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Faits divers – Justice DOSSIER : Affaire "du bébé dans le coffre"

Affaire "du bébé dans le coffre" : la mère de Séréna exprime des regrets devant les Assises de Corrèze

lundi 12 novembre 2018 à 13:59 - Mis à jour le lundi 12 novembre 2018 à 20:02 Par Isabelle Gaudin et Nicolas Blanzat, France Bleu Limousin, France Bleu Périgord et France Bleu

Le procès de la mère de Séréna, ce bébé découvert en 2013 dans le coffre d'une voiture par un garagiste de Dordogne, s'est ouvert ce lundi devant les Assises de Corrèze. Cette habitante de Brignac-la-Plaine a exprimé des regrets à la barre lors de la première journée d'audience à Tulle.

Le siège auto dans lequel la petite fille a notamment été maintenue en vie.
Le siège auto dans lequel la petite fille a notamment été maintenue en vie. © Radio France - Jean-Philippe Deniau

Tulle, France

C'est un procès hors normes qui a débuté ce lundi après-midi devant les Assises de Corrèze à Tulle. Celui d'une mère de Brignac-la-Plaine qui a dissimulé pendant près de deux ans, son bébé aux yeux de tous, y compris de son mari et de ses trois enfants. La petite fille a été découverte par les employés d'un garage de Terrasson en Dordogne, cachée dans le coffre d'une voiture. Elle souffrait de manque de soins et de carences. Depuis, la fillette souffre "d'un syndrome autistique vraisemblablement irréversible". 

La mère, âgée de 50 ans aujourd'hui, est jugée pour "violence suivie d’infirmité permanente sur un mineur de quinze ans par ascendant, privation de soins ou d’aliments compromettant la santé d’un mineur de quinze ans par ascendant et dissimulation ayant entraîné une atteinte à l’état civil de l’enfant."

Revivez cette première journée d'audience ▼

20h00 : Cette première journée du procès de la mère de Séréna se termine après la diffusion à huis clos des vidéos de la petite fille. L'audience reprendra mardi matin à 9h devant les Assises à Tulle.

19h45 : Pour l'avocate de l'accusée, cette affaire est "un déni de grossesse et un déni d'enfant. Il y a deux victimes", selon elle.

19h10 : Les vidéos de Séréna vont être diffusées. La famille d'accueil de la petite fille a demandé à ce que ce soit à huis clos. Le public et la presse doivent sortir, la retransmission pour la salle de presse est également interrompue.

18h55 : A l'énoncé du récit du pédiatre, l'accusée craque pour la première fois : derrière sa main qui cache son visage, Rosa Da Cruz essuie des pleurs avec un mouchoir.

18h40 : La cour s'attarde sur les retards de développement de Séréna. L'une des avocates du conseil départemental explique que ce qui l'a marqué, "c'est le bruit qu'elle fait avec sa bouche, elle ne dit pas de mots, mais produit des sons". "Cela fait partie du comportement autistique", explique le pédiatre. 

18h25 : Un pédiatre à l’hôpital des enfants de Bordeaux s'avance à la barre. Il décrit l'état de Séréna quand il l'a examinée en 2013 : "j'ai vu Séréna âgée de 23 mois. Elle pesait et avait une taille d'un enfant normalement âgé de 7 à 8 mois. Elle pesait 7,8kg, elle avait des carences en fer, je n'avais jamais vu ça".

18h10 : Toujours à la barre, l'enquêtrice rapporte les mots de Rosa Da Cruz en garde à vue : "elle disait qu'elle était enfermée dans un mensonge et un engrenage". Mais elle assure que l'accusée parle bien de bébé et pas de chose. "Elle a donné un nom à l’enfant, elle donne une heure précise, elle a coupé le cordon."

Après avoir coupé le cordon toute seule, elle a préparé un biberon, l'a donné à l'enfant et est allée s'occuper des trois autres" - L'enquêtrice présente lors de la garde à vue

17h55 :  L'enquêtrice raconte le récit de Rosa Da Cruz concernant la naissance de Séréna : "elle dit qu'elle regardait la télé quand elle a eu des contractions. Elle descend dans la pièce du bas de la maison. Elle met une couverture au sol et accouche. L'enfant pleure. Elle le prend sur son ventre et l'enfant s’arrête (...) elle coupe ensuite le cordon avec des ciseaux de couture qui étaient apparemment dans la pièce", continue la gendarme. L'accusée a ensuite "préparé un biberon, l'a donné à l'enfant et est allée s'occuper des trois autres".

