Faits divers – Justice

EN DIRECT de Cannes, un an après les inondations dans les Alpes-Maritimes

Par Laure Debeaulieu et Isabelle Lassalle, France Bleu Azur dimanche 2 octobre 2016 à 10:25 Mis à jour le lundi 3 octobre 2016 à 9:01

Le boulevard de la République, dévasté le 3 octobre 2015
Le boulevard de la République, dévasté le 3 octobre 2015 © Maxppp - .

France Bleu Azur est ce lundi matin à Cannes, sur le boulevard de la République dévasté il y a un an par les inondations. Le maire de Cannes David Lisnard, le préfet Adolphe Colrat, le patron des pompiers, le colonel Alain Jardinet, ainsi que de nombreux témoins sont en direct.

Un an après les inondations meurtrières qui ont dévasté l'ouest des Alpes-Maritimes, France Bleu Azur s'installe à Cannes. Entre 7h et 9h, nous sommes en direct du restaurant "le bistrot broc" sur le boulevard de la République, une des artères de la ville les plus touchées par la montée des eaux. La patronne, Brigitte, a tout perdu le 3 octobre et a depuis tout reconstruit.

Des invités et des témoins

Le maire de Cannes David Lisnard, le préfet Adolphe Colrat, le colonel Alain Jardinet, patron du SDIS 06 (service de secours et d'incendie), sont nos invités. Pour mieux comprendre ces phénomènes météorologiques, un hydrogéologue, Alix Roumagnac de la société Prédict, intervient en direct.

Avec eux et à travers de nombreux témoignages, nous revenons sur cette nuit terrible du 3 octobre 2015. Les intempéries ont fait 20 morts et plus de 60 000 sinistrés. Comment les villes se sont reconstruites, comment les sinistrés ont relevé la tête. L'occasion de comprendre ce qui a été mis en place, l'importance de la culture du risque, de la prévention et de l'éducation aux bons réflexes en cas d'intempéries.

L'objectif des pompiers : "Améliorer notre réception des appels"

Le colonel Alain Jardinet, patron des pompiers, fait le bilan un an après, "On est toujours meilleurs, car on essaye de tirer profit de chaque événement. Ce qui pouvait être amélioré : la réception des appels, car nous avons été débordés par les appels. On peut prendre 100 appels entrants en même temps, mais quand on a des milliers d'appels, notre système informatique a eu quelques faiblesses". 300 sapeurs-pompiers sont intervenus dans la nuit du 3 octobre 2015.

Huit personnes sont mortes à Mandelieu

Les entreprises ont fait un énorme travail. Tout est presque fait. Dans l'une des résidences où l'eau a envahi les garages : "C'était l'apocalypse, c'était effrayant, on était dans un cauchemar" raconte Ginette. Dans le voisinage, à chaque orage, un couple de retraités raconte qu'il est angoissé.

Brigitte, la patronne du "bistrot Broc". - Radio France
Brigitte, la patronne du "bistrot Broc". © Radio France

Brigitte, la patronne du bistrot Broc : "J'ai tout reconstruit"

"Il y a un an, il n'y avait plus rien dans le bistrot Broc" raconte Brigitte, la patronne. "C'est arrivé en moins de cinq minutes. Tout de suite, j'ai été dans la reconstruction". Les travaux de nettoyage ont commencé dès le lendemain. Avec un bel élan de solidarité des voisins, des clients... mais d'anonymes également.

L'alerte rouge a été donnée pendant les intempéries et non pas en amont. Mais d'après le colonel Alain Jardinet, il était impossible pour Météo France de donner l'information plus tôt.

Le maire de Cannes : "Il faut changer les comportements quotidiens"

Le maire de Cannes, David Lisnard : "Il y a une amélioration du dispositif, mais la mise en oeuvre prendra des années, voire des dizaines d'années. Ce que l'on peut changer, ce sont les comportements quotidiens. Par exemple, "on ne doit pas aller dans les sous-sols, dans les garages..."

