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Faits divers – Justice DOSSIER : Le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes

Expulsions sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes : "une bonne part de l'objectif atteint"

lundi 9 avril 2018 à 6:27 - Mis à jour le lundi 9 avril 2018 à 14:11 Par Typhaine Morin et Antoine Denéchère, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel, France Bleu Loire Océan et France Bleu

Plusieurs dizaines de véhicules de gendarmes sont mobilisés à Notre-Dame-des-Landes depuis 3h ce lundi matin pour procéder à l'évacuation de la ZAD. Des affrontements ont éclaté autour de la départementale 281, la "route des chicanes". Un gendarme a été blessé, une Zadiste en garde à vue.

Les gendarmes étaient sur place dès 3h, avant de procéder à des expulsions à partir de 6h
Les gendarmes étaient sur place dès 3h, avant de procéder à des expulsions à partir de 6h © AFP - LOIC VENANCE

Notre-Dame-des-Landes, France

Les gendarmes sont mobilisés depuis ce lundi 3h à Notre-Dame-des-Landes pour débuter l'évacuation de la ZAD, la "zone à défendre", occupée par quelque 250 zadistes. Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, il s'agit d'une "opération de maintien de l'ordre pour dégager la D281", la "route des chicanes", qui a débuté à 6h. Des affrontements ont éclaté entre les occupants et les gendarmes mobiles, qui ont tiré des grenades lacrymogènes et des grenades assourdissantes en réponse à des tirs de projectiles. Un gendarme a été blessé, une Zadiste a été interpellée.  

Les gendarmes sont sur place depuis 3h ce lundi matin - Radio France
Les gendarmes sont sur place depuis 3h ce lundi matin © Radio France - Antoine Denéchère

Le 17 janvier dernier, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé l'abandon définitif du projet de transfert de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, mettant fin à un projet controversé né il y a 50 ans. Le chef de l'exécutif avait alors demandé aux Zadistes d'évacuer les lieux, et promis aux agriculteurs qui avaient été expulsés qu'ils pourraient retrouver leurs terres. Par ailleurs, les terres, qui appartiennent à l'Etat et au conseil départemental, pourront être vendues dans le cadre de projets agricoles à définir. 

Revivez le fil de la matinée

12h15 - Le maire de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud, a regretté "profondément" les affrontements qui ont opposé ce lundi matin gendarmes et Zadistes. "On est dans une situation où le projet d'aéroport a été abandonné et où on doit pouvoir retrouver une certaine normalité, notamment la réouverture de la route départementale 281", a expliqué Jean-Paul Naud chez nos confrères de franceinfo. Le maire regrette "le comportement de certains Zadistes qui habitaient le long de cette route départementale et empêchaient la réouverture à la circulation publique." 

"On doit pouvoir continuer le dialogue", a poursuivi le maire de Notre-Dame-des-Landes. Comme l'a rappelé la préfète ce lundi matin, "si des personnes sur la ZAD ont un projet professionnel agricole cohérent, il faut qu'ils déposent des demandes et on étudiera leurs dossiers en comité de pilotage", a conclu Jean-Paul Naud. 

11h35 - Selon le directeur général de la gendarmerie, le général Richard Lizurey, entre 2.200 et 2.500 gendarmes sont présents ce lundi. "Nous avons rencontré une résistance qui était relativement importante. Toutes les barricades ont été enflammées, certaines comportaient des bouteilles de gaz", a indiqué le militaire, qui a précisé qu'entre "70 et 80 occupants illégaux viennent au contact, avec des jets de projectiles".  

"Notre objectif est qu'il n'y ait pas de blessé, ni chez nous, ni chez eux", a conclu Richard Lizurey. 

   - Visactu
© Visactu

11h05 - La préfère de la Loire-Atlantique a tenu une conférence de presse ce lundi vers 11h, au cours de laquelle elle a dressé un premier bilan de l'opération menée depuis le petit matin. Selon Nicole Klein, un gendarme a été blessé légèrement, une Zadiste a été interpellé après avoir lancé un cocktail Molotov. Elle a été déféré au parquet de Saint-Nazaire, a précisé la préfète. 

