la reprise de l'audience, c'est la maman de la victime qui vient déposer à la barre. La retraitée évoque la personnalité de cette dernière, son éducation avec des "vraies valeurs chrétiennes", ses relations amoureuses. Elle entretient des relations très étroites avec sa fille, elle lit très bien ses émotions. Le jour du viol présumé, "ça se voyait sur son visage".
François Barrière, lui, ne connaissait pas la mère de sa partenaire"mais la fille avait de la crainte de ses parents" assure l'accusé.
Vient ensuite à la barre la soeur de la victime. Elle était au courant de son inscription sur les sites de rencontres : "elle en avait besoin pour retrouver confiance en elle!"
Sur François Barrière, elle n'avait que peu d'informations sur l'individu et la relation avec sa soeur aînée "mais je crois qu'elle était amoureuse de lui." Et puis la soeur de la victime est interrogée sur des dettes qu'avait contractées l'ex-mari de la victime. L'avocat de la défense Jean-François Canis y voit un motif des accusations portées à l'encontre de son client. Il y a aussi cette soulte après un héritage des parents de la victime.

Les dettes, motif des accusations ?

L'ancien mari et père des enfants de la victime devait ensuite déposer. Il n'est pas présent, il habite à Beaune. Le président de la cour lit sa déposition, elle n'amène rien de plus au dossier, si ce n'est qu'on apprend qu'il était endetté car il jouait beaucoup. Des dettes qui ont contraint la victime à prendre un second emploi pour les éponger.
Un ancien compagnon de la victime se présente à la cour. Il se sont rencontrés sur Meetic, eux aussi. "On s'est vite aperçu qu'on n'était pas fait pour vivre ensemble" explique-t-il à la barre. Il relate ensuite les menaces que profère François Barrière, jaloux. Ce dernier l'aurait appelé à de nombreuses reprises pour l'insulter, le menacer, ce que nie l'accusé. 

Vers 12h, c'est le psychologue Jean Emmanuel Exposito qui est entendu en qualité d'expert. Il évoque son rapport sur la victime : "son enfance très heureuse, une famille très soudée, très présente. C'est une femme de devoirs" explique le psy.
"Trajectoire amoureuse ponctuée d'échecs mais rien de chaotique, ses choix amoureux révèlent une certaine immaturité" ajoute-t-il.  
Sur les faits. Elle fait part de sa crainte que sa parole soit mise en doute. Elle trouvait François Barrière, rassurant." La quadragénaire -victime présumée- fait ensuite part de son suivi psy, "abouti aujourd'hui" confime-t-elle.
L'audience est suspendue pour reprendre à 14h.

Pendant la pause déjeuner, quelques journalistes se rendent compte que François Barrière est remonté contre la presse locale. Lui, élu de la république donc homme public, s'interroge ouvertement sur le fait que son nom soit cité dans cette affaire de viols.

A la reprise, c'est le compagnon de la victime qui témoigne. Il parle de sa compagne "exceptionnelle, généreuse, une personne très bien."cEt puis il évoque les textos qu’il reçoit de la part de la victime. Septembre ou octobre ? L’avocat de la défense pointe ce manque de précision, erreur, mensonge selon lui, qui sert la cause de l’accusation.  

"Personnalité narcissique, égocentrée, inauthentique"

Viennent ensuite les expertises psy de l’accusé.
L’un des psychologues évoquent le cadre familial de l’accusé, ses parents dont la mère, très présente. Pas de traumatismes familiaux.
Concernant la scolarité, un peu d’études supérieures, pas brillantes. Puis divers emplois.
Sur sa personnalité : “assez égocentrée, assez peu d’empathie avec les autres, des tendances perverses, besoin de contrôle sur autrui, sentiment qu’il est au-dessus de tout le monde” dit le professionnel.
Sur sa capacité intellectuelle : “normale”.
Une expertise confirmée par une contre-analyse.“La politique lui confère un statut supérieur” ajoute la psy, en visio-conférence, auteure de la contre-expertise.
Une intelligence normale supérieure, mais les capacités cognitives peuvent être altérées lorsque l’anxiété prend le pas sur le psychisme”.
Au cours des tests pratiqués, François Barrière en a dit le moins possible, "ce qui fonctionne comme un mode de défense". La psy parle de “personnalité narcissique, d’un système de défense fermé, personnalité névrotique, inauthentique. Ego hypertrophié, avec une frustration permanente. Sentiment de toute puissance.” La psychologue pense qu’il n’y a que très peu de place pour une thérapie par rapport à ses maux. “Son rapprochement vers le monde ecclésiastique peut le maintenir dans le déni.
Sur sa chaise, l’accusé se tourne en direction de son avocat et de son clan, leur faisant comprendre qu’il était en total désaccord avec les descriptions des deux psys.
Agacé, l’avocat de l’accusé Jean-François Canis s’insurge contre les rapports des experts : “Mais quelle violence ! Comment faites vous pour porter de tels jugements sur mon client ?” lance le conseil à l’experte, installée en visio-conférence, mettant en cause certains tests pratiqués par la psy.
L’experte rappelle à l’avocat et à la cour que les tests pratiqués sont validés depuis des décennies et qu’elle ne porte pas de jugements de valeurs dans ces conclusions. Fin de l’échange.
Le rapport du psychologue Moreau est lu par le président Etienne Fradin.

François Barrière quitte la cour d'assises en courant

Lors de la pause, François Barrière quitte en courant la cour d’assises. Sur la chaussée, au pied de la cour, il aurait fait mine de se jeter sous une voiture selon une témoin. Il sera finalement “rattrapé” par des proches à quelques dizaines de mètres de la cour.
A la reprise, la victime présumée est appelée à la barre. Sont enfin évoqués les faits de ce 14 octobre 2015.
Elle raconte. Les appels téléphoniques incessants le soir du 13 de François Barrière. Il se présente à son domicile et sonne avec insistance. Elle lui ouvre la porte, ils s’assoient et discutent. Le ton monte avant de redescendre.
Vers 4h 30 il s’est jeté sur moi. Il a mis sa main dans mon vagin, en s’aidant de son genou. Je me débattais. Puis il a pris un oreiller qu’il m’a mis sur le visage pour me faire taire” raconte la quadragénaire.  “J’ai quitté la maison en voiture, il m’a suivi en vélo. J’ai appelé mon travail pour dire que je ne viendrai pas, puis mes parents”.

François Barrière est appelé à son tour, il donne sa version : Cette nuit il ne sonne pas quand il arrive devant la maison de sa partenaire, monte à l’étage, s’allonge à ses côtés et indique qu’il n’y a eu aucun rapport sexuel ce soir-là.
François Barrière, à mesure que le verdict se rapproche, semble être de plus en plus tendu.  
La victime raconte la scène de viol qui a duré près d’une heure. Elle est digne. Elle décrit la pénétration vaginale puis annale, le tout avec l’oreiller sur le visage. “Je subissais, il était trop fort et je me laissais faire, puis je lui dis: finis-en !” Face à la cour, la quadra est au bord des larmes.
Le président demande la diffusion de photos montrant les blessures de la victime constatées au CHU de Clermont. Des traces de coups, des bleus sont apparents sur le corps de la personne.François Barrière répond aux questions du président : “Jamais elle n’avait hurlé comme ça !” Ce “comme ça” est relevé par une grande partie des jurés, des journalistes et du président…”Cela veut dire quoi le comme ça?” L’accusé peine à convaincre.
L'accusé est interrogé sur les faits, il maintient sa position, qu'il nie les faits...

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