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Société

EN IMAGES - La ZAD de Brétignolles compte s'enraciner pour lutter contre le projet de port

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Par , France Bleu Loire Océan

Entre 30 et 90 opposants au projet de port de Brétignolles-sur-Mer, en Vendée, se sont installés sur un terrain de la zone de La Normandelière. Ils comptent s'enraciner et entraver le chantier du futur port de plaisance voulu par le maire de la commune.

Le terrain occupé depuis dimanche par des opposants au projet de port de Brétignolles, mercredi 9 octobre.
Le terrain occupé depuis dimanche par des opposants au projet de port de Brétignolles, mercredi 9 octobre. © Radio France - Marc Bertrand

Vendée, France

"Oui, c'est une ZAD, une zone d'amitiés et de dialogue", sourit un homme à l'entrée du terrain, qui jouxte la dune de La Normandelière à Brétignolles-sur-Mer en Vendée. Depuis dimanche et la manifestation contre le projet de port de plaisance porté par la communauté de communes, une cabane a été érigée autour d'un arbre centenaire. Des palettes, des bâches, et pas mal de dextérité, grâce à laquelle les opposants comptent rester jour et nuit pour empêcher le démarrage du chantier

Un terrain privé bientôt exproprié

Cuisine, canapés pour les assemblées générales ou la guitare, les opposants, qualifiés de "zadistes" par le maire de Brétignolles, l'agrandissent de jour en jour : "On est en train de construire un dortoir", explique l'un d'entre eux : "On doit agrandir, parce qu'on est passés de 15 dimanche soir à 70 voire 90 personnes pendant les assemblées, et une trentaine qui restent sur place pour surveiller la zone la nuit et empêcher le retour des bulldozers". Le terrain appartient à un propriétaire privé, qui a refusé de vendre à la communauté de communes. Il doit être exproprié pour les besoins du chantier, mais cela ne se fera pas avant plusieurs mois. Il a toléré l'installation des opposants. "Et s'il les vire, ils peuvent venir chez moi", assure un riverain, voisin de La Normandelière.

"Non au port", à la façon du "Hollywood" californien sur la dune ratissée par les bulldozers. - Radio France
"Non au port", à la façon du "Hollywood" californien sur la dune ratissée par les bulldozers. © Radio France - Marc Bertrand
L'entrée du terrain occupé, "pas de photo ni de vidéo des personnes", est-il écrit. - Radio France
L'entrée du terrain occupé, "pas de photo ni de vidéo des personnes", est-il écrit. © Radio France - Marc Bertrand

Qui sont-ils ? "Il y a surtout des locaux", assure un trentenaire, qui se fait appeler "La Mouette". D'autres donnent "Dune" comme patronyme, comme d'autres se faisaient appeler "Camille" à Notre-Dame-des-Landes. Mais ici, la plupart donnent leur prénom. "On n'est pas des 'jeunes activistes' comme on nous désigne", affirme une quadragénaire grisonnante, apicultrice à Saint-Gilles-Croix-de-Vie : "Il y a tous les âges, des actifs, des retraités. Moi j'ai fini ma saison, je viens parce que c'est une cause qui me tient à coeur depuis longtemps". On croise, pèle-mêle, un ancien de Notre-Dame-des-Landes, mais aussi un gilet jaune de La Roche-sur-Yon, ou un surfeur nantais

Le zadiste, bénédiction ou démon ?

Le maire Christophe Chabot les a accusés de "violences", lorsque les opposants ont bloqué l'avancée du chantier préparatoire en début de semaine. Invité de France Bleu Loire Océan mercredi, le député de Vendée Stéphane Buchou a appelé les "zadistes" à "partir de la commune", dénonçant une "zone de non-droit". "Mais où voient-il des violences ?", s'exclame un des occupants : "On s'est simplement assis en tailleur devant des bulldozers pour les empêcher d'accéder à la dune".

La cabane des zadistes, sur le terrain où ils se sont installés. - Radio France
La cabane des zadistes, sur le terrain où ils se sont installés. © Radio France - Marc Bertrand
La cuisine tout-équipée de la ZAD. - Radio France
La cuisine tout-équipée de la ZAD. © Radio France - Marc Bertrand

Certains militants des associations locales La Vigie et Demain Brétignolles, opposées au port de plaisance, participent aussi aux assemblées générales sur le terrain occupé, même si leur association assure vouloir combattre le port par des recours judiciaires. Et pour répondre au maire, les militants montrent la cuisine de la ZAD, et son garde-manger plein à craquer : "C'est le soutien des habitants", sourit "La Mouette"

"Il ne faudrait pas que ça devienne trop gros"

A Brétignolles, le projet du port divise les habitants depuis ses débuts il y a plus de quinze ans. Pour certains anti-ports, la ZAD est une bénédiction : "Des jeunes qui se mettent face aux bulldozers, il n'y a que ça qui puisse empêcher la construction du port", affirme une retraitée, venue apporter café et brioches aux occupants. A quelques kilomètres de là en centre-ville, certains riverains laissent éclater leur colère : "Moi j'en veux au maire", fulmine un riverain : "Il doit assumer, il porte un projet, c'est sa responsabilité de ne pas le laisser devenir une ZAD", dit-il. "Ils nous emmerdent", confie un autre en claquant sa portière. 

Toilettes sèches et douche rudimentaire, mais les occupants font le tri sélectif ! - Radio France
Toilettes sèches et douche rudimentaire, mais les occupants font le tri sélectif ! © Radio France - Marc Bertrand
Les pancartes de la manifestation de dimanche ornent la cabane. - Radio France
Les pancartes de la manifestation de dimanche ornent la cabane. © Radio France - Marc Bertrand

D'autres sont beaucoup plus mesurés. "C'est bien ce qu'ils font, il faut bien quelqu'un pour protéger la dune", confie une dame, qui tient sa petite fille par la main : "Après, il ne faut pas que ça soit le bordel". Même inquiétude pour ce septuagénaire, habitant de Brétignolles depuis toujours et opposé au projet du port, venu encourager les zadistes qui ont dormi sur place dans le froid du petit matin : "C'est bien ce qu'ils font. Mais c'est bien comme c'est. Il ne faudrait pas que ça devienne trop gros, avec 200 ou 300 personnes. Il ne faudrait pas que ça devienne comme Notre-Dame-des-Landes"

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