Sur l'opération elle-même, "les gendarmes n'ont pas tout à fait fini, mais ont fait une bonne partie", a expliqué Nicole Klein. Dès 3h, les gendarmes ont mené une opération de sécurisation des lieux, avant de débuter les expulsions, à 6h."Sept squats ont été évacués, trois autres sont en cours d'évacuation, et six personnes, qui étaient dans l'un de ces squats, ont été expulsées. Des solutions de relogement leur ont été proposées, mais ont été refusées". Ces expulsions "continuent demain, sous la même forme", a poursuivi la préfète. "Expulsion, huissiers, relogement proposé. Et le mode ne change pas : expulsion, démolition. Les expulsions ont commencé à 6h, elles recommenceront à 6h", comme le prévoit la loi. Neuf huissiers sont mobilisés pour ces opérations d'expulsion, a indiqué Nicole Klein. 

L'objectif de démanteler une "quarantaine de squats sur 97" était ce lundi selon la préfète, "presque atteint". 

Par ailleurs, "les barricades vont être dégagées et des gendarmes resteront sur site pour empêcher la reconstruction", a indiqué Nicole Klein. La tour et le chapiteau du "Lama fâché", emblématiques de la Zad, ont été démantelés par deux pelleteuses (vidéo tournée par la gendarmerie nationale).

10h45 - Lors d'une conférence de presse ce lundi vers 10h, les Zadistes ont regretté une opération "brutale" des forces de l'ordre, "qui met à mal le dialogue qui commençait avec la préfecture". 

9h55 - Selon nos confrères de franceinfo, les gendarmes évoquent une situation "stabilisée". Les forces de l'ordre sont en train de procéder à l'opération d'expulsion, accompagnés d'huissiers assermentés et de déménageurs de sociétés privées. 

9h42 - Un hélicoptère de la gendarmerie est déployé au-dessus de la ZAD. 

8h52 - Quelques affrontements sont toujours en cours entre les forces de l'ordre et plusieurs dizaines de zadistes. 

8h25 - "Cette expulsion est pour nous illégale, a réagi ce lundi matin une Zadiste chez nos confrères de France Inter. Ces lieux se sont créés pour défendre ce territoire et c'est grâce à tous ces lieux qu'aujourd'hui cette zone n'est pas bétonnée. On a besoin de temps pour trouver des cadres pour la suite, a ajouté la jeune femme. C'est inacceptable que les forces de l'ordre et l'Etat poussent ainsi des personnes hors de chez elles. Tout ce qu'on demande, c'est du temps pour trouver un cadre collectif qui nous permette de pérenniser des activités ici." Les zadistes appellent à un rassemblement ce lundi à 18h devant la préfecture de Loire-Atlantique à Nantes. 

8h11 - Matthieu Orphelin, député La République en marche, proche du ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot, souhaite ce lundi matin dans un communiqué que "l'opération en cours à Notre-Dame-des-Landes soit la plus ciblée possible". Il se dit "inquiet", et souhaite que cette opération soit "centrée sur sa réelle raison d'être : finaliser la remise en service de la route D281 et démonter quelques lieux de vie qui bordent cette route, pour que tous les habitants de la zone puissent circuler comme avant". "Faisons tout pour qu'il n'y ait pas un nouveau César. Ou un nouveau Sivens", poursuit le député. 

A l'automne 2012, l'opération César avait viré au fiasco malgré la mobilisation de plus d'un milliers de gendarmes. En mars dernier, la préfète de Loire-Atlantique, Nicolas Klein, avait assuré ne pas vouloir refaire une telle opération. 