"Les citoyens doivent être formés aux bons comportements, ils sont les premiers acteurs de tels drames", David Lisnard.

Nicole s'interroge sur des permis de construire supplémentaires à Cannes-la-Bocca. Le maire de Cannes, David Lisnard : "Nous avons limité des constructions. D'autre part, les nouvelles constructions doivent prévoir les risques d'inondations". Le maire rappelle également que "l'inondation n'est pas due uniquement à l'urbanisation, il s'agit aussi de la configuration géographique".

Sandra a tout perdu dans les inondations. Elle habite le quartier de "La joie de vivre" et son logement a été inondé, avec plus d'1,60 mètre d'eau dans la maison. De plus, le domicile a été pillé. Des sociétés pour les travaux ont également profité de la situation au détriment des sinistrés.

Le maire de Cannes, David Lisnard, a tout de suite dénoncé ces pillages. Mais le maire évoque la solidarité et le professionnalisme des équipes de secours. "On a relogé tout de suite 120 personnes, on a mis en place une cellule de veille immédiatement, on est intervenu auprès des assurances. J'ai également fait un appel aux dons. On distribue des aides financières".

Le Préfet des AlpesMaritimes, Adolphe Colrat, en direct de Cannes.  - Radio France
Le Préfet des AlpesMaritimes, Adolphe Colrat, en direct de Cannes. © Radio France -

Le préfet Adolphe Colrat : "L'épisode était d'une intensité exceptionnelle"

Le préfet des Alpes-Maritimes, Adolphe Colrat, évoque les victimes. "Il faut tirer toutes les leçons possibles : nous avons été victimes d'un manque de préparation à la crise. Les personnes n'avaient pas les bons réflexes. L'épisode que nous avons connu était d'une intensité exceptionnelle : il n'était pas prévisible".

" Il faut à la fois concilier la nécessité de protéger et de prévenir et permettre à tous de vivre et de développer l'activité", Adolphe Colrat.

Lors des inondations, 60 000 sinistres ont été signalés par des particuliers. Adolphe Colrat reconnaît la lenteur de certaines assurances pour différents cas particuliers, mais salue aussi la mobilisation de certaines assurances, particulièrement locales.

Le préfet rappelle que 1 200 personnes ont été hébergées en urgence suite à l'épisode. Il évoque aussi la leçon à tirer de cet événement, "la culture de la prévention du risque que nous devons développer".

Kherra n'a pu retrouver son logement que sept mois après les intempéries. Entre la joie d'avoir retrouvé son habitation et la crainte des inondations, elle reste mitigée, car tout lui rappelle cette terrible nuit du 3 octobre 2015. Elle attend toujours des remboursements des assurances.

Alix Roumagnac de la société Prédict : "Il n'y a pas eu de défaillances"

Alix Roumagnac, de la société Prédict, filiale de Météo France, revient sur l'alerte météo qui fait débat. "La vigilance rouge sort normalement 24 heures en amont de l'événement." Mais il confirme qu' "il n'y a pas eu de défaillances. La gravité de l'événement vient de la situation de l'urbanisme et de l'heure de l'épisode".

Le restaurateur de "L'Antidote", très touché par l'élan de solidarité

Le patron de "L'Antidote", Christophe Ferré, témoigne : "On est en plein service quand l'épisode arrive. On se sent démuni, des gens dans le restaurant... C'est très impressionnant sur le coup". C'est le début de la galère : cinq mois de travaux et un coût de 60 000 euros pour le restaurateur. Il a été très touché par l'élan de solidarité.

"On ne peut pas vivre avec la peur, il faut rebondir et aller de l'avant", Christophe Ferré.

  • La matinée spéciale se poursuivit à 9h avec "Les Experts assurance".

Notre direct lundi, entre 7h et 9h

Partager sur :