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Faits divers – Justice

En Bretagne, le procès des suicides à France Télécom "remue des souvenirs douloureux"

Plus de 10 ans après le début de la vague de suicides à France Télécom, l'ouverture du procès ravive de profondes blessures chez les salariés ou anciens salariés de l'entreprise.

Le procès sera celui "d'un système de harcèlement institutionel" selon les syndicats et associations de victimes
Le procès sera celui "d'un système de harcèlement institutionel" selon les syndicats et associations de victimes © Maxppp - SEBASTIEN LAPEYRERE

Lannion, France

Entre 2007 et 2010 une dizaine de salariés de France Telecom se suicide. Parmi eux des Bretons, des sites de Lannion, de Quimper ou de Rennes. "C'était terrible pour tout le monde" se souvient Christian Wiplez, délégué syndical CFDT à l'époque. 

En tant que syndicaliste il était en première ligne pour affronter les volontés de suppressions de postes de travail de la direction et pour soutenir ses collègues en souffrance. Après sept ans d'enquête, Didier Lombard, ancien patron de France Télécom et six autres dirigeants et cadres de l'entreprise seront jugés au tribunal correctionnel de Paris. "Je souhaitais ce procès mais 10 ans c'est long pour de tels actes". 

Un procès symbole de la souffrance au travail

Ce procès va être suivi de près aussi par Gaëlle Urvoas, déléguée syndicale CGT et salariée à Lannion. "C'est vrai que ça remue des souvenirs" confie-t-elle. "Nous on avait également eu des suicides à cette époque-là donc ça rappelle ces mauvais moments." L'homme clé de ce procès, ce sera Didier Lombard, l'ancien dirigeant de l'entreprise. "On aurait bien aimé qu'il admette qu'il a fait une erreur. Mais, ces personnes-là elles pensent qu'elles ont ça à faire, que les êtres humains, ce sont des chaises et des tables comme n'importe quel objet de production de l'entreprise". 

"Il y a encore des suicides aujourd'hui" Gaëlle Urvoas, déléguée syndicale CGT

D'ailleurs pour la syndicaliste la situation est toujours alarmante aujourd'hui. "Il y a dix ans, il y avait eu le plan Next avec 22 000 suppressions d'emplois et la façon de supprimer ces emplois était directement responsable d'un certain nombre de suicides." Mais, depuis 2012, "on a encore eu plus de 12 000 suppressions d'emplois. Et si on regarde les enquêtes de 2016 du comité national de prévention du stress, il y a plus de 21% de l'effectif qui se déclare en stress décompensé, un stress fort ou très fort".

"Il y a encore des suicides aujourd'hui et on ne sait jamais exactement à cause de quoi ils ont lieu. Alors, je dis pas que c'est de la faute d'Orange parce qu'il y a des enquêtes et qu'il n'y a rien de bien clair dans toutes ces histoires. Ce que je dis c'est que la pression elle existe toujours et on voit beaucoup de personnes fragiles. On voudrait que ce procès puisse mettre en lumière que la rentabilité financière ça doit cesser de faire pression sur les salariés. C'est pas une façon de gérer une entreprise !

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