Faits divers – Justice

Émotion et colère aux Assises des Deux-Sèvres

Par Baudouin Calenge, France Bleu Poitou et France Bleu Touraine mercredi 15 novembre 2017 à 0:00

Le palais de justice de Niort
Le palais de justice de Niort © Radio France - Baudouin Calenge

Lors de la deuxième journée de ce procès pour contamination volontaire, l'accusé a dû faire face à ses accusatrices.

Tour à tour, ces deux jeunes femmes de 32 et 36 ans sont venues témoigner de leur rencontre avec l'accusé, de son attitude avec elles, de ses mensonges voire de son indifférence. Elles aussi ont eu à subir une relation sexuelle non protégée. Que ce soit en 2003 pour l'une et en 2008 pour l'autre. "Il a détruit ma vie, explique en larmes la plus jeune des deux victimes. Quand je parle à mes amis qui sont mariés et qui ont des enfants, je leur dis que je n'aurai jamais cette chance". Entendu à son tour, l'accusé nie formellement avoir eu des relations non protégées : "les deux fois où on a eu des rapports, j'avais un préservatif et c'est même elle qui me l'a mis".

Un serial contaminateur

La plus âgée des deux victimes à découvert sa maladie en allant récupérer les tests pour confirmer qu'elle attendait bien un bébé de l'accusé. "Quand je lui ai dit que j'étais malade , il ne m'a pas du tout soutenu et est reparti aussitôt chez lui". Pour autant, elle reste avec lui par amour dit elle mais fini par le quitter deux ans plus tard. Pourquoi l'interroge la présidente ? A cause de ses multiples infidélités, répond elle et de citer plusieurs prénoms. "Des victimes, il en a fait des dizaines". "Vous avez face à vous un serial contaminateur, dira plus tard l'avocat de cette femme dans sa plaidoirie. Un comportement dénoncé plus tôt par un témoin qui a croisé la vie de l'accusé . "À l'époque, dit-il, la rumeur sur sa séropositivité courait sur Niort bien avant que l'affaire n'éclate". Ce témoin dont la crédibilité est contestée par la défense avoue plus loin qu'il était tellement en colère face à l'irresponsabilité de l'accusé qu'il en est venu aux mains.

Un père attentionné ?

Lors de cette audience, les victimes ont aussi témoigné de leur vie depuis et notamment cette maman qui est tombée enceinte de l'accusé fin 2003. "Aujourd'hui, dit-elle, si ma fille de 13 ans est saine c'est qu'elle ne porte plus le nom de son géniteur". Car l'accusé qui se présente comme un père aimant et attentionné n'a pas vu cet enfant depuis 11 ans et qu'il a été déchu de ses droits. "Sachant que ma fille n'aura jamais de père, conclue-t-elle, je veux qu'elle porte mon nom et plus le sien". Là encore, l'accusé nie avoir coupé les ponts avec sa fille ou plutôt affirmé que c'est sa mère qui ne voulait plus qu'il la voit. Mercredi, ce sera au tour de l'avocat général de requérir avant les plaidoiries de la défense. Le jugement est attendu dans la soirée.