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Faits divers – Justice

Attentats de Paris : ce qu'il faut retenir de l'intervention de François Hollande devant le Congrès

lundi 16 novembre 2015 à 14:24 - Mis à jour le lundi 16 novembre 2015 à 18:33 Par Julien Baldacchino, France Bleu Paris et France Bleu

Ce lundi, trois jours après les attentats qui ont fait plus de 129 morts à Paris et Saint-Denis vendredi soir, François Hollande s'est exprimé pour la première fois de son mandat devant l'ensemble des parlementaires, réunis en Congrès à Versailles.

François Hollande, lors de son intervention devant le Congrès
François Hollande, lors de son intervention devant le Congrès © Reuters

C'est un fait exceptionnel sous la Ve République : ce lundi après-midi, le président de la République s'est adressé à l'ensemble des parlementaires, réunis en Congrès à Versailles. La convocation du Congrès à Versailles est, selon la Constitution (révisée en 2009), la seule façon pour le chef de l'Etat de s'adresser aux députés et aux sénateurs, car il n'a pas le droit d'entrer ni à l'Assemblée nationale, ni au Sénat

Le président de la République a pris la parole devant le parlement pendant près de 45 minutes. Les députés et sénateurs, installés dans l'hémicycle par ordre alphabétique et non par famille politique, ont ensuite spontanément repris tous ensemble La Marseillaise. Voici les grandes lignes des annonces du chef de l'Etat.

Les annonces de François Hollande

> "Nous éradiquerons le terrorisme", martèle François Hollande. "Ce n'est pas le terrorisme qui détruira la République. C'est la République qui détruira le terrorisme". 

> François Hollande confirme que les élections régionales se dérouleront, comme prévu, les 6 et 13 décembre. 

> François Hollande annonce la création de 5.000 nouveaux postes de policiers et de gendarmes sur deux ans. "Ces créations de poste bénéficieront aux services de lutte contre le terrorisme, à la police aux frontières", notamment. Il annonce aussi 2.500 postes supplémentaires pour l'administration pénitentiaire et l'administration judiciaire. Quant aux douanes, elles bénéficieront de 1.000 postes supplémentaires. Et il n'y aura aucune diminution d'effectif dans la Défense d'ici 2019, promet-il. Ces décisions seront prises dans le cadre de la loi de finances actuellement en discussion pour 2016. 

"Dans ces conditions, le pacte de sécurité l'emporte sur le pacte de stabilité"

— François Hollande

> Le Président annonce un renforcement des moyens de la justice. La justice doit pouvoir recourir à tout ce dont disposent les services de renseignements, développe le chef de l'Etat. Les peines seront significativement alourdies, ajoute-t-il. 

> François Hollande demande à Manuel Valls de préparer la révision de la Constitution avec le Parlement pour l'adopter dans les meilleurs délais, pour pouvoir lutter efficacement contre le terrorisme après l'état d'urgence qui durera trois mois.

> Le gouvernement va saisir le Conseil d'Etat pour vérifier la conformité de ces propositions. Cet avis sera rendu public. 

> "Nous devons pouvoir déchoir de la nationalité française" une personne condamnée pour acte terroriste "même s'il est né français, dès lors qu'il bénéficie d'une autre nationalité", et "expulser plus rapidement les étrangers qui présentent une menace particulière". 

> François Hollande veut modifier la Constitution, en ce qui concerne les régimes de l'état d'urgence et de l'état de siège. "Il s'agit de pouvoir disposer d'un outil approprié pour la prise de mesures exceptionnelles, sans recourir à l'état d'urgence et sans compromettre l'exercice des libertés publiques", explique-t-il.

> Dès mercredi, le Parlement sera saisi d'un projet de loi prolongeant l'état d'urgence pour trois mois, et "adaptant son contenu à l'évolution des technologies et des menaces que nous rencontrons aujourd'hui". L'assignation à résidence et la perquisition administrative vont être dotés de leur propre cadre juridique. 

> Il y aura d'autres perquisitions administratives, selon François Hollande, après celles de la nuit de dimanche à lundi. 

"L'ennemi a franchi une nouvelle étape"

— François Hollande

> Sur les migrants : "Il est vital que l'Europe accueille ceux qui relèvent du droit d'asile. Il est vitale qu'elle renvoie ceux qui n'en relèvent pas", affirme François Hollande. "Si l'Europe ne contrôle pas ses frontières extérieures, alors c'est le retour aux frontières nationales (...). Ce sera alors la déconstruction de l'Union européenne". 

> Le ministre de la Défense va saisir ses homologues européens pour faire valoir que selon les traités européens, lorsqu'un Etat est agressé, tous les Etats-membres doivent lui porter soutien

> François Hollande rencontrera dans les prochains jours Barack Obama et Vladimir Poutine pour tenter de constituer une grande coalition. 

> "En Syrie, nous cherchons inlassablement une solution politique dans laquelle Bachar el-Assad ne peut constituer une issue. Mais notre ennemi, c'est Daech", affirme François Hollande. "La Syrie est devenue la plus grande fabrique de terroristes que le monde ait connu (...). Aujourd'hui, il faut plus de frappes, nous en faisons, plus de soutien à ceux qui luttent contre Daech, nous l'apportons, mais il faut une grande et unique coalition. C'est à quoi nous travaillons."

> Le chef de l'Etat confirme que dix bombardiers ont bombardé des fiefs de l'Etat Islamique dans la nuit de dimanche à lundi. Ils ont détruit un centre de commandement et un camp d'entraînement. Le porte-avions Charles de Gaulle va également être mobilisé. 

> François Hollande a demandé au conseil de sécurité de l'ONU de se réunir pour prendre une résolution sur la volonté commune de lutter contre le terrorisme de Daech

> Les attentats poursuivent un objectif bien précis : "Faire pression ici pour nous empêcher là-bas de lutter contre le terrorisme", selon François Hollande. 

> "L'ennemi n'est pas hors d'atteinte", assure François Hollande : il appelle l'ensemble des Français "à faire preuve de ces vertus qui font l'honneur de notre pays, la persévérance, l'unité". Il salue également "les services de secours et de soins" qui se sont mobilisés depuis vendredi, et "veut rendre hommage aux forces de l'ordre, pleinement engagées pour assurer la sécurité des Français". 

> "La France est en guerre. Les actes commis vendredi soir (...) sont des actes de guerre", a déclaré le Président en ouverture de son allocution. "Ils sont le fait d'une armée, le groupe Daech, qui nous combat parce que nous sommes la patrie des Droits de l'Homme". Selon François Hollande, "nous sommes dans une guerre contre le terrorisme djihadiste qui menace le monde entier, et pas seulement la France".  

Réactions de l'opposition

Les Républicains, principal parti d'opposition majoritaire au Sénat, se sont prononcés contre la révision de la Constitution, jugée superflue. "Quant à la proposition de révision de la Constitution, rien à ce stade ne semble la justifier", a déclaré le président du groupe LR à l'Assemblée nationale, Christian Jacob. "Notre Constitution offre clairement tous les outils juridiques pour faire face à toutes les situations." 

Du côté du FN,  la présidente Marine Le Pen a salué dans un communiqué des "inflexions" mais regrette "des lacunes énormes".