La maison où Rosa Da Cruz a accouché dans le plus grand secret à Brignac-la-Plaine - Radio France
La maison où Rosa Da Cruz a accouché dans le plus grand secret à Brignac-la-Plaine © Radio France

17h40 : La cour entend maintenant l'enquêtrice qui a procédé aux auditions de garde à vue de l'accusée. La gendarme indique que "l'accusée refusait les services d'un avocat, et ne voulait pas que sa famille soit prévenue. Elle a demandé à ce que sa sœur le soit au moment de sa prolongation de garde à vue (...) à la première question, elle a indiqué le jour de naissance, le 24/11, et l'heure, 6h40".

17h25 : L'avocate de Rosa Da Cruz emmène ses questions sur le terrain du déni de grossesse, un des axes de la défense : "je ne suis pas médecin, ni expert en la matière", répond le gendarme après avoir décrit la manière dont les vêtements étaient rangés dans la maison : "des habits destinés à la petite Serena étaient placés dans des boites au fond de l'armoire des parents, des parents aimants et attentionnés. Ça dénote avec le constat pour Séréna", admet le gendarme.

17h15 : L'enquêteur s'étonne du comportement de l'accusée lors de la découverte de Séréna, c'était au garage de Terrasson : "elle semblait sereine, soulagée qu’on ait trouvé son enfant. Madame Da Cruz s'est mise à l’écart pour fumer sa cigarette tranquillement alors que l’enfant était dans le couffin à côté".

17h00 : Interrogé par une des parties civiles sur le comportement de Séréna au moment de sa découverte, le directeur d'enquête répond : "l'enfant ne pouvait pas tenir assise. Elle ne tenait pas sa tête. Elle basculait sur le côté, n'avait pas de muscles comme un enfant supposé avoir 23 mois". Il explique aussi que le bébé tenait le biberon aussi bien avec les mains que les pieds.

16h50 : Le contexte des naissances des trois autres enfants est à présent évoqué. La première grossesse était désirée, raconte Rosa Da Cruz, la seconde est un déni, la troisième est un déni partiel. "J'ai accepté avec beaucoup d’amour ces trois enfants", explique l'accusée.

16h40 : Le directeur d'enquête, en conclusion, laisse comprendre que l'enfant a très peu vécu dans la maison et passé beaucoup plus de temps dans la voiture. Les comptes, épluchés par les enquêteurs, ne portent aucune trace d'achat de couches et autres produits de nécessité pour un bébé.

Des larves, des mouches ont été découvertes. Nous avons dû laisser le véhicule un long moment avant de pouvoir perquisitionner. Une odeur pestilentielle en sortait." - Le directeur d'enquête

16h30 : Le directeur d'enquête poursuit son récit sur les investigations réalisées : "aucun membre de la famille n'était au courant de la grossesse ni ensuite de l'existence de l'enfant". Le voisinage indique "la présence de cartons pour protéger le véhicule du froid ou du soleil". Concernant le voiture dans laquelle Séréna a été découverte : "elle a dû passer beaucoup de temps ici, cela ressemblait à un lieu de vie. Des larves, des mouches ont été découvertes. Nous avons dû laisser le véhicule un long moment avant de pouvoir perquisitionner. Une odeur pestilentielle en sortait."

16h20 : C'est au tour du directeur d'enquête de venir à la barre. Il fait état, au moment de la découverte de l'enfant, d'odeurs insoutenables. "Qui font penser à celles de l'abattoir de volailles qu'il y a à Terrasson", ont dit les témoins, précise le gendarme en tenue. "Nous étions inquiets de l'état de Gaëtan, Alexandre et Elisa (les autres enfants de l'accusée, ndlr) que nous n'arrivions pas à localiser", continue le directeur d'enquête. "La soeur de Mme Da Cruz nous les a mis à disposition à la gendarmerie au cours de la soirée".

Je regrette énormément le mal que j'ai fait à Séréna" - Rosa Da Cruz

16h10 : L'accusée exprime des regrets à la barre, questionnée par le président : "Vous aviez bien compris qu’il y avait un syndrome autistique qui allait très certainement empêcher votre enfant d’avoir une vie normale?" A cela, Rosa Da Cruz répond : "je regrette énormément le mal que j'ai fait à Serena". 

16h00 : Le président interroge l'accusée : "vous avez entendu la lecture des faits et les charges qui pèsent contre vous ? Vous risquez 20 ans de réclusion". Rosa Da Cruz explique que "c'est très dur d'être confronté à la réalité, au mal que j'ai fait." Elle avoue ne pas avoir lu l'acte d'accusation.

