Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

L'ex-beau-frère de Jean-Claude Romand : "sa libération est un coup de massue, Romand est toujours le même"

-
Par , France Bleu Pays de Savoie, France Bleu

INTERVIEW - La Cour d'appel de Bourges a accepté la demande de remise en liberté de l'homme qui a tué cinq membres de sa famille en 1993 dans l'Ain. À Albertville, en Savoie, le frère de l'épouse assassinée est sous le choc de cette libération à venir.

Le faux médecin sera remis en liberté avant la fin juin.
Le faux médecin sera remis en liberté avant la fin juin. © Maxppp - Maxppp

Albertville, France

La cour d'appel de Bourges accorde la liberté conditionnelle à Jean-Claude Romand. Selon le parquet de Bourges, la décision doit être mise à exécution avant le 28 juin. Condamné à perpétuité pour avoir tué sa femme, ses deux enfants et ses parents, Romand a demandé sa libération dès la fin de la période de sûreté de 22 ans.

Celui qui prétendait être médecin en Suisse, âgé aujourd'hui de 65 ans, est devenu un fervent catholique en prison et il a validé un projet de réinsertion à sa sortie de prison dans une communauté religieuse. 

Il devra "s'abstenir de toute communication médiatique relative aux crimes pour lesquels il a été condamné", "réparer en tout ou partie" les dommages qu'il a causés et "se soumettre à des mesures d'examen médical, de traitement ou de soins", selon les termes de la décision de la procureure générale de Bourges.  

Condamné à la perpétuité en 1996, il était libérable depuis 2015.

Emmanuel Crolet vit à Albertville, en Savoie. C'est le frère de Florence, l'épouse assassinée par Jean-Claude Romand. Il a bien voulu réagir au micro de France Bleu Pays de Savoie. 

Comment réagissez-vous à la l'annonce de la libération prochaine de Jean-Claude Romand, votre ex beau-frère ?

Emmanuel Crolet : "On n'y croit pas. D'autant que la première décision allait dans notre sens, sa demande avait été refusée une première fois. Au fond de nos têtes on se disait que ce n'était pas possible. C'est un coup de massue".

Mais Romand était libérable...

Emmanuel Crolet : "Bien sûr, mais pas si tôt, pas comme ça. C'est lui qui a décidé d'être libéré. Nous voulions qu'il aille au bout de sa perpétuité, c'est à dire trente ans. Il avait promis lors de son procès qu'il assumerait la peine jusqu'au bout. Il n'a pas tenu parole. Il bafoue le souvenir de sa femme, de ses enfants, de ses parents et de bien d'autres choses. C'est ça qui est pour nous intolérable".

Il y a chez vous de la colère ?

Emmanuel Crolet : "Je n'ai pas à avoir de la colère contre la justice. Je ne me trompe pas de cible. Il y a du dégoût vis-à-vis de Romand. A t'il bien compris sa peine ? Non, puisqu'il demande sa remise en liberté. Ça met en perspective sa perversité son mécanisme. Romand est le même qu'avant. Il a reconstruit sa personnalité, il a bouché ses fissures et il va repartir sur un nouveau projet. Il est le même qu'on a connu pendant 18 ans. Le gendre idéal. Le mari parfait. Le père parfait. Et donc forcément un détenu parfait. Et demain un catholique parfait. Il répond toujours à ce qu'on attend de lui". 

Il y a des conditions très précises et très strictes fixées par la Justice

Emmanuel Crolet : "Ce sont des conditions matérielles, des considérations très matérialistes. Là n'est pas l'essentiel pour nous. Il sera libre. Même avec un bracelet électronique. Sa démarche a fonctionné. Sa conversion catholique en prison nous pose aussi des questions. N'y a t'il pas là une nouvelle manière de fuir ses responsabilités ? De continuer à ne pas expliquer beaucoup de choses". 

Lesquelles ?

Emmanuel Crolet : "Le déclencheur. Pourquoi prémédite-t'il la mort de ma soeur ? Pourquoi les sept coups portés ?  A son procès, il a simplement dit ne se souvenir de rien, y compris sur les coups infligés à son propre fils, alors qu'il a donné de longues leçons précises sur l'utilisation des barbituriques et autres médicaments. Je sais qu'il écoute la radio en prison, qu'il nous écoute peut-être, je sais qu'il nous lira peut-être et moi j'aimerais qu'il me réponde. Si mon père n'avait pas glissé d'un toit en 1988 en Haute Savoie, comment lui aurait-il remboursé sa dette ? Je n'accuse pas Romand mais il y a énormément de zones d'ombre et lui il va recommencer une nouvelle vie sans répondre à toutes les questions. C'est impossible de s'y résoudre, tout comme vivre sans tous ces êtres qu'on a tant aimés".  

Vingt-six ans après, on a le sentiment que vous revivez ce drame, avec cette libération annoncée...

Emmanuel Crolet : "Il n'a pas répondu à toutes les questions sur beaucoup de sujets. Flou ou silencieux, sur bien des domaines. Ses victimes, il les a tuées une deuxième fois en demandant sa libération avant la fin de sa peine. Il les tue une troisième fois en étant libéré". 

Choix de la station

France Bleu