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Nouvelles prisons : élus et syndicats des Pyrénées-Orientales pas vraiment convaincus

Par Anne-Natacha Bouillon, France Bleu Roussillon jeudi 6 octobre 2016 à 18:26

photo d'illustration de la prison de Perpignan
photo d'illustration de la prison de Perpignan © Radio France - Harry Jordan

Le Premier ministre et le Garde des Sceaux annoncent la construction de 33 nouvelles prisons en France. La ville de Perpignan se verrait dotée d'un nouvel établissement. Plutôt étonnant estiment les syndicats pénitentiaires. Pour le maire de Perpignan, c'est une annonce purement électoraliste.

Le premier ministre ministre Manuel Valls l'a annoncé ce jeudi matin : "Il faut agir vite" pour lutter contre la surpopulation carcérale. Trente-trois nouvelles prisons, dont une envisagée à Perpignan, seront construites dans les années à venir, soit 16.000 cellules supplémentaires.

Pour l'installation d'un nouveau centre pénitentiaire, Perpignan sera en concurrence avec Narbonne. Si le terrain proposé à Perpignan ne convient pas, la prison sera construite dans l'Aude.

Des réactions mitigées

"Enfin, on nous a entendu" estime le syndicat des gardiens de prison UFAP - UNSA, par la voix de son responsable départemental, Yoann Reig.

"On est content, mais on est prudent, On sollicite d'ailleurs le préfet et le député pour qu'ils appuient dans notre sens. Une nouvelle prison à Perpignan représenterait entre 200 et 250 de personnel en plus."

Le syndicat FO pénitentiaire est plus dubitatif. Une deuxième prison à Perpignan, il n'en a jamais été question explique le secrétaire départemental, Frédéric Jenot :

"Jamais on a souhaité une création d'établissement sur Perpignan. Des unités oui, des unités de vie familiale, une unité hospitalière sécurisée, mais pas une prison d'une telle capacité!"

Le maire de Perpignan est tout aussi sceptique. Jean-Marc Pujol veut avant tout une nouvelle cité judiciaire. C'est pour lui la priorité.

"Nous demandons un nouveau palais de justice depuis plus de 20 ans. Je préférerais que l'on consacre les crédits à cette nécessité, parce que les magistrats travaillent dans des conditions déplorables."

Pire, le maire de Perpignan et président de la communauté urbaine, dénonce une manœuvre politique : "Ça fait cinq ans que des prisons doivent être construites en France, on ne l'a pas fait. Aujourd'hui, à huit mois des élections, je crois que ce sont des effets d'annonce, dénonce Jean-Marc Pujol. Ça ne sera pas suivi des faits. Une fois de plus, on se moque des Français:"

Le Premier ministre et le Garde des Sceaux demandent aux préfets concernés d'identifier tous les terrains possibles. Ils doivent transmettre leur proposition directement au ministère de la Justice le 16 décembre au plus tard.

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