8h02 - Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée et président du groupe Les Républicains au Sénat, s'est félicité sur France Bleu Loire Océan de cette évacuation, mais il regrette un signal "terrible du gouvernement d'Edouard Philippe et du président de la République Emmanuel Macron", qui ont "plié devant des gens violents et qui ont utilisé cette arme de la violence contre un projet reconnu d'utilité publique". 

7h53 - François Verchère, opposante historique au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, projet abandonné il y a trois mois, craint un "engrenage", ce lundi matin sur France Bleu Loire Océan. La vice-présidente du Cédpa se dit "triste et inquiète", car "on ne sait pas jusqu'où peut aller une opération de ce type"

"Nous avons regretté que le mouvement ne soit pas capable de libérer vraiment la route [281] et nous n'avons pas réussi à empêcher de nouvelles dégradations. On a donné finalement l'occasion au gouvernement d'intervenir et je trouve que c'est un échec de notre part, collectif. Personne ne peut comprendre aujourd'hui que la route ne soit pas encore réouverte." 

"Si les expulsions se limitent aux cabanes qui sont au bord de la route, et qui empêchent la circulation correcte sur cet axe, ce serait un moindre mal. Je crains que ça n'aille plus loin." "Il ne faudrait pas que ça tourne en revanche et destruction massive de tout ce qui existe sur la ZAD. Car des deux côtés, il y a un risque de radicalisation. Je crains que la juste mesure ne soit pas au rendez-vous."

  - Visactu
© Visactu

7h46 - Selon notre reporter sur place, les journalistes sont tenus à l'écart de la D281, à chaque extrémité de la "route des chicanes", là où se déroulent les opérations. La préfecture de Loire-Atlantique appelle les journalistes sur place "à la responsabilité, en veillant à ne pas se mettre en danger inutilement". La gendarmerie nationale envoie ses propres images. 

7h25 - Selon le porte-parole du ministère, "les huissiers ont commencé les notifications d'expulsion et la résistance se concentre sur un point. Entre 30 et 50 personnes" font "face aux gendarmes". Toujours selon ce porte-parole, "un gendarme a été blessé à l'oeil par un jet de projectile". Transporté au CHU de Nantes, il souffre d'un décollement de la rétine après avoir été touché par un tir d'artifice. 

7h15 - Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a justifié sur Europe 1 ce lundi matin l'opération des gendarmes sur la ZAD. "Cela fait trois mois que nous discutons avec les agriculteurs, ceux qui veulent construire un projet sur Notre-Dame-des-Landes. Il fallait que la loi se réinstalle, que les édifices construits illégalement puissent être détruits et que la vie puisse reprendre à Notre-Dame-des-Landes". Cette opération concerne "une quarantaine d'édifices et une centaine de personnes". Le ministre de l'Intérieur a ajouté sur les forces de l'ordre seront maintenues "tant que nécessaire" "pour qu'il n'y ait pas de nouvelles occupations". 

6h46 - L'opération débutée ce lundi vise à expulser les "occupants les plus radicaux", précise le ministère de l'Intérieur, d'autres occupants ayant "accepté le dialogue avec la préfète", et portant "un projet agricole dans la légalité".  Cela concerne une centaine de personnes sur les 250 à 300 occupants, selon le reporter de franceinfo sur place. 

6h34 - Environ 2.500 gendarmes seront mobilisés pendant plusieurs jours pour procéder à l'évacuation de la ZAD. Quelques 250 personnes occupent cette "zone à défendre". Un cordon de gendarmes mobiles fait face ce lundi matin à plusieurs dizaines de zadistes, selon notre reporter sur place, Grégoire Lecalot. Les gendarmes procèdent à des sommations : "dispersez-vous, nous allons faire usage de la force", préviennent les forces de l'ordre, alors que les occupants répondent : "Rentrez chez vous, laissez-nous dormir !"

6h - Le ministère de l'Intérieur explique dans un communiqué qu'il "s'agit de mettre fin à la zone de non droit, conformément aux principes annoncés par le Premier ministre le 17 janvier dernier".