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Orléans : Hommage à l'enseignant décapité dans les Yvelines, "ça aurait pu être moi"

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu

Plusieurs dizaines d'enseignants, élèves et riverains se sont rassemblés ce samedi après-midi place du Martroi à Orléans, pour rendre hommage au professeur d'Histoire assassiné ce vendredi dans le Val d'Oise, après avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves.

De nombreux enseignants se sont rassemblés à Orléans pour rendre hommage à leur collègue assassiné dans les Yvelines.
De nombreux enseignants se sont rassemblés à Orléans pour rendre hommage à leur collègue assassiné dans les Yvelines. © Radio France - Marine Protais

Vingt-quatre heures après l'annonce de la décapitation d'un professeur d'Histoire à Conflans-Saint-Honorine, dans les Yvelines, la colère et l'effroi ne retombent pas. Samuel Paty, 47 ans et père de famille, a été assassiné devant son établissement par un Russe tchétchène de 18 ans, après avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. Pour lui rendre hommage et faire part de leur colère et de leur tristesse, plusieurs dizaines d'enseignants se sont rassemblés ce samedi en milieu d'après-midi place du Martroi à Orléans.

Des élèves ont également tenus à être présents, comme Ninon, 14 ans. Cette collégienne en classe de quatrième se dit que ça aurait pu être son professeur. "Ça me fait peur parce qu'en voulant faire le bien et en apprenant l'Histoire et la liberté d'expression à ses élèves, il a pu craindre de mal faire alors que non, pas du tout." 

Le raisonnement de cette jeune fille émeut Sandrine, sa maman, elle même enseignante. Elle a insisté pour qu'elles viennent ensemble au rassemblement. "Je pense que ce moment est malheureusement historique", soupire-t-elle.

Certains enseignants orléanais craignent désormais d'aller travailler la peur au ventre.
Certains enseignants orléanais craignent désormais d'aller travailler la peur au ventre. © Radio France - Marine Protais

J'ai dit à ma fille que, quand elle aura mon âge, elle se souviendra surement d'avoir vécu ça. Et elle l'expliquera à ses enfants, même si je ne sais pas où on en sera en termes de liberté d'expression à ce moment-là. Et puis, je lui ai dit que ce professeur là, ça aurait pu être moi.

Une pensée qui traverse l'esprit de nombreux enseignants.

"A Orléans, on est un peu plus protégés"

Jean-Philippe est professeur d'Histoire en collège, exactement comme son collègue assassiné. Aujourd'hui il se rend compte qu'il n'est "à l'abri de rien." Même s'il estime que dans certains endroits, comme les Yvelines, il est "plus difficile" d'aborder les thématiques religieuses. A Orléans, il se sent "plutôt protégé". Et c'est justement pour dénoncer ces inégalités qu'il est venu aujourd'hui.

Il faut qu'on se batte. On n'a pas à se faire dicter notre conduite par des extrémistes.

Il a donc décidé que dès la rentrée des vacances de la Toussaint, pour la première fois, il montrera des caricatures de Mahomet à ses élèves. Sandy, elle, s'est déjà sentie en danger pour avoir évoquer le sujet de la religion avec ses élèves de CM1 à Fleury-les-Aubrais. "Un parent m'avait accusée de prosélytisme parce que je faisais comparer l'architecture d'une mosquée à celle d'une cathédrale. Je n'ai pas eu peur parce que je me savais dans mon bon droit, parce que je savais que culturellement, mes choix étaient justifiés." Mais aujourd'hui, elle estime que sa tristesse est aussi grande qu'après les attentats de Charlie Hebdo. 

Un autre rassemblement est prévu ce dimanche à 15 heures place de la République à Orléans, à l'appel notamment de SOS Racisme, Sgen-CFDT et l'Unef.

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