15h50 : L'audience a repris, et l'accusée est à la barre pour la première fois. Le président lui demande de revenir sur son parcours, son enfance, sa vie de couple. Ses parents sont morts jeunes. "J’ai rencontré le papa de mes enfants, est né Gaëtan. Après est né Alexandre dont je ne savais pas que j'étais enceinte, puis est née Elisa".

15h45 : En attendant la reprise de l'audience, réécoutez l'avocate du conseil départemental de Corrèze qui s'exprimait avant l'ouverture du procès à Tulle. Maître Isabelle Faure-Roche a donné des nouvelles de Séréna, âgée aujourd'hui de 7 ans. La petite fille est prise en charge par les services de protection de l'enfance, elle est handicapée à 80% et vit dans une famille d'accueil.

15h20 : L'audience est brièvement suspendue avant l'interrogatoire de l'accusée. 

15h15 : Pendant l'exposé des faits, il est difficile d'apercevoir l'expression du visage de l'accusée, masqué par sa main et ses cheveux. Elle secoue plusieurs fois la tête et échange avec son avocate Me Chassagne-Delpech au moment où le président évoque les carences de développement dont souffre Séréna. 

L'accusée Rosa Da Cruz, ici avec son avocate, devant la cour d'assises de Corrèze à Tulle - Radio France
L'accusée Rosa Da Cruz, ici avec son avocate, devant la cour d'assises de Corrèze à Tulle © Radio France - Nicolas Blanzat

15h10 : Rosa Da Cruz écoute tête baissée le président rappeler les conditions de la découverte de son bébé le 25 octobre 2013 dans un garage de Terrasson en Dordogne. “On a été alertés par des gémissements, comme le bruit d’un chiot. On a trouvé une petite fille déshydratée, complètement dénudée, en train d’agoniser. Il y avait une odeur horrible, une odeur de mort dans cette voiture. Retrouver un enfant dans cet état là, c’est inimaginable”, témoignait alors le garagiste Guillaume Iguacel, le premier alerté, entendant des bruits à l'arrière du véhicule.

15h00 : La lecture des faits débute, ceux de l'ordre de mise en accusation, "qui ne représente pas mon opinion", précise le président de la cour d'assises de Corrèze. Il indique que, lors de sa garde à vue, l'accusée dit "avoir fait exprès de laisser le bébé dans le coffre de la voiture en allant au garage, pour qu'elle soit découverte.

14h50 : Le mari de Rosa Da Cruz est absent. Il a été hospitalisé à Limoges "après s'être cassé la jambe", indique l'avocate de l'accusée. La cour est informée depuis la semaine passée. Après avoir été mis en examen, le compagnon de Rosa Da Cruz a bénéficié d'un non-lieu, la justice n'ayant pu établir qu'il était au courant de l'existence de Séréna. Il a toujours affirmé ne pas être au courant. Le président de la cour fait savoir que son audition "serait utile aux débats".

14h40 : La cour procède au tirage au sort des jurés. Cinq femmes et quatre hommes composent le jury (six jurés principaux et trois supplémentaires).

14h35 : Le procès est présidé par Gilles Fonrouge. Trois associations de protection de l'enfance se sont portées parties civiles. Maître Marie Grimaud, avocate de l'association Innocence en danger, était l'invitée de France Bleu Limousin ce lundi matin. Elle souhaite que la mère de Séréna soit condamnée à de la prison ferme, mais surtout qu'elle puisse enfin dire ce qui l'a poussée à cacher ainsi sa fille durant près de deux ans.

14h30 : L'accusée décline son identité, son lieu de résidence. Elle habite toujours à Brignac-la-Plaine, en Corrèze, où elle vivait au moment du début de l'affaire. Rosa Da Cruz dit être "sans profession". 

14h20 : Les scellés du procès Séréna sont disposés sur une table de la cour d'assises de Corrèze.  Il y a notamment le couffin découvert dans le coffre de la voiture en même temps que l'enfant. 

14h10 : Rosa Da Cruz est arrivée à l'audience en compagnie de son avocate. Elle comparaît libre, sous contrôle judiciaire. 

14h : Devant le palais de justice de Tulle, les avocats se succèdent. "Serena n'est pas autiste", précise l'avocate du conseil départemental de Corrèze. La fillette âgée de 7 ans aujourd'hui est reconnue handicapée à 80%.

13h50 : L'audience débute à 14h, et il y a déjà foule au palais de justice de Tulle.

A LIRE → Notre dossier sur l'affaire "du bébé dans le